27 juin 2026, 13:52

THE PRETTY RECKLESS

Interview Taylor Momsen


Portée aux nues à l’âge de 15 ans seulement après une carrière dans le cinéma, Taylor Momsen mène la barque THE PRETTY RECKLESS depuis maintenant 17 ans, évoluant parmi les monstres sacrés du rock tels qu’AC/DC et THE ROLLING STONES. Avec une honnêteté rare dans ses paroles et une envie d’aller toujours plus loin, la chanteuse, accompagnée par ses fidèles collègues Ben Phillips, Mark Damon et Jamie Perkins, propose ce 26 juin de découvrir une nouvelle facette de sa personnalité, et de son ressenti avec « Dear God », un album aussi direct que réussi, et aussi honnête que bien écrit. Nous avons pu échanger avec Taylor, qui nous a décrit la genèse de ce nouveau disque, qui devrait vite devenir un nouvel incontournable du hard rock moderne !
 

Quel est ton état d’esprit à l’approche de la sortie de « Dear God », et de la nouvelle ère de THE PRETTY RECKLESS qui se dessine ?
Taylor Momsen : Je suis incroyablement enthousiaste ! C’est un peu mon état d’esprit. Je suis très fière de ce disque, car il est exactement ce que je voulais qu’il soit ! Je pense qu’on a vraiment fait un bond en avant avec THE PRETTY RECKLESS, et que « Dear God » résume bien tout ce qu’on a toujours été, mais d’une nouvelle manière. Je me sens très bien à propos de cet album et j’ai hâte que les gens l’entendent ! J’ai aussi très hâte de tourner pour le promouvoir, parce qu’on a répété et c’est juste génial de jouer tous ces morceaux. Je veux juste jouer le nouvel album du début à la fin, et c’est ce qu’on souhaite faire, évidemment. C’est très excitant !

J’ai lu une de tes interviews avec Blabbermouth récemment, où tu disais que cet album est celui qui te correspond le mieux, qui est le plus "toi"…
Plutôt, oui ! En tant que citation, ça ne veut pas dire grand-chose, parce que tous nos albums me correspondent. Mais celui-ci le fait d’une manière que je ne saurais expliquer autrement. On dirait que j’ai rassemblé tous les morceaux de mon passé pour les emmener vers mon futur. Rien n’a été laissé de côté. C’est tout simplement tout le meilleur de ce qu’on fait, assemblé d’une nouvelle manière qui semble authentique et réelle. Et il y a une honnêteté brutale dans cet album, que nous avions un peu abordée sur les précédents, mais jamais à ce point, et jamais aussi directement. On dirait presque que « Dear God » est une page directement arrachée de mon journal intime. Les chansons sont très littérales, et sont très vulnérables, mais aussi brutales. C’est quelque chose dont je suis incroyablement fière, et j’ai hâte de le partager.

C’est intéressant de remarquer qu’on s’identifie plus facilement aux chansons sur lesquelles tu es la plus directe et honnête sur ton vécu, comme "Love Me", sur laquelle chacun peut se sentir vu, et se reconnaître dans la chanson…
C’est la meilleure chose que quelqu’un puisse dire à un artiste, donc merci pour ça ! Je suis actuellement à Londres, et je discutais avec quelqu’un de nos concerts mémorables, etc. Et l’un des premiers concerts qu’on ait joués à Londres était dans ce tout petit club appelé Notting Hills Art Club. Notre premier album « Light Me Up » venait tout juste de sortir, et c’était la première fois qu’on jouait à Londres. Je ne savais donc pas trop quoi attendre, et je ne savais pas si qui que ce soit allait venir, s’ils allaient aimer la musique, la connaître… Et quand le concert a commencé, c’était blindé ! Tous ces gens étaient là et connaissaient chaque mot des paroles, et j’ai pu réaliser que ça représentait quelque chose pour eux. C’était le premier moment de ma carrière qui m’a fait réaliser que ce que je fais pour moi-même, parce que j’ai quelque chose à dire et que j’ai besoin de m’exprimer, appartient au monde au moment où on le sort. Cela ne m’appartient plus ensuite. C’était la première fois que je réalisais que quelque chose que je faisais pour moi-même atteignait et touchait les gens, et les affectait de la même manière que mes albums m’affectent. C’était un sentiment très agréable. Donc le fait que tu dises cela, c’est un compliment très précieux, merci beaucoup ! J’en suis très contente, parce que c’est ce que je vise à faire. Ce n’est pas nécessairement mon intention au moment de l’écriture, mai quand je sors les chansons, on ne peut qu’espérer, en tant qu’artiste, que ça se lie aux gens, et leur fasse ressentir quelque chose.

Peut-être y a-t-il une chanson qui t’a fait ressentir ça, et qui t’a inspirée pour écrire des chansons qui parlent à chacun ?
Je ne crois pas qu’il y ait une chanson spécifique, mais il y a des artistes que j’appelle mes piliers. Il y a THE BEATLES, qui étaient ma première révélation musicale lorsque j’étais enfant. Quand j’ai entendu les BEATLES pour la première fois, je suis tombé amoureuse de leur musique. Je la comprenais et elle me parlait à tous les niveaux. Ça a grandi avec moi, et nous y voilà ! C’est ce que je souhaite faire : quelque chose qui survive au temps qui passe, et qui continue à évoluer avec l’auditeur. Parce qu’il y a plusieurs couches à tout ça, il y a de la profondeur, et il n’y a pas que la valeur de surface. C’est quelque chose de difficile à expliquer, et les BEATLES étaient le premier groupe qui m’a fait ça. Le deuxième était SOUNDGARDEN. Quand j’ai un peu grandi, j’ai découvert SOUNDGARDEN et ça a changé ma vie. Jusqu’à ce jour, j’écoute régulièrement ces deux groupes, et ça touche mon âme d’une manière impossible à reproduire avec quoi que ce soit dans le monde.


Avec le titre de l’album, « Dear God », mais aussi avec les chansons "Love Me" ou "Devil In Disguise", on se rend compte que l’album parle de foi, d’espoir, et de l’absence de ces concepts. Comment est ta relation à la foi ?
Eh bien c’est intéressant de répondre à cette question, car je ne pratique pas de religion. Cependant, quand j’étais petite fille, j’ai été élevée avec l’Eglise catholique, et j’allais en école privée, en portant l’uniforme et tout ça. En tant qu’adulte, je ne pratique pas de religion organisée, je suis beaucoup plus spirituelle, je dirais. Mais je n’aime pas trop ce mot, car ça penche vers quelque chose d’autre. Je dirais que je n’ai pas une compréhension complète de l’univers, mais que je crois en celui-ci. Je crois que les choses fonctionnent comme elles le doivent, et elles finissent par marcher même si elles n’en ont pas toujours l’air. On peut appeler ça une foi aveugle, ce qui est un peu le cas j’imagine, tout comme on peut l’appeler l’espoir. J’ai beaucoup d’espoir, et j’ai un peu cette foi aveugle dans le chemin que l’univers propose. Je crois dans le fait de travailler très dur et de viser dans une direction bien choisie, et d’avoir des objectifs et des centres d’intérêt pour me guider, mais aussi dans le fait de ne pas combattre le destin (rire).

Je l’ai aussi un peu pris comme une métaphore pour l’espoir...
Oui, sur cet album, « Dear God » est d’une certaine manière une lettre à Dieu, mais pas forcément Dieu au sein d’une religion organisée. C’est plutôt une métaphore pour quelque chose de plus grand que soi. Parce que je pense que chacun, que l’on prie un dieu ou quoi que ce soit, a ces pensées en tête quand ils prient pour quelque chose ou pour quelqu’un, pour une force abstraire... Peu importe ce que c’est, on prie pour quelque chose, et c’est une manière de digérer la vie, et de garder espoir pendant les moments difficiles. C’est un peu ce que représente Dieu sur cet album. Tu sais, Dieu est un peu mon cahier, d’une certaine façon. J’écris pour moi-même, mais j’écris à l’univers. C’est fait pour parler à quelque chose de plus grand que soi, afin de chercher des réponses.

C’est peut-être pour ça qu’on s’identifie autant à cet album. Du début à la fin, on peut trouver des éléments qui correspondent à nos vies en tant qu’auditeur...
Merci. Je suis plus vieille maintenant, et je pense que j’ai beaucoup vécu à ce stade de ma vie. Et je pense que les meilleures œuvres d’art viennent d’une honnêteté pure et gutturale. Et ce n’est pas toujours joli. Je ne me suis jamais censurée en écrivant, il n’y a jamais eu de sujet tabou, car c’est la mort de l’art, je ne peux pas faire ça. Mais l’écriture est ma manière de digérer la vie, c’est ce que je fais pour moi-même, et ces mots deviennent des chansons. Cependant, pour cet album, il y avait beaucoup à écrire. J’ai atteint un moment de ma vie, je pense, où je suis devenue très à l’aise avec tous les aspects de moi-même. Le bon, le mauvais, le moche, tout ça. J’ai vécu jusque là avec tout ça en moi, et je pense que ça me met dans une position très vulnérable, de bien des manières. C’est un peu intimidant et bizarre de se dire qu’en gros, c’est mon journal intime qui sort dans le monde… Mais en même temps, je pense que c’est ce qui en fait de la musique puissante, et que c’est ce qui va aider beaucoup de monde à long terme, d’avoir des musiciens qui mettent leurs sentiments dans des chansons et l’expriment d’une manière qui aide les gens à se sentir remarqués et moins seuls. La vie est dure, et on la traverse tous et toutes. Parfois, les gens n’ont juste pas les mots pour en parler, tu vois ?


