Bon, d’accord, on triche un peu. Ce samedi soir au Café de la Danse, c’est LITTLE BOB BLUES BASTARDS qui était tête d’affiche, et ARMELLINO qui ouvrait. Mais pour vous dire la vérité, c’est autant, si ce n’est plus, pour le second groupe, la formation emmenée par le guitar-hero français Yann Armellino, que nous nous sommes rendus dans la sympathique salle proche de Bastille. Même si, bien entendu, voir Little Bob, quels que soient les musiciens qui l’accompagnent, reste une expérience.

Mais parlons d’abord de ARMELLINO. Le groupe se fait rare depuis la sortie de son premier album, « Heritage Blend », l’an dernier, et tout concert est donc bon à prendre. Ce samedi soir, il a droit à une grosse demi-heure, l’occasion de mettre en valeur cet excellent premier opus.
L’attaque du show reprend d’ailleurs l’architecture du disque, avec ses quatre premiers titres proposés dans le même ordre en live. Le funky et bien puissant "Almost Scored Me" ouvre donc le bal, avant le boogie "I’m Only Me". Le duo de guitaristes, Yann Armellino et Vincent Martinez (ex-CAROUSEL VERTIGO, qui tient également le micro) démontre toujours une impeccable complémentarité, mais il laisse également un espace bienvenu au petit dernier de la formation, le claviériste Fabien Saussaye, dont les touches apportent une touche honky tonk bienvenue sur "I’m Only Me" ou le final "Trouble In The Making".

© Thierry Cattier - Shooting Idols
Retour au hard rock 70s à la HUMBLE PIE avec "Get Yourself A Loser", avant du classic-rock teinté de soul avec "Slice Of My Pie". Vient ensuite une reprise, celle du "Long Grey Mare" de FLEETWOOD MAC si j’en crois la set-list du groupe (la pochette de « Heritage Blend » constitue d’évidence un hommage à celle du premier MAC). Et du bon vieux blues, grâce à un "Bad Enough" transfigurée par la voix chargée d’émotion de Vincent Martinez. Un dernier "Trouble In The Making" précédé d’un solo de guitare de Yann Armellino, et la fête s’arrête déjà pour les Franciliens. Les musiciens nous confieront à la fin de la soirée qu’ils travaillent sur leur deuxième album, qui devrait sortir l’an prochain…
Little Bob, ici dans le format LITTLE BOB BLUES BASTARDS, ne joue pas tout à fait les intrus dans HARD FORCE. Le Havrais a toujours proposé, au cours de sa longue carrière, un rock bien carré, certes plus proche de DR. FEELGOOD que de AC/DC, mais susceptible cependant de réjouir les amateurs de rock et de classic-rock. Ces derniers se souviendront d’ailleurs que l’ultime LITTLE BOB STORY, « Ringolevio », en 1987, s’avérait même souvent franchement hard rock.

Mais bon, Little Bob a maintenant 81 ans, il ne peut plus bouger autant sur scène, sa voix s’égare parfois, on ne lui en voudra donc pas de privilégier un répertoire davantage blues et rhythm’n’blues. Quoique... Le début de son concert s’avère en effet plutôt musclé, avec des reprises de la STORY alignées de rang, "High Time", "So Crazy" ou "Switchblade Julie". Son guitariste, Gilles Mallet, présent depuis quatre décennies et qui arbore ce soir un tee-shirt MOTÖRHEAD, n’est sans doute pas étranger à ce déluge de décibels, énergiques, mais qui swinguent avec un contrebassiste assez expressif.

Un inédit de bon aloi, "Wild Old Man" est proposé, on le retrouvera sur un disque à sortir l’an prochain, à priori. Le reste de la set-list pioche autant côté BLUES BASTARDS ("We Need Hope") que STORY (la reprise des SMALL FACES "All Or Nothing") et réjouit le public durant une heure. « On fait quoi maintenant ? », se demande Gilles Mallet.
Eh bien, un petit rappel qui culmine avec une reprise finale du "Lucille" immortalisé par un autre petit par la taille, mais grand par le talent, Little Richard.