16 mai 2026, 23:59

DUST IN MIND + AKIAVEL + ALITA

@ Strasbourg (La Laiterie)


Samedi 16 mai, rendez-vous à la Laiterie pour une affiche de 3 groupes français qui on le vent en poupe. Un demi-millier de fans, beaucoup plus de filles que pour des groupes de metal old-school, c’est la première fois que les garçons ne font pas la queue à la fouille à l’entrée, à l’inverse de la gent fémine...

20h00. Ça vrombit dans la salle alors que je discute avec des amis devant un verre. Je me précipite. C’est ALITA, groupe local dont beaucoup m’ont déjà parlé. Bien installé devant, je me prends l’uppercut "Edifying Light" en pleine poire. La basse qui claque avec un cachet post-hardcore sur un riff prégnant, puis de cette batterie fracassante et de surtout de cette voix qui alterne feulement et growl chaud, voilà une découverte metalcore dont je vais me souvenir. "You’re Not" nous prend par surprise avec son déroulé core progressif, d’où jaillit brusquement en son milieu une explosion de rage impétueuse. Le son et le jeu des musiciens est impeccable, et que dire de cette frontwoman, petit bout de féminité shootée à l’adrénaline pure ? Un régal. Un avant dernier titre qui lorgne du côté de LINKIN PARK, ce n’est pas un peu osé ? Non car c’est tout bonnement magique. Fin du set avec "I Hate Bike" qui remue bien le public, à l’issue des 30 minutes, j’ai les oreilles bénies et la nuque bien raides. Chapeau ALITA pour cette battle d’anges rebellés.


Je n’étais pas prêt mentalement pour le show d’AKIAVEL. Venus promouvoir l’album « Invictus » paru l’année passée, mais aussi leur dernière production, « ScelestVs » un EP 5 titres sorti le 22 mai, on commence avec "Blood Is My Mirror". Voilà un death metal résolument moderne, ou la lourdeur s’est alliée à une incroyable rapidité d’exécution. La frontwoman Aurélie est impressionnante, un charisme de fou avec une aura large et massive, offrant son pendant en vocal. Les breaks sont aériens et mélodiques, créant un contrepoids rêvé à la déferlante death metal pure. Je pense souvent à ARCH ENEMY période Angela.

"Bind Torture Kill" ne fait évidemment pas dans la dentelle, puis le tout frais et joué pour la première fois "Split Smile" contient son lot de borborygmes que ne renierait pas CANNIBAL CORPSE, avec en contre-point des envolées dans les aigus bien crades (OF FILTH). AKIAVEL est LE groupe de la soirée pour beaucoup, et j’avoue prendre mon pied. Magnifique gestuelle de chacun, sur scène comme dans le pit où l’on se déchaîne parmi les fauves.

Le mi floridien mi suédois "My Lazy Doll", un classique, est encadré des deux nouveaux, "Say My Name" et un "Dance With Monsters", à la texture très TYPE O NEGATIVE revisitée de façon mortelle, un délice. Au bout d’une heure de lessive cervicale, AKIAVEL nous salue avec un classique, ce "Cold" bien brutal. Un set mémorable, qui révèle la beauté du death metal moderne, et pour l’humour qui se caractérise aussi par des musiciens avec des crânes où brille par son absence toute capilosité, oubliez les frères chevelus d’OBITUARY, la putrescence d’aujourd’hui a une puissance... glabre.


Place aux héros du jour et à leur nouvel album « HCNO » sorti en avril : DUST IN MIND. Pour ce grand retour, fini le metal symphonique, place à quatre garçons dans le vent qui ont envie de bien se lâcher. On attaque direct avec du frais, "My Way" enflamme les cœurs avec son metalcore bien troussé et ses refrains puissants. "M.V.M.T.M.N" lui emboîte le pas comme une main glisse dans un gant. Le chant est chargé de miel et de force, on ressent cette même mélan-folie que chez un OF MICE & MEN, les riffs déferlent par vagues successives sur nos épaules, tandis que rugissent les voix obsédantes et rageuses. Un must.

"Alone" est l’un des rares clins d’œil au passé, le nouvel album est joué dans son intégralité et dans l’ordre, "Downfall" surgit tout en subtile progressivité vocale avant de nous exploser à la face dans une structure classique metalcore. Une structure dévoilant une ARCHITECTS-ture incroyable. DUST IN MIND est lancé dans une nouvelle trajectoire, que je dirais "Unbreakable", un cap empreint de furie et de bruit, et nos boys vendent à merveille leur nouvelle identité au public strasbourgeois. "Who We Я" joué en live fait écho à la transformation de leur texture musicale, avec comme allégorie une lutte contre un carcan oppressant, une envie de se trouver, au final une naissance dans un écho glacial. Puis c’est "Hollow Figure", qui parfait cette métamorphose du groupe dans un metal qui claque, avec des riffs qui s’enfoncent dans la chair, réelle salve écho de ce metalcore devenu la résilience du groupe.

Cette release-party de l’album a été d’une grande claque... et classe. Et c’est sur "Hold Me" que DUST IN MIND salue chaleureusement ses fans. Dernières vagues implacables qui s’abattent sur nos nuques.
Une soirée mémorable au sein d’une Laiterie également transfigurée après une année de travaux, hôte des ébats de 3 groupes à l’identité metal résolument moderne !

Photos © Christian Ballard - Portfolio
 

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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