19 juin 2026, 16:37

Devin Townsend

Interview

Blogger : Clément
par Clément


Il est de retour ! Devin Townsend a une nouvelle fois sortie l’artillerie lourde avec « The Moth » le 25 mai dernier. Oui, il y a des artistes qui suivent un chemin tracé, et il y a ce génie canadien. Véritable savant fou du metal progressif, il n'a toujours eu que de cesse de repousser les frontières de son propre univers sonore. Après les explorations chorales de « Lightwork » et les délires contrôlés de ses projets passés, "Hevy Devy" revient hanter nos platines avec son tout nouvel opus : « The Moth ». À l'occasion de cette sortie majeure, nous avons eu la chance de nous poser avec un Devin Townsend toujours aussi affable, lucide et teinté d'autodérision. Entre quête spirituelle, secrets de production et besoin viscéral d'évolution, il nous ouvre les portes des coulisses de « The Moth ».
 

Devin, comment te sens-tu, seulement quelques semaines depuis la sortie de « The Moth » ?
Le fait que le plus dur soit passé en termes d’investissement me donne une grande sensation de liberté dans ma tête, ce qui est génial. « The Moth » a occupé une place immense dans mon cerveau pendant tellement longtemps que maintenant que je n'ai plus à y penser, je peux écrire de la nouvelle musique.

Quoi de neuf dans to monde depuis notre dernière discussion pour la sortie de « Powernerd » ?
Je persiste à penser encore aujourd’hui que « PowerNer »d a été un disque inattendu pour moi. J’étais à ce moment-là en train de travailler sur » The Moth ». Du coup, j'ai composé « PowerNerd » en deux semaines. Le processus a été très rapide. Quand je l'ai écrit au départ, je pensais que ce serait un disque très simple, rempli de chansons rock, qui servirait d'album de transition ; d’une sorte de récréation pour me permettre de faire quelque chose de simple pendant que je bossais sur « The Moth ».Mais ma vie, à ce moment précis, a littéralement explosé sur le plan personnel. « PowerNerd » a donc fini par être un disque très différent de ce que j'attendais. C’était un album très triste, en fait. Et les personnes qui s'y sont connectées à travers le prisme de la fin d'une relation ou de la perte d'un proche ont vraiment vibré avec lui de la manière que j'espérais. Mais pour le reste des gens qui ont mis la main dessus, je pense que c'était probablement très déroutant.

Justement, dans ta dernière interview pour HARD FORCE, tu m'avais dit que « PowerNerd » avait été écrit très rapidement, comme un exercice de spontanéité. À l'inverse, « The Moth » donne l'impression d'être un projet d'une immense complexité. Est-ce que la simplicité de l’album précédent t'a aidé à surmonter la densité du second, ou s'agit-il de deux facettes complètement déconnectées de ta personnalité ?
C’est une bonne question. Et c'est exactement comme ça que les choses fonctionnent : un projet nourrit le suivant. J'ai fait ça tout au long de ma carrière. J'ai souvent un disque très complexe que je fais en symphonie ou en combinaison avec un autre. « PowerNerd » était une réaction à la complexité de « The Moth », mais il est aussi devenu très complexe sur le plan émotionnel de manière totalement imprévue. Du coup, je pense que le prochain projet que je ferai sera probablement très simple en comparaison. Parce que oui, tu sais, cet album a été tellement complexe à composer pendant tant d'années que dès que je l'ai terminé, mon esprit créatif a réclamé de la simplicité. C'est comme vouloir un dessert après avoir mangé un steak, j’imagine !

Pour en revenir à l'actualité, tu évoques cet album depuis des années maintenant. Qu'est-ce qui a fait que ce moment était le bon, tant sur le plan technique qu'émotionnel, pour enfin lui donner vie ?
Je pense qu'une grande partie de l'impulsion nécessaire pour lancer un projet comme celui-ci, qui demande autant de logistique et d’implication est souvent liée aux circonstances. Par-là, je veux dire que lorsque j'ai eu l'idée de ce projet, je savais qu'il faudrait un orchestre, une chorale, une équipe, et surtout…beaucoup d'argent. Toutes ces choses faisaient indéniablement partie du processus. Et c'est devenu concret quand j'étais à Amsterdam il y a environ 7 ans. Je jouais un concert acoustique et j'ai reçu un message de mon tour manager disant que le directeur de l'Orchestre National du Nord des Pays-Bas et de sa chorale étaient présents au concert. Il voulait me parler de la possibilité que l'orchestre joue des versions de mes anciens morceaux grâce à des fonds gouvernementaux. À ce moment-là, je me suis dit : « Oh, et si on ne faisait pas les anciens morceaux ? Et si on profitait de cette opportunité pour travailler sur The Moth ? » Quand ils ont dit oui, j'ai soudainement eu l'opportunité d'y penser sérieusement. Donc la raison pour laquelle ce moment précis a été le bon n'est qu'une question de circonstances. L'orchestre s'est présenté et je me suis dit : « Bon, j'imagine qu'on y va, non ? »

