6 juin 2026, 17:49

AUGUST BURNS RED

"Season Of Surrender"

Album : Season Of Surrender

Véritables guerriers du metalcore, leur discographie est déjà très riche et exemplaire, AUGUST BURNS RED nous revient avec « Season Of Surrender », son 11e et nouvel album.

J’ai beau être fan depuis de nombreuses années, je ne m’attendais pas à être si directement bousculé, ses "Legions" ne font pas dans la dentelle, mais plutôt dans la frappe barbelée avec des missiles supersoniques. Violent, rapide, hurlé comme si nous étions à un moment crucial d’une thérapie extrême. La présence de Mike Hranica de THE DEVIL WEARS PRADA y est peut-être pour beaucoup.
"The Nameless" ne va pas nous laisser réellement de répit, mais au moins nous avons précédemment été mis au diapason. Du metalcore de guerre, avec ses salves de riffs qui déchirent tout sur leur passage et cette rythmique forte et implacable qui se déverse par vagues... d’assaut. Jake Luhrs au chant est toujours une force vocale de la nature. "Behemoth" prend un peu plus son temps en travaillant sur sa technicité, puis les charges de caval-riffs reprennent de plus belle. A présent bien éveillé je prends correctement la mesure de la maestria que nous offre AUGUST BURNS RED. Nous sommes à la limite du deathcore avec toute cette guturalité et cette pluie lourde et martiale.

Quand on ne connait pas on peut croire que c’est toujours la même chose un morceau de metalcore. Déjà ça va vite avec des cordes de basses qui sont chatouillées à une vitesse démente, le chant hurlé surfe tel un bel australien décontracté sur des riffs écumeux, bref ça déroute le néophyte. Et pourtant prenez "Den Of Thieves" et au bout de quelques instants vous frappez le sol du pied et laissez une sensation de bien-être sauvage vous pénétrer. Vous aimez ça. Ça y est vous êtes un metalcoreux. Et vous commencez à sentir des nuances dans tout ce maelstrom. Une modulation de la rythmique qui traverse la lourdeur des guitares, un moment de "Sonic Salvation", avec Jamie Hails de POLARIS en renfort, vous vous laissez porter par de singulières ondulations électriques. "Cerebral Malfunction", avec en guest Sean Harmanis de MAKE THEM SUFFER, dégraisse sa lourdeur au profit de subtiles mélodies, et d’une batterie qui se fait omniprésente pour porter slam et cris. Vous comprenez à présent toute la richesse du genre.

AUGUST BURNS RED nous laisse méditer 45 secondes sur l'interlude "Tear Of The Clouds" puis, "Whispers Like Splinters" nous renvoie avec quelques mandales bien énervées, nous éclater contre les cordes (des guitares). Du metal... au corps à corps. Nouvelle accélération, on trépigne avec un "S.O.S." bien furieux et résolument growlé. Reste le round final, cette fois c’est vraiment l’ultime libération sensitive. "Forged By Failure" est épique, il prend son temps, il s’agit d’expliciter à quel point nous sommes forgés par nos échecs, à quel point nos cicatrices deviennent la force qui nous rend si résilients. Les hurlements sont savamment mesurés, alliés à des refrains à la mélodie poignante, les riffs sont économisés, il se dégage de nous une force définitive.

Un album qui s’avère être autant un cours magistral qu’une démonstration de puissance intelligente. L’aboutissement d’une quête musicale philosophique, AUGUST BURNS RED dépasse de loin ce qu’il nous a livré depuis une décennie. Un must !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK