10 avril 2026, 23:59

LORD OF THE LOST + DOGMA + LEAGUE OF DISTORTION

@ Paris (L'Élysée Montmartre)

En ce vendredi 10 avril, de nombreuses personnes vêtues de noir et de clous sont réunies à l’Élysée Montmartre. Les Allemands LORD OF THE LOST sont de passage pour fêter la sortie de la dernière partie de « Opvs Noir » : le volume 3 est disponible partout, la trilogie est enfin complète, la fête est folle. Pour cette date, le groupe est accompagné de LEAGUE OF DISTORTION et de DOGMA, line-up qui promet une soirée haute en couleurs.

LEAGUE OF DISTORTION ouvre le bal avec un metal moderne et punchy qui échauffe doucement les nuques. Fondé en Allemagne juste après la pandémie de COVID-19, le quartet se compose de la chanteuse Ace, du guitariste Arro, du bassiste Ax et du batteur Aeon. Visiblement ravi.e.s d’être sur la scène parisienne, les membres du groupe donnent tout et enchaînent les titres plus énergiques les uns que les autres. Ace tente de faire chanter le public sur le titre "My Enemy" mais celui-ci reste quelque peu timide malgré la présence de fans qui avait vu le groupe lors de son dernier concert parisien en 2022. Elle commence alors à remercier le public en français, attention touchante même si elle revient vite à l’anglais qu’elle pratique davantage.

Les lumières franches, tantôt rouges ou bleues, sont en adéquation avec l’énergie déployée sur scène et particulièrement sur "Crucify Me" et "L.O.D.". Le set s’achève après qu’Ace invite le public à rejoindre la ligue en suivant le groupe sur les réseaux sociaux. LEAGUE OF DISTORTION est ravi et le public, bien que modérément réceptif, apprécie la performance.


Vient le tour de DOGMA. Le groupe de prostituées déguisées en nonnes a beaucoup fait parler de lui en octobre dernier à cause des révélations sur son management toxique, lorsque l'ex-chanteuse Lilith et les deux guitaristes Lamia et Rusalka ont révélé ses pratiques peu respectueuses. Mais comme le corpse-paint fait partie des tenues de scène, ce même management a probablement pensé que le public n’y verrait que du feu si les femmes étaient simplement remplacées par d’autres artistes qui reprendraient les mêmes pseudonymes, les mêmes tenues et le même maquillage.

Dès le début du concert, on se demande où les tentures déployées en fond de scène, les mélodies accrocheuses, les tenues très échancrées, les poses lascives et les langues baladeuses des musiciennes vont nous emmener. Réponse : nulle part. Le set est monolithique au possible, chaque titre ressemblant au précédent et les interactions entre les musiciennes tournent vite en rond. Au bout d’une quarantaine de minutes, on en est toujours au même point : chacune des musiciennes présentes sur scène fait le grand écart, lance des regards chargés de folie au public et tâche de jouer les mélodies qui lui ont été attribuées. Manque de chance : Lilith chante faux et ça s’entend. Le set est donc loin d’avoir convaincu le public qui n’attend plus qu’une chose : la suite de la soirée.


Le nombre de fans de LORD OF THE LOST présent.e.s dans la salle dépasse l’entendement, ce nombre se mesurant assez facilement à la quantité de merchandising qui habille les membres du public : t-shirts, sweatshirts, bonnets, casquettes, etc. Toute la garde-robe y passe et pour cette tournée, le groupe a fait floquer des mascottes à son nom : les axoLOTL en peluche, faits en matériaux recyclés, sont chacun vêtu d’un petit bandana porté comme une cape. LORD OF THE LOST est en terrain conquis ce soir et le sait très bien.

