
NAXATRAS n’en est pas à son premier passage parisien, mais ça fait tout de même plaisir de voir que le Backstage By The Mill (400 places au maximum) affiche sa contenance des grands soirs ce jeudi. Le tout pour une musique pas forcément facile d’accès, du stoner psychédélique.
La première partie, PELEGRIN, en constitue un brillant représentant tricolore. Le trio, originaire de Nantes, a déjà sorti 2 albums fort recommandables, et a annoncé que le troisième arrivait en septembre prochain. Le cerise sur le gâteau pour un concert d’une quarantaine de minutes bien représentatif de la proposition du groupe, une musique plutôt orientée vers l’orient, et aux rythmiques bien plus plombées que la tête d’affiche de la soirée. Le batteur utilise des percussions originales, et plusieurs morceaux nous entraînent effectivement loin du côté de l’Egypte ou de la Turquie. PELEGRIN, le stoner dépaysant !
Avec NAXATRAS, le voyage s’avère encore plus généreux, les frontières visées par le combo grec dépassant largement l’orbite de Pluton, là-haut vers les étoiles. Après trois albums bien dans la lignée de ce qu’on attend du stoner psychédélique, et totalement réussis, NAXATRAS a évolué à partir de son quatrième opus, raccourcissant ses morceaux, et virant davantage prog, attitude prolongée lors de son dernier disque, « V », sorti en 2025. Mais, pour résumer et si vous ne connaissez pas, amateurs du PINK FLOYD de la première moitié des 70s, du TANGERINE DREAM de la seconde moitié de la même période, mais aussi de HAWKWIND ou de COLOUR HAZE, NAXATRAS vous tend les bras !
Pour accompagner son évolution, le groupe a d’ailleurs changé de format, passant de trio à quatuor en ajoutant un claviériste, et même un percussionniste pour le live, comme ce jeudi soir à Paris. Comme pour le set de PELEGRIN, un atout indéniable, qui enrichit les mélodies, et accompagne souvent à merveille les intros. D’autant que, vu la configuration de la salle et/ou le budget prévu pour la tournée, les éclairages restent standards et les projections psychédéliques et autres fantaisies visuelles associées d’habitude à ce genre de groupes pointent hélas aux abonnés absents.

Tout comme la setlist, rien n’étant disponible ni sur les planches, ni à la console, ni sur le Net… Nous nous fierons à notre expérience et aux dernières setlists disponibles en date pour décrypter le concert. Qui, à notre avis, débute avec l’instrumental « Spacekeeper », single extrait de « V », assez ambient dans son lancement, et rock à la fin.
Suit un deuxième instrumental « Journey To Narahmon », au début qui rappelle le « Run Like Hell » de PINK FLOYD, avant de laisser place à un solo de guitare plus-cosmique-tu-meurs. Il faut attendre un bon quart d’heure pour entendre le premier passage chanté, lors de « Celestial Gaze », chanson finalement assez pop rock, peut-être l’une des plus « radio friendly » du groupe.
« Numenia » balance un rythme très hypnotique, pas loin d’un bon vieux dub des familles, doté d’une magnifique partie centrale enrichie de percussions et d’un solo de guitare dont l’instrumentiste, John Delias, arrive à tirer des sons évoquant une flûte ! Le morceau connait ensuite une accélération soudaine jusqu’au final, très applaudi.
Si le bassiste, John Vagenas, reste le principal vocaliste crédité en studio, il forme souvent avec Delias un duo remarquablement efficace, comme on peut le constater sur le très HAWKWIND « Breathing Fire » qui suit.
NAXATRAS continue de mettre en valeur son dernier disque via « Legion », traversé d’influences orientales, ou du très dub « Utopian Structures », avec une section carrément copyright Jean-Michel Jarre.
A côté, « The Battle of Crystal Fields » montre ce que peut donner un boogie psychédélique, avant que le groupe ne s’intéresse enfin un peu à son patrimoine. Bienvenue au long « Garden Of The Senses », tour à tour planant, prog, rock, avant l’ultime « Waves », dont l’intro, à peine quelques notes de guitare boostées à l’écho, déclenchent un rugissement de satisfaction des spectateurs. Ceux-ci apprécient la longue montée en puissance de la pièce, l’une des plus représentatives du NAXATRAS première époque.

Le rappel démarre avec un incontournable « I Am The Beyonder », issu du tout premier album, percussions orientales, solo de guitare cosmique, ambiance enfumée sans avoir besoin de substances illicites, tout ce qu’on aime ! « The Citadel » clôt le bal, non sans un dernier déluge d’électricité, évoquant ce que pouvait donner un groupe comme AMPLIFIER il y a quelques années.
22h10, fin des débats, il est temps de remonter dans notre soucoupe volante garée devant le Moulin Rouge, pour retourner à la maison dans le nuage d’Oort. Ou peut-être juste le métro ligne 2, ça fera aussi l’affaire…