Puisque « The Moth » est présenté comme une sorte d'opéra metal, comment imagines-tu sa retranscription visuelle ? Parle-t-on d'une production scénique d'envergure avec des costumes et une scénographie spécifique ou l'aspect opéra est-il principalement contenu dans la musique en elle-même ?
Je pense que ça peut être les deux. C’est ce que j'ai essayé de mettre en place. Si demain on nous offrait l'opportunité de monter « The Moth » à Broadway, nous pourrions le faire. Nous avons l'histoire, les idées. Évidemment, il faudrait rassembler énormément d'éléments, mais je fais ce métier depuis assez longtemps pour savoir ce que je représente sur la scène mondiale en tant que musicien et les chances pour que cela se produise ne soientt pas très élevées. J'ai essayé donc de construire « The Moth » de manière à ce qu'il fonctionne des deux façons. Il n'a pas besoin d'une performance scénique pour fonctionner à mes yeux. Mais si les gens l'aiment et veulent le voir en live, nous avons tout ce qu'il faut pour le faire correctement. Il faudrait juste l'argent pour le financer. Je ne veux pas partir du principe que le grand public va forcément s'intéresser à « The Moth ». C'est une œuvre complexe qui imposer une performance théâtrale à la hauteur. Selon les réactions, nous verrons si cela vaut le coup de pousser plus loin.

Je me demandais... un opéra implique généralement une grande distribution de personnages. Qui as-tu intégré dans ton cercle restreint pour ce projet ? Était-ce un défi de concilier ta vision singulière avec les contributions de tous les musiciens ?
Ça l'est toujours, mec ! C'est le défi auquel je suis confronté depuis 40 ans. J'ai une vision singulière, comme tu dis, c'est absolument vrai. Et quand je pense à mon rôle dans un projet comme celui-ci ou n'importe quel autre, ce que j'apporte à l'équipe, c'est cette vision unique. Mais c'est un travail d'équipe qui implique la capacité de partager cette vision avec les autres pour que nous puissions la concrétiser. Les idées que j'ai sont bien trop grandes pour moi tout seul. Je ne peux pas y arriver de mon côté, c'est impossible. Donc si je veux les réaliser, je dois inclure des gens. Et si j'inclus des gens, je dois apprendre à travailler en équipe. Le fait d'intégrer les autres est aussi un processus d'évolution pour moi.
Par exemple, si tu as des relations à long terme comme c'est mon cas — je suis marié depuis 40 ans et beaucoup de mes amis le sont depuis l'enfance —, tu sais que ça n'arrive pas par magie. Pour maintenir des relations sur une telle durée, les deux parties doivent faire des compromis. Les deux côtés doivent écouter et grandir. C'est pareil avec le travail. Quand il s'agit de monter une équipe pour donner vie à ces visions singulières, 99 % de l'effort passe par la communication et par le fait de s'assurer que la résolution des conflits fait partie intégrante de notre processus. Une fois que c'est en place, nous pouvons nous consacrer à la musique.
Dans le cas de « The Moth », à cause de la quantité de problèmes logistiques liés au nombre d'êtres humains impliqués (des centaines de personnes), j'ai choisi de travailler avec des gens avec qui j'avais déjà collaboré pour ce qui est des chanteurs additionnels, des batteurs, des bassistes. Et ce pour deux raisons. D'abord, ce sont de fantastiques musiciens capables de le faire. Ensuite, il y avait déjà tellement de problèmes à gérer que je ne voulais pas devoir apprivoiser une nouvelle relation humaine. Tu vois ce que je veux dire ? Je me disais : « Je connais cette personne, je connais celle-là, je connais celle-ci, je connais nos forces et nos faiblesses ». C'est tout simplement moins de travail pour moi de collaborer avec une chanteuse fantastique comme Anneke ou un musicien incroyable comme Steve, plutôt que de chercher quelqu'un de nouveau.