Les lumières s’éteignent. La magie peut commencer. Quoi de mieux pour donner des frissons au public que le titre à l’introduction mystérieuse "Kill The Lights" ? Les membres du groupe arrivent sur scène et, en guise de bonjour, le chanteur Chris Harms crie le titre de la chanson. Les riffs des guitares de Pi Stoffers et Benji Mundigler sont violents, la basse de Dom R. Crey (qui remplace Class Greynade pour la tournée) solidifie l’ensemble, la batterie de Niklas Kahl est impressionnante et les claviers de Gared Dirge, parfois secondé par Benji Mundigler, habillent l’ensemble des ornements mélodiques chers au groupe. Changement de couleur pour le titre "My Funeral" dans lequel Chris Harms encourage le public à porter du rose lorsque ses propres funérailles auront lieu. Après un "Damage" plus qu’énergique, le groupe remercie le public de la salle, soit environ 1500 personnes, d’être présent ce soir.

La suite de la setlist faitt honneur à quelques-uns des grands classiques du groupe : dans une lumière bleu clair et une fumée très présente, "Drag Me To Hell" résonne dans l’Élysée Montmartre avant que Chris Harms ne prouve encore son amour de la France et de son public en enchaînant plusieurs mots qui, s’ils évoquent un tourisme un peu léger comme « croissant » et « saperlipopette », ont au moins le mérite de faire rire la salle et de rappeler que la prononciation du chanteur est toujours impeccable. Après un "I Hate People" aux claviers puissants et entraînants, vient le moment du circle pit en mode solo : pendant "Blood For Blood", chaque membre du public est encouragé à lever un index au-dessus de sa tête et à tourner sur soi-même. La rédaction a testé pour vous : c’est amusant et sans risque de blessure mais donne un peu le tournis selon la vitesse dudit circle pit. Cependant, le groupe ne ménage pas son public avec les changements d’ambiance parfois rudes mais toujours bien amenés. Après ce moment plutôt bon enfant, retour aux choses sérieuses avec "Priest" dont le chant lancinant et les guitares rudes ramènent une ambiance plus gothique. Le frontman profite du très fort "On This Rock I Will build My Church" pour se saisir d’une guitare et accompagner Pi Stoffers et Benji Mundigler tout en chantant.

Soudain, au beau milieu du concert, le groupe marque une pause pendant laquelle Chris Harms demande au public qui veut repartir avec un axoLOTL en peluche avant d’en lancer un dans le public. Le moment promo atteint son apogée avec les t-shirts exclusifs pour la date parisienne sur lesquels le logo du groupe est surmonté d’une tour Eiffel. De quoi ravir le cœur de nombreux membres du public présents ce soir.


Après un "Lorelei" pendant lequel le frontman descend dans le pit photo pour être plus proche du public, il est temps de rappeler au public que ce 10 avril n’est pas une journée comme les autres : c’est le jour de sortie de l’album « Opvs Noir Vol. 3 » qui conclut la trilogie d’albums initiée en août 2025. D’où le grand nombre de titres issus de cette trilogie qui sont joués ce soir et pendant la tournée et la joie du groupe de fêter cette journée si spéciale à Paris, là où le public est particulièrement fidèle au groupe. Le comble de l’émotion est atteint avec un "La Vie Est Hell" joué au piano. De quoi, une nouvelle fois, ménager une pause au cours de ce concert énergique pendant lequel le groupe donne tout.

Dernière ligne droite pour LORD OF THE LOST. Après un ultime rappel de la sortie d’album du jour, le groupe enchaîne avec le majestueux "I Will Die In It", l’émouvant "The Things We Do For Love" et "Doomsday Disco". Mais un concert de LORD OF THE LOST est-il vraiment complet sans la chanson que le groupe a jouée lors de son passage à l’Eurovision 2023 ? Pas de costume rouge ni de maquillage vert ce soir mais des lumières incroyables pour le désormais plus que célèbre "Blood & Glitter". Comment faire davantage monter la joie et l’émotion ? En intégrant les featurings à la fin du concert. Anna Brunner, la chanteuse de LEAGUE OF DISTORTION, monte alors sur scène pour chanter "Please Break The Silence" avec Chris Harms. Le duo offre une très belle prestation. Il ne manque qu’un wall of death sur le fameux "Cha Cha Cha" et une chanson émouvante pour parachever la soirée. C’est "Light Can Only Shine In The Darkness" qui sonne le glas de la soirée avant que le groupe ne remercie encore son public parisien, toujours au rendez-vous.

Blogger : Ivane Payen
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