Quand on écoute tout l’album, on suit donc ton parcours personnel, à l’exception peut-être de "For I Am Death", qui te voit incarner le personnage de la Mort. Mais de "When I Wake Up"  à "Life Evermore Pt. 1", on a l’impression d’un voyage de l’autodestruction à l’acceptation de soi. Est-ce que ton parcours ressemble à ça ?
Eh bien, mon parcours a été long, et il n’est pas terminé. Tu sais, ce n’est que le début, mais j’ai traversé des choses éprouvantes, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai vécu des choses très dures par le passé. Je ne sais pas en quelle année, mais il y a huit ou neuf ans, dirons-nous, j’ai vécu beaucoup de pertes, et beaucoup de difficultés personnelles. Tout cela m’a beaucoup affectée et la seule manière que je connais pour traverser n’importe quelle souffrance, c’est de la mettre en musique, parce que c’est la chose qui me ramène sur terre, et qui donne un sens à ma vie. Ça l’a toujours été. Je me sens chanceuse d’avoir pu réaliser aussi jeune que j’avais cette chose qui ne me laisserait jamais tomber. Si je le mets par écrit, ça marche. On pourrait appeler ça une thérapie si on veut (sourire), mais c’est encore plus fort que ça. J’ai vraiment de la chance de l’avoir réalisé aussi jeune, car tout le monde n’a pas cette chance là. C’est un très bon exutoire, et ça fait tellement partie de mon identité aujourd’hui que je ne sais pas qui je serais sans cela (rire) !

Et cela fait que désormais, ta discographie est comme un album photo, ce sont des instantanés de qui tu étais et ce que tu ressentais à 15 ans, 22 ans, 24 ans et 27 ans…
C’est un peu le cas ! C’est ce qui est intéressant dans le fait de créer des albums, c’est que chacun d'entre eux est une capsule temporelle dans une certaine mesure. Et, tu sais, les chansons ont le pouvoir magique d’évoluer avec soi à travers le temps. Je peux donc encore chanter des chansons de « Light Me Up », que j’ai écrites et enregistrées quand j’avais 15 ans. C’est le cas par exemple de "Make Me Wanna Die", qu’on joue à chaque concert, et qui me semble encore nouvelle, et adaptée à qui je suis. Je n’ai jamais besoin de remettre ça en question. Je ne vais pas revenir en arrière dans le temps pour jouer cette chanson, mais en même temps quand j’écoute les albums, et les enregistrements de cette période, ça me ramène à qui j’étais quand je l’ai fait, car ma voix était encore jeune, et je peux me souvenir de tout ce qui y est lié. C’est donc effectivement un album photo audible, c’est plutôt intéressant ! C’est plutôt cool d’avoir en quelque sorte ces marqueurs dans ma vie. Je peux me souvenir de ma vie à travers ma musique !

C’est vrai que la façon que tu as de chanter "Make Me Wanna Die" a pas mal changé depuis quelques années. Je me souviens t’avoir vue en 2017, et ressentir les choses totalement différemment de quand tu l’as jouée en 2025 au Stade de France ! La chanson est passée d’un sentiment très sombre à un hymne plutôt lumineux !
Tu as remarqué ?! Je ne sais pas comment l’expliquer, mais je pense que les chansons évoluent avec chacun. Je pense que mon état d’esprit par rapport à la vie est reflété par la performance. Ma vie a pris un tournant très sombre, longtemps après avoir écrit "Make Me Wanna Die", donc le sens et la gravité de cette chanson se sont transformés, car j’ai maintenant réellement vécu une grande souffrance dans ma vie d’adulte. Les chansons les plus lourdes le sont devenues encore plus, et les chansons les plus sombres se sont assombries. Je pense que "Make Me Wanna Die" est en quelque sorte un moment plus léger dans notre concert.