Tu viens justement de mentionner Steve pour ce projet, plus de 30 ans après la sortie de « Sex & Religion ». Comment votre complicité créative a-t-elle évolué depuis cette époque ? Et qu'est-ce que sa vision unique apporte à l'univers spécifique de « The Moth » ?
Steve ne joue pas sur « The Moth ». Son inclusion sur l'album s'est faite au niveau thématique. Il est venu passer du temps avec moi et lorsque nous avons discuté du concept et de l'histoire, il a aidé pour l'intermède. Mais il ne joue pas sur le disque. C'est plutôt un collaborateur sur le concept. Et ce que Steve apporte à mon univers, c'est de l'histoire, du vécu…
Le concept de l’album parle de transformation personnelle. Et une partie de ma propre transformation, car « The Moth » ne parle pas uniquement de moi, il est basé sur mes expériences, mais ce sont des expériences humaines qui ne me sont pas uniques.  Pour trouver l'inspiration sur ce thème, des gens comme Steve sont vraiment importants pour moi. Notre relation a évidemment changé en l'espace de tant d’années. Je le connais depuis très longtemps : quand je l'ai rencontré, je n'avais que 19 ans, et Steve et moi nous connaissons maintenant depuis près de 38 ans. Notre relation a tellement évolué que l'avoir à mes côtés est une merveilleuse façon pour moi de poser un regard sur mon propre changement, sur le sien et sur l'évolution de notre relation.

Je comprends. Je voulais aussi dire un mot sur Anneke, car elle fait à nouveau partie du voyage. Considères-tu sa voix comme un instrument spécifique ou plutôt comme un personnage essentiel à ta narration ?
C'est un peu les deux et aucun des deux à la fois. C'est un instrument spécifique, Anneke sonnera toujours comme Anneke et je sonnerai toujours comme moi, bien sûr. Quant aux personnages, oui, dans un sens, je voulais qu'une certaine voix incarne un personnage pour créer une distinction. Mais au-delà de ça, c'est aussi complémentaire que cela dans cette dualité : une voix féminine, une voix masculine. C'est un timbre, plus qu'autre chose. C'est comme évoquer la différence entre une basse et une guitare. Le type de basse qu'on utilise est important jusqu'à un certain point selon le morceau, mais au fond, une basse remplit une fonction précise. Et je vois la voix féminine de cette façon. Quand j'écris de la musique, je me dis : « D'accord, la tessiture pour cette idée mélodique précise est dans le registre féminin, et cette autre idée est dans le registre masculin ». Quand j'assemble les parties, je me dis : registre masculin, c'est ce que je chante ; registre féminin, c'est ce qu’Anneke chante pour exemple.
Et donc, quand je cherche une voix féminine, je cherche un timbre, bien sûr, mais je cherche surtout une amie. Quelqu'un avec qui ma relation n'est pas compliquée. Pour que je puisse lui dire : « Tiens, voilà les parties féminines, ça ne te dérange pas de les faire ? », qu'elle me réponde « Oui, je peux le faire » et qu'elle le fasse parfaitement. Peut-être que dans le futur, si nous nous retrouvons dans une position avec plus de capital ou plus d'argent, nous pourrons prendre le temps de se dire : « Ok, recrutons une troupe de personnages, une troupe de chanteurs et de comédiens ». Mais encore une fois, c'est un risque à ce stade parce que qui sait...« The Moth » n'est pas quelque chose de facile à écouter. Si nous avons déjà investi tout ce temps et ces ressources dans l'orchestre, et qu'il faille faire de même avec les chanteurs…je ne savais pas si c'était indispensable pour le moment. Peut-être à l'avenir.


Avec autant de musiciens et d'invités comme Steve, Anakah et Lynn, comment parviens-tu à garder le cap sur le fil conducteur de l'histoire sans que cela devienne juste un album d'invitations ou de collaborations ?
Le café ! Plus sérieusement, je pense que conserver son équilibre émotionnel durant un processus aussi complexe est une priorité fondamentale, pas seulement pour moi, mais pour toutes les personnes impliquées. Et une partie de cet équilibre consiste à savoir déléguer les tâches. Si mon rôle dans l'équipe est de porter la vision, alors je sais ce que cette vision englobe : un orchestre, différents chanteurs, un groupe, des visuels, une chorale, etc... À partir de là, je délègue. Je me dis : « Très bien, voilà mon référent pour le travail choral. Voilà mon référent pour le travail orchestral. Voilà mon référent pour les médias ou les réseaux sociaux. » En déléguant, j’arrive à rester concentré sur la vision parce que je ne me laisse pas submerger en essayant de tout résoudre en même temps.
J'ai de la chance de faire confiance aux gens avec qui je bosse. Si je dis à quelqu'un : « J'ai besoin que tu transcrives cette ligne MIDI et que tu l'écrives sur partition pour une chorale », je sais que lorsque j'ai confié ça à Éric, cela serait fait correctement. Quand je me suis assis avec Joseph et Niels pour leur dire ce que les parties orchestrales étaient censées représenter, je savais que lorsqu'ils partiraient l'écrire sur partition, le travail serait bien fait et je n'avais plus à m'en soucier. Si tout le monde travaille sur des aspects précis de cette vision, nous pouvons rester concentrés sur celle-ci parce que nous ne sommes pas distraits par des tâches qui ne sont pas de notre ressort.

