31 mai 2026, 23:59

FORTRESS FESTIVAL 2026

@ Scarborough (Scarborough Spa - Jour 2)


Chose promise, chose due, avant de vous décrire plus en détail du deuxième jour du festival, parlons un peu de la ville en elle-même : Scarborough.
Mon compagnon et moi y avions déjà fait un arrêt une première fois en 2018, sur notre retour d’Ecosse dans un road-trip. Nous étions alors au mois d’octobre, avec une météo anglaise dans ce qu’elle a de plus cliché, et la ville, vue très brièvement, m’avait laissé cette impression de grande cité victorienne sur le bord de mer en proie aux éléments et aux mouettes.
8 ans plus tard, avec du temps pour s’y attarder et une météo à l’opposé (une petite canicule et un ciel sans aucun nuage à l’horizon) l’impression est sensiblement la même.

Scarborough c’est un peu cette image de la grandeur du passé avec sa statue de la reine Victoria, première station balnéaire d’Angleterre... mais une grandeur du passé qui commence à accuser le passage du temps. A l’image de cet Hôtel sur le front de mer, autrefois un des plus grands hôtels de luxe d’Europe et qui aujourd’hui a du mal à satisfaire y compris les métalleux habitués à des festivals en camping (à part justement pour ceux qui aimeraient se faire un séjour dans le style Hôtel Overlook -The Shining- ou des soirées maison hantée). Bref, une très belle ville, qui mériterait parfois un bon coup de peinture, et qui peut dégager quelque chose de mélancolique (avouons le, c’est so goth... sauf que c’est Whitby un peu au-dessus sur la côte qui abrite deux fois par an un festival : le Whitby Gothic Weekend)... Les goths à Whitby avec Dracula donc et les blackeux à Scarborough avec les mouettes.

Les vraies stars de la ville, outre la promenade et sa jetée avec des salles d’arcade, ce sont justement les mouettes au point que vous pouvez acheter des peluches de ces dernières en train de vous piquer vos frites. Mais il y a du monde sur la plage, nous sommes en période de vacances scolaires pour les Anglais, et pour satisfaire les métalleux venus pour le festival, l’entrée pour la visite du château de Scarborough, alias la ruine sur la colline qui surplombe la baie, est à prix réduit (décidément si vous aimez les ambiances gothiques vous êtes servis !).
C’est une belle initiative et on en profite donc le dimanche matin avant les concerts, parce qu’outre la vue magnifique, aller faire des photos en noir et blanc dans les ruines semble être un des incontournables du festival. On ne peut s’empêcher de se demander combien de groupes de black metal en ont discrètement profité pour faire de nouvelles photos promotionnelles !

A ce stade du reportage, je tiens à dire que curieusement nous avons réussi à passer à travers les gouttes ou plutôt les fientes de mouettes comme des pros. Je ne vous cache pas qu’au vu du nombre de volatiles, suppléés par des corneilles au niveau du spa (pour s’accorder aux tenues des festivaliers) j’ai l’impression qu’on est sur un exploit personnel.
On commence très doucement en loupant les premiers groupes pour raisons d’interviews, dommage, mais on ne peut être partout, et puis c’est pour la bonne cause.

C’est donc avec ABIGAIL WILLIAMS que l’on entame la journée dans le Grand Hall. Ces derniers n’étaient pas venus depuis 8 ans au Royaume-Uni et abordaient leur date comme une potentielle dernière date en Angleterre... la faute apparemment aux difficultés qu’ont les groupes américains à rentabiliser une tournée sur le vieux continent. Dans le doute on en profite pleinement. C’est d’ailleurs une excellente manière de commencer nos concerts de la journée. Ils sont contents d’être là et ça se voit ! On ne sait pas si le groupe continuera encore longtemps (et en même temps avec lui, la question n’est pas nouvelle) mais dans le doute, de son côté il donne tout, comme si ce concert pouvait être son dernier. C’est puissant, violent, et extrêmement satisfaisant côté public.


