
Jared James Nichols vient tout juste de sortir un nouvel album studio, « Louder Than Fate », le premier chez Frontiers Music, label d’habitude davantage porté sur l’AOR et le rock très mélodique, mais qui depuis quelques mois élargit sa palette.
Si vous êtes amateur de hard rock des années 70 et 80, qui puise ses influences chez CACTUS, MOUNTAIN, Ted Nugent, le Johnny Winter le plus heavy, mais aussi du côté du bon vieux blues ou rock sudiste (MOLLY HATCHET, LYNYRD SKYNYRD), ne cherchez pas plus loin !
En 10 chansons, la majorité ne dépassant pas les 4 minutes, Nichols fait le tour de la question. Si vous avez vu le gaillard sur scène récemment, comme lors de son passage en novembre dernier au Café de la Danse, à Paris, vous avez d’ailleurs déjà entendu certaines de ses nouvelles compositions, comme "Way Back" ou "Pretend".
Sur « Louder Than Fate », l’Américain au physique de colosse privilégie les mid-tempos, même s’il ouvre et clôture son disque avec deux titres rapides, "Let’s Go" et "Pretend". Entre, on retient d’entrée le très bon refrain de "Ghost", un "Bending Or Breaking" au début acoustique puis progressivement plus pop, ou le bon boogie "Runnin’ Hot".
Comme le gaillard, par ailleurs fort sympathique - à découvrir en interview dans METALXS -, est ambassadeur Gibson, la marque de guitares a imaginé pour lui une tournée promotionnelle un peu particulière, avec des mini-concerts donnés devant un public réduit et dans des endroits inhabituels.
Ce lundi 8 juin à Paris, c’est donc au Studio, un espace événementiel lié à l’hôtel Kimpton St Honoré, tout près de l’Olympia, que Jared James se produit. Il se trouve en compagnie de son bassiste Brian Weaver, mais aussi de son batteur, Ryan Rice, sans kit mais muni d’une gratte acoustique, les deux derniers assurant également les chœurs.
Un format donc un peu particulier, mais qui permet à l’artiste de présenter une partie de son nouveau disque, à un volume sonore qui reste élevé. Nichols prévient d’ailleurs son public, malgré les circonstances particulières, « je vais quand même rester dingue ! »

Le show exceptionnel d’une demi-heure débute donc avec un "Bending Or Breaking" de bon aloi, avant que le trio n’enchaîne avec "Killing Time". La ballade pas inoubliable du disque se transforme ici en vrai titre puissant, lors duquel Nichols délivre un solo de guitare de toute beauté.
Tout sourire, le résident de Nashville explique qu’après le concert, il prend un avion pour rentrer chez lui, devant assurer un concert là-bas mercredi soir. Emoi des spectateurs, qui lui intiment de rester en France. « Vous m’hébergeriez ? Vous me nourririez ? », demande alors Jared. « Oui, et j’ai de la bière », rétorque un fan. Mais l’Américain ne flanche pas.
Retour au live avec un dernier extrait de « Louder Than Fate », le bon "Way Back", avant que les musiciens n’exploitent un peu leur fond de catalogue, grâce à "Nails In The Coffin", puis "Thrown To The Wolves". Nichols en profite pour aller taper son solo au milieu du public, invitant Brian Weaver à faire de même avec sa basse, avant d’inciter Ryan Rice à lui aussi se lancer dans un solo, mais de maracas ! « Sans doute le premier de l’histoire », rigole Nichols, avant de glisser quelques notes du "Miss You" des ROLLING STONES dans la fin de la chanson.
Le trio ne prend pas la poudre d’escampette suite à ce petit raout. Les trois restent sur place pour des dédicaces, des selfies ou de petites discussions, les spectateurs ayant accès à un buffet convenablement garni et un stand de merchandising d’où se distinguent de très aguichantes casquettes "Blues Power Motherfucker"...
Jared James Nichols sera de retour à Paris dès le 26 juin pour un concert en première partie d’un de ses amis, George Thorogood, au Bataclan. Mais auparavant, dès le 18 juin, la chaîne Gibson TV, disponible sur YouTube, lui consacrera un documentaire. Avis aux amateurs !

© Dom Gilbert