
Fort d'un album au succès phénoménal de l'autre côté de la Manche, ainsi que d'une tournée triomphale avec ICE NINE KILLS et THE DEVIL WEARS PRADA, c'est plus fort que jamais que CREEPER revient en France pour un concert en tête d'affiche honorant ses deux derniers albums, « Sanguivore » et « Sanguivore II: Mistress Of Death ». Si le Trabendo n'est pas forcément très rempli ce soir, les premiers rangs sont rapidement pris d'assaut par les fans déjà dévoués de la bande de vampires anglais. Mais trêve de bavardages, les lumières s'éteignent, le spectacle va commencer !
THE HOWLING ouvre le bal avec son rock gothique emo teinté de références vampiriques et cinématographiques. Formé de musiciens probablement aussi fans de CREEPER que le sont les premiers rangs, le groupe semble absolument ravi d'être là pour son premier concert français, et sont venus maquillés pour deux d'entre eux. Venu promouvoir leur premier EP après seulement un an d'existence, le groupe fait déjà preuve d'un jeu de scène très prometteur, le frontman interagit énormément avec le public, lui dédiant le morceau "Incantation", aux sonorités horror-punk, avant de mélanger encore plus les styles sur le quasiment new wave "Linger". A sa demande, le public éclaire la scène à l'aide de dizaines de smartphones pour jouer la ballade "New Religion".
THE HOWLING, qui harangue efficacement la foule sur "The Murder Capital" et "Unholy", nous fait à nouveau beaucoup penser aux débuts de la tête d'affiche de la soirée, mais permet aussi de bien chauffer la foule. Et il est maintenant temps d'acclamer ceux qui nous ont livré une belle première partie. Bravo !

Après une introduction aussi sombre que magnifiquement kitsch, les vampires CREEPER prennent le contrôle du Trabendo, le sang encore dégoulinant des babines. Les Anglais, tous maquillés, sont en pleine forme et attaquent par "Mistress Of Death", sans faire de prisonniers. Les extraits de « Sanguivore II: Mistress Of Death » seront nombreux ce soir, et pour cause : la tournée se concentre quasi exclusivement sur les deux "concept-albums" du sextet, comme le rappelle William von Ghould, en grande forme ce soir.
En termes de production, les lumières sont efficaces, mais le groupe fait sans artifice, au-delà de leurs costumes de scène assortis, arborant le même patch dans le dos : un crâne flanqué d'une aile de chauve-souris. Les guitaristes Ian Miles et Lawrie Pattison enchaînent les riffs avec une précision métronomique qui rappelle GHOST, alors que la section rythmique de Sean Scott et Jake Fogarty garde tout le monde en ordre de bataille pour faire briller William von Ghould, mais aussi Hannah Greenwood, claviériste et chanteuse du groupe. Celle-ci prend d'ailleurs les devants quand vient le moment d'incarner la fameuse "Mistress of Death", notamment sur le génialissime "Razor Wire", sur lequel elle s'équipe d'une masse d'armes du plus bel effet. Le public est conquis !

Pendant un peu plus d'une heure, CREEPER passent d'une ambiance à l'autre avec une facilité folle. Du heavy metal de "Headstones" qui nous rappelle IRON MAIDEN au très pop "Parasite", qui puise du côté de Billy Idol et de THE 69 EYES, sans oublier le rock grandiose de "Further Than Forever" qui, lui, rappelle Meat Loaf, le groupe anglais explore une ambiance différente sur chaque titre sans perdre son identité ! Si le groupe de Southampton a en effet débuté dans le punk-rock et l'emo, on sent une progression folle sur cette tournée, et les jeux de scène de chacun nous font vite réaliser que CREEPER est désormais un groupe de professionnels, digne des plus grands. Et ce n'est pas la ballade "More Than Death", qui arrache même quelques larmes aux premiers rangs, qui me fera mentir.
Alors que le rappel se termine sur le hit "Cry To Heaven", les membres de CREEPER sourient tous à pleines dents (pointues), et le public parisien les acclame, réalisant qu'il a assisté à un moment rare : l'ascension d'un groupe non pas grâce à des masques (s'ils en avaient on aurait certainement été à l'Olympia), mais à un sens de la mélodie absolument imparable, et une diversité, tant musicale qu'humaine, brandie fièrement comme un étendard. Alors la prochaine fois, laissez-vous tenter par l'hypnose des vampires de CREEPER, vous ne le regretterez absolument pas !
