
Lorsqu’il ne sort pas un disque, qu’il soit studio (17 sous son nom, dont « Breakthrough » en juillet dernier) ou live (20 en solo selon le décompte Wikipedia), Joe Bonamassa donne des concerts. Et même beaucoup. 12 shows à Paris intra-muros depuis 2006, et même 14 si l’on compte celui donné ce samedi soir à quelques encablures de la capitale, dans la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, et celui livré au même endroit en 2019.
L’ami Joe se présente donc à 20 heures pétantes, sans première partie, mais avec un groupe en partie renouvelé. Adieu en effet l’expérimenté Reese Wynans aux claviers, qui a pris sa retraite côté tournées, et place à l’Australien Lachy Doley, déjà vu aux côtés de Jimmy Barnes, Roger Waters ou de l’excellent groupe des antipodes POWDERFINGER.

Sinon, Josh Smith à la guitare, Calvin Turner à la basse, Lemar Carter à la batterie, et les choristes Jenny McRae et Danielle DeAndrea, qui ont déjà accompagné Bonamassa par le passé, reviennent faire un tour de piste.
Et pour se mettre en jambes, les musiciens attaquent avec deux gaillardes nouveautés, « Breakthrough » et « Trigger Finger ». Bonamassa, toujours aussi élégant, ne fait pas défaut à sa légende, peu communicatif mais dévoué à sa guitare, tandis que chez ses accompagnateurs, les choristes se taillent un franc succès avec leurs vocalises haut perchées et leur jeu de scène, et que le claviériste, totalement déchainé, joue du piano debout (comme le disait…bref).

De très électrique au début, le spectacle va ensuite s’encanailler du côté des bouges de Chicago, d’abord avec du blues davantage patrimonial (« Twenty-four Hour Blues »), puis festif et dansant, comme lors de « Well, I Got Done Over It ». Joe se lance dans des duels avec Lachy, ou baisse le son de son instrument à la limite de l’audible lors de quelques joutes instrumentales qui ravissent le public.
Lemar Carte frappe un peu comme une mule sur « Happier Times », mais il fait preuve de davantage de finesse sur « Drive By The Exit Sign », et surtout lors du long « The Last Matador Of Bayonne ». Sur ce dernier, Jenny McRae et Danielle DeAndrea exploitent à fond leurs capacités vocales, mais dégainent également des éventails fort à propos ! Quand à Joe, qui change de guitare à chaque morceau ou presque, il démontre là comment la scène lui permet de transcender des morceaux pas forcément si extraordinaires dans leur version studio.
Après la reprise de Freddie King « Pack It Up », qui permet à Doley de briller une nouvelle fois, Bonamassa prend enfin la parole, après une heure de concert. « Vous êtes un public très gentil », « Nous adorons les Français », assure-t-il, compliments suivis de la présentation de ses musiciens, avant d’enquiller sur « Well, Well ».
Une version longue, très longue, d’autant que Carter en profite pour faire un solo de batterie lui aussi languissant. La fin du concert manque en conséquence d’un peu d’intensité, « I Want To Shout About It » étant trop rallongée, et « It’s Hard But It’s Fair » faisant le job, mais sans plus.

Heureusement, Bonamassa se lance pour terminer dans une fantastique reprise de Rory Gallagher, « A Million Miles Away », dont Josh Smith prend le premier solo à la slide. Un délice de très bon augure avant la sortie du prochain live de l’Américain, « The Spirit Of Rory Live From Cork », attendu pour le 19 juin prochain !
Un seul rappel, mais un morceau d’un bon quart d’heure, un « Mountain Time » apparemment décidé au dernier moment, la setlist indiquant « Sloe Gin » (cf la photo du document distribué aux photographes, avec en bonus le pass photo très « simpsonien » délivré pour l’occasion). Mais comme l’indique Joe, « c’est l’un de mes morceaux les plus populaires ». L’occasion d’apprécier une dernière fois la dextérité du maître et de ses accompagnateurs, lors de ce concert de pas loin de 2 heures…