Après cette petite claque d’entrée de jeu, on décide alors avec un ami retrouvé sur place qu’il est l’heure parfaite pour aller tester le restaurant du spa... C’est donc le moment du point "estomac" du report. Petit festival oblige, ici il n'y a pas 15 foodtrucks mais une offre quand même diversifiée. Au niveau du Sun Court on trouve un stand de pizzas (non testé mais déconseillé par d’autres festivaliers), un stand de Bratwurst : là encore non testé en raison de l'absence de currywurst au menu. Sinon il y a un stand "goth-burgers" parce que un bun noir et une sauce noire ça semble plutôt logique en festival de black metal (a priori au moins on ne voit pas les tâches), stand qui propose entre autres des options végétariennes. Plutôt bon et ça se voit, ils se font dévaliser durant les deux jours. Reste le stand thaï vraiment bon (sans surprise, lui aussi propose des options pour végétariens et végans) et donc, extrêmement rentable... c’est-à-dire que pour 14£ la barquette est raisonnable pour deux ! Le restaurant quant à lui sert uniquement des plats à emporter pour plus de simplicité de service et là vous avez des recettes un peu plus travaillées mais sans trop en faire et je dois dire que ma salade est copieuse et passe très bien. En bref, une offre réduite mais variée donc plutôt bien gérée (...enfin, n’oublions pas que passé 21h on vise plutôt le frigo du bar, à moins que le thaï, qui semble avoir des stocks infinis, ne soit encore ouvert).


Mais je m’égare... passé cette pause salutaire, nous revoici dans le Grand Hall pour FLUISTERAARS. Comme le nom l’indique, le groupe est néerlandais et il ne s’agit pas de son coup d’essai au FORTRESS. Lors de son passage en 2024, il était dans la Ocean Room et c’est désormais dans la grande salle qu’il revient en force. Je ne connaissais pas FLUISTERAARS et c’est une de mes belles découvertes du festival. On retrouve dans ce post-black un côté très viscéral. Les Néerlandais alternent entre passages mélodiques prenants et des breaks très violents. C’est hypnotisant et on ne voit pas le concert passer.
Je ne sais toujours pas si je prononce bien ou pas le nom du groupe, mais ça se recommande très bien à l’écrit !

Nous mettons ensuite le cap sur la Theatre Room pour la première fois pour le set de EMYN MUIL qui est notre premier set de dungeon synth de la journée (c’est justement le sous thème du jour). La Theatre Room porte bien son nom et c’est assis dans des fauteuils que l’on se pose pour écouter religieusement le set. Les conditions sont idéales, peut-être trop d’ailleurs pour certains qui en profitent pour piquer un petit somme. Après ABIGAIL WILLIAMS et FLUISTERAARS, il faut dire que cette pause douceur tombe à point nommée pour pleinement assimiler les deux beaux concerts que nous venons de voir.
Ici le groupe expérimente le très sobre avec un ensemble synthé, percussions et un peu de guitare. On se croirait plongés dans une bande originale de film d’auteur médiéval et parfois c’est tout ce qu’il faut pour reprendre des forces un dimanche après-midi !


Après une petite pause culinaire (parce que donc je ne vais pas résister à un burger noir estampillé goth... je suis faible), on part sur un des gros morceaux de l’affiche et un des groupes qui m’a le plus motivée à aller faire un tour en Angleterre : MISþYRMING. J’ai du mal à réussir à les voir en France, c’est un groupe avec lequel mon emploi du temps n'est pas synchro, mais j’en profite pour vous dire qu’une nouvelle tournée vient d’être annoncée et qu’ils sont de passage en France à l’automne avec notamment OWLS WOOD GRAVE que j’aime aussi beaucoup !

Là encore ce dimanche n’était pas leur 1ère fois au FORTRESS et ils ont aussi droit à un petit upgrade de salle en passant de l'Ocean Room au Grand Hall.
Si le nom du groupe signifie "mauvais traitement" dans leur langue natale, ici bien au contraire, on est gâtés par un set de grande qualité ! On reprend une dose de violence, de riffs acérés et ils nous font passer en musique tout ce que l’Islande peut avoir de brutal mais aussi de mélancolique... On en ressort lessivés mais aussi en train de vérifier si ce coup-ci, nous sommes bien disponibles pour cette nouvelle date annoncée près de chez nous !


