2 mai 2026, 23:59

MACHINE HEAD

@ Paris (Olympia)


Les "headcases" ont pris d'assaut l'Olympia à Paris ce 2 mai pour la venue exceptionnelle de MACHINE HEAD, sept ans après leur dernière date "An Evening With MACHINE HEAD", qui avait retourné l'Olympia. En effet, ce concept de soirée sans première partie avec plus de deux heures de show de MACHINE HEAD offre souvent les meilleurs moments de live pour les fans du groupe, car ce format laisse à Robb Flynn et sa bande le soin de choisir des morceaux aussi longs qu'ils le veulent dans n'importe quel album de leur pléthorique discographie, rendant chaque show absolument unique ! C'est donc avec une impatience qu'on n'osera même pas essayer de cacher que nous nous asseyons dans les gradins de la salle mythique pour accueillir "MACHINE F*CKING HEAD" !


Si on avait encore le moindre doute sur le choix de la setlist de cette tournée, ils s'évaporent bien vite, car MACHINE HEAD, après avoir diffusé ''Bohemian Rhapsody'' de QUEEN, révèlent des écrans monumentaux partout autour de la scène, et lancent le puissant ''Imperium'', issu de l'album ''Through The Ashes Of Empire'', l'un des albums les plus sous-estimés de leur discographie ! La bande est en grande forme, et c'est flanqué de Vogg Kiełtyka, fraîchement revenu dans le groupe pour tourner, et de Jared MacEachern dans une forme olympique, et appuyé par Matt Alston que Robb Flynn enchaîne sur le classique ''Ten Tonne Hammer'' et le plus récent mais tout aussi culte ''Choke On The Ashes Of Your Hate''. En trois titres, MACHINE HEAD a remis les pendules à l'heure : cette soirée est pour tous les fans du groupe, peu importe l'époque ! Et l'énergie se fait explosive immédiatement, tant sur scène que dans la foule.


Le sang, la sueur et les larmes des fans se déversent tant la foule se déchaîne, et exulte à chaque nouvelle chanson entonnée par le groupe américain à grand renfort de visuels plus impressionnants les uns que les autres, évoquant chacun une époque du groupe. Flammes, logos géants, imagerie religieuse ou même clip animé en 3D pour ''Bulldozer'', les écrans font autant partie du show que le groupe, et si les « vraies » flammes sont absentes, la chaleur est bien là. ''Is There Anybody Out There ?'' voit chanter l'Olympia, avant que MACHINE HEAD ne propose la première représentation de la tournée de ''Clenching The Fists Of Dissent'', sur lequel les slammeurs passent les uns après les autres au-dessus du public, des étincelles dans les yeux, des sourires sur le visage, et des pieds dans les dents des gens en-dessous. On ne voit pas le temps passer une seconde quand un peu avant la moitié du set, Robb Flynn nous offre un choix : ''Blood For Blood'', issu de « Burn My Eyes », l'album le plus classique du groupe, ou ''Aesthetics Of Hate'', venant tout droit de mon album préféré : « The Blackening ». Ce dernier remportera le duel, et c'est une véritable ovation qui fait trembler le sol parisien.


Au niveau du son, aucun souci à signaler, tout semble aussi parfait que sur album : Robb Flynn débite 2h40 de paroles sans la moindre antisèche, avec une voix qui ne flanche jamais, renforcée par Jared qui assure les chœurs, par-dessus les guitares plus abrasives que jamais... Le pied ! Le frontman nous offre un moment de douceur avec des versions acoustiques de ''Circle The Drain'' et ''The Darkness Within'', introduisant ce dernier en parlant de la dépression qui l'a fait écrire ce pilier de « Unto The Locust ». On approche déjà de la fin, et avec celle-ci, d'un véritable enchaînement de hits aussi impactant que les slammeurs sur le sommet des crânes des fans en fosse : ''Locust'', ''Bonescraper'', ''Bulldozer'', ''From This Day'' et le cultissime ''Davidian''. Une sortie brève des américains précède un rappel aussi long que jouissif : ''Halo'' joué dans son entièreté, pour la plus grande joie des "headcases", définitivement conquis.

« Unatoned » a laissé quelques fans dubitatifs à sa sortie, mais MACHINE HEAD a prouvé avec la tournée du disque que le groupe est toujours la légende du groove metal des années 2000, aussi puissant qu'engagé dans les paroles, et aussi généreux que sans compromis. Un concert d'anthologie (littéralement) qu'il ne fallait rater sous aucun prétexte !


Photos © Axelle Quétier - Portfolio

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