C'est très clair. Pour moi, quand j'écoute « The Moth », je pense à l'imagerie que cela suggère : une sorte d'attraction fatale vers la lumière. Est-ce que tu penses que c'est une métaphore de ta propre relation avec la création musicale ?
Oui, je pense que cette métaphore - être tellement attiré par la lumière qu'on finit par se détruire - était l'idée de départ. Mais ce que je ne comprenais pas à l'époque, c'est que ce qui est détruit par la lumière, ce n'est pas nous. C'est tout ce qui n'a pas d'importance. L'imagerie, la noirceur, la complexité et la laideur de « The Moth » sont censées être juxtaposées à la fin de l'album. La fin est censée être très simple. Le message que j'espérais faire passer, c'est qu'une fois le seuil franchi - qu'il s'agisse d'une décision personnelle, de la mort, d'un nouveau travail ou d'une rupture -, cela représente un tournant majeur.
L'idée, c'est qu'après ce cap, la complexité des trois premiers quarts de « The Moth » doit sembler ridicule en comparaison. C'est un peu comme la vérité de la réalité : la vérité de nos vies, de nos amis, de notre famille est tellement basique. C'est simple. C'est un peu comme la façon dont un chien perçoit son environnement : il est dans le présent, tu vois ? Et en essayant de contrôler nos vies, de contrôler les gens, de contrôler notre passé, ou d'analyser nos émotions pour essayer de s'en sortir, tout devient laid, complexe et pervers. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis à parler de ça, mais bref !


Juste une toute dernière question, car je ressens souvent une quête de paix intérieure dans tes disques récents. Est-ce que « The Moth » représente une forme de catharsis ou s'agit-il d'un nouveau genre de chaos contrôlé ?
Je pense que c'est une catharsis, d'une manière que je n'avais même pas anticipé. Ce en quoi « The Moth » diffère de certains de mes travaux précédents, c'est que pour ces albums passés, je n'avais pas eu la "chance" d'être détruit émotionnellement pendant leur création. Pourquoi est-ce puissant pour moi ? Disons que notre image interne de nous-mêmes est celle du calme. Si je te dis : « Oh, je suis quelqu'un de calme », quand je suis dans un environnement calme, je peux prétendre que c'est vrai, comme dans un cocon. Oui, je suis calme parce que rien ne vient bousculer ce calme. Mais là où ce calme est véritablement mis à l'épreuve, c'est quand je me retrouve dans un environnement qui ne l'est pas. À ce moment-là, je pense que notre vraie nature apparaît beaucoup plus clairement.
Au cours de la création de l’album, ma vie a pris des directions où je n'ai pas eu d'autre choix que de baisser les armes, de m'abandonner. C'était trop, tu vois ? Et dans ces moments-là, il a été beaucoup plus facile pour moi de me voir en face, avec ma vérité. Je me suis dit : « Je ne suis pas aussi calme que je le pensais. Je ne suis pas aussi positif que je le pensais. Je suis plus cynique que je ne le croyais. Plus effrayé, plus craintif, quelles que soient ces prises de conscience. Là où « The Moth » est important pour moi, c'est que pour intégrer sa part d'ombre, pour être honnête avec soi-même sur le plan créatif, le cadeau de pouvoir se voir tel que l'on est vraiment sans toute la fausse positivité, sans aucun faux-semblant, juste se dire « Ah, non. C'est ça que tu es. C'est toi » —, ce point de vue permet, je pense, d'avoir de la compassion pour soi-même. Et en ayant de la compassion pour soi-même, on apprend à s'aimer. C'est de là que vient la véritable paix.
Le chaos qui est présent dans « The Moth »., c'est un peu comme lorsqu'on démolit des bâtiments au milieu d'une ville très peuplée : il faut faire une explosion contrôlée. Je pense que cet album représente cette explosion contrôlée d'une certaine manière. Et je suis très reconnaissant d'avoir pu me confronter à cette noirceur en moi, de réussir à trouver de la compassion pour elle et pas seulement de la refouler.

Retrouvez Devin Townsend le 22 septembre à Paris (Bataclan) et le 23 à Marseille (Cepac Silo)



Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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