A ce stade, nous avons un petit conflit de running-order : d’un côté DARKENED NOCTURN SLAUGHTERCULT dans l'Ocean Room, de l’autre MORTIIS dans la Theatre Stage. Les deux font envie, mais étant une grosse fan de MORTIIS (et ayant fait l’interview en début d’après-midi) le choix a été plutôt rapide. Pour ce dernier, rentrer dans la Theatre Room juste après la fin du set de MISþYRMING est un peu ambitieux (pour EMYN MUIL nous avions pris de l’avance... là, pas du tout et c’est un peu sport pour trouver deux places assises côte à côte : des agents de sécurité de la salle sont là pour nous aider à trouver ces places, mais ils ont aussi clairement des consignes sur la capacité de la salle, et il n’est normalement pas possible de rester debout contre le mur. On arrive quand même à se trouver une petite place et c’est parti pour un set Era 1 de MORTIIS.

MORTIIS on le croise tantôt en tournée orientée metal indus (comme la récente tournée aux Etats-Unis avec UADA et ROME), tantôt sur des sets dungeon synth dont il est un des précurseurs mais aussi parfois de retour en temps que bassiste chez EMPEROR comme cela va être le cas sur les concerts de cet été. Là c’est donc un set dungeon synth et contrairement à la dernière fois où j'ai pu le voir pour un set de ce style (sa dernière tournée en France avec MAYHEM), les conditions sont idéales. Un public qui écoute religieusement, une set-list soignée... Si je préfère ses compositions indus, aujourd'hui le show a un petit côté masterclass tout simplement. Un vrai moment suspendu.


Pour finir ce dimanche, le festival et un enchaînement final de toute beauté, il ne nous restait plus que GALLOWBRAID, probablement le plus gros point fort de l’affiche. Tout est résumé dans leurs premiers mots « Nous sommes GALLOWBRAID, des Etats-Unis, et nous n’avons jamais joué de concert avant... donc on apprécie vraiment que vous soyez là », et en même temps, nous n’avions vraiment pas envie de louper ça.
Nous ne sommes pas les seuls car le groupe n’a jamais fait de concert certes, mais il est haut placé sur l’affiche et la salle est comble, tout comme le merchandising disparu en 15 minutes chrono. Cela nous indique que leur offrir la grande salle et la tête d’affiche du jour n’est pas une erreur (je n’ose imaginer s’ils avaient été programmé dans l'Ocean Room et qu’une partie du public du festival s’était vue refuser l’entrée !)

Maintenant ne nous mentons pas, la question que tout le monde se posait c’était « comment un groupe qui a un EP de 40 minutes sorti il y a pas mal d’années va tenir un set de 1h ? ». GALLOWBRAID le fait, et le fait bien en nous offrant deux nouvelles compositions, "Leafdance" et "Stormcloud Memory", avant de nous offrir un final en beauté sur "Stone Of Remembrance".
Alors, GALLOWBRAID en live ça donne quoi ? Le plaisir d’écouter « Ashen Eidolon », l'EP devenu culte en live, de vivre sa mélancolie, ses notes folk (oui y compris la flûte traversière qui était là et pas sur bande), avec un groupe qui se donne à fond, tout en restant très humble et parfois même timide entre les morceaux. Un excellent set qui ne manque pas d’un goût de reviens y !


Pour GALLOWBRAID on ne sait pas, en revanche pour le FORTRESS, le reviens y c’est en 2027 toujours le dernier week-end de mai du 29 au 30 et avec pas moins qu'EMPEROR en tête d’affiche pour fêter les 5 ans du festival. Une affiche à surveiller avec attention, le festival l’a assuré... EMPEROR sera présent, mais ça ne veut pas dire que le FORTRESS a craqué le budget et qu’il n’y aura rien d’autre autour, bien au contraire. La programmation aux petits oignons sera bien là et toujours avec des exclusivités pour le Royaume-Uni.

Si vous êtes fan de black metal, que vous aimez les affiches très soignées, et que la Norvège vous parait loin, n’hésitez pas à faire un tour au Royaume-Uni pour le FORTRESS en 2027 !
 

Blogger : Carole Pandora
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