​L’une de mes chansons préférées de l’album est "Eye Of The Storm", car, ayant presque le même âge que toi, je me pose les mêmes questions sur le monde qui nous attend, et sur le futur. Comment vois-tu le futur justement, te prépares-tu au pire, ou espères-tu le meilleur ?
Un petit peu des deux. Je me prépare à ce qu’on s’écrase, mais j’espère que l’avion atterrira quand même (rire). Je pense que c’est un peu ma devise pour tout dans la vie. C’est ce que je veux dire par avoir confiance dans l’univers. On ne peut pas tout changer. On peut affecter le monde, on peut bien sûr affecter nos vies et ce genre de choses, mais on ne peut pas changer l’univers en général. Les choses sont ce qu’elles sont, on doit juste tous faire de notre mieux pour nous y adapter, et pour rester de bonnes personnes. C’est un peu la manière que j’ai d’aborder la vie. Il y a une citation de John Lennon qui dit « It is what it is. » (« Les choses sont ce qu’elles sont », ndlr). C’est un peu ma manière de voir les choses, le monde est tel qu’il est, et il faut faire de son mieux dans chaque situation pour avancer, parce que la vie est dure, et on essaie tous de la vivre et de l’apprécier autant qu’on peut.


Cette question pourra peut-être te sembler stupide, mais j’ai remarqué que les trois parties de "Life Evermore" n’étaient pas dans l’ordre. Pourquoi cela ?
Eh bien, ce n’est pas une question stupide, c’est en fait très spécifique (rire). "Life Evermore" a été écrite comme une chanson complète, et comme un poème. Si tu les écoutes dans l’ordre, ça crée une nouvelle chanson au sein de l’album, et si tu les écoutes dans l’ordre chronologique, tu as l’ordre dans lequel elle a été écrite. Mais lorsque l’on a mis en place la liste des chansons, et qu’on les a finies, on en a fait des morceaux de musique indépendants, qui sont les intros des chansons venant après. Ces trois morceaux mettent en place l’histoire et font avancer le voyage. On les a donc espacées correctement pour la liste des chansons, qui représente sa propre grande histoire. Mais je t’invite à prendre les trois "Life Evermore" et à les mettre dans l’ordre chronologique, car il s’agit d’une histoire au sein de l’histoire ! On voulait donner ce choix aux auditeurs de choisir la manière de les écouter. Et puis on voulait aussi vous donner des devoirs à faire (rire) !

J’ai également été très marqué par les chansons "Spell On You" et "Dragonfire", qui diffèrent beaucoup de tout ce que vous avez sorti à ce jour, et des singles de cet album ! Quelle est l’influence la plus inattendue que tu as apportée à cet album ?
Oh mon dieu ! Je ne sais pas comment répondre à ça ! L’inspiration est une chose si bizarre, elle n’est pas si spécifique. Je ne me pose jamais pour écrire une chanson. D’ailleurs je ne l’ai jamais fait (rire) ! Les chansons sont des choses qui tombent du ciel, pour moi. Donc la seule sorte de processus que j’ai, c’est de garder mon esprit ouvert à ça, ce qui peut être parfois épuisant. Je ne saurais donc pas te citer d’inspiration étrange ! Je ne sais qu’essayer d’absorber autant de grande musique et de grand art possible pour nourrir mon esprit. Je n’écoute que le meilleur, en quelque sorte, donc c’est ce qui déteint un peu. Ça peut aller de mes groupes préférés, dont je te parlais plus tôt, à la musique folk comme Bob Dylan, ou même à des visites au M.E.T. à New York pour observer les œuvres d’art et réfléchir. C’est un long processus, avec beaucoup de réflexion sur moi-même, et je reste ouverte constamment au fait qu’une chanson peut tomber sur mes genoux à chaque instant. C’est peut-être ça, le plus étrange, en fait (sourire) ! Mais ce n’est jamais spécifique. Je ne me pose jamais en me disant « Je veux écrire une chanson qui sonne comme ça. ». C’est d’ailleurs un peu pour ça que notre musique change autant, c’est parce que les chansons sont le guide, et le leader de ce qu’on fait. Je ne sais pas toujours d’où elles viennent.

Je sais que tu écris généralement tout avant d’aller en studio. Es-tu plus inspirée par les situations inhabituelles, comme en tournée, ou plutôt par les endroits familiers et les situations familières ?
Eh bien, tout d’abord, je n’écris pas beaucoup en tournée. Je note quelques idées, mais les tournées sont leur propre bulle, leur propre monde. La tournée est plus comme une expérience. Puis je prends toutes les expériences que j’ai, et je les ramène chez moi (rire). C’est comme des crans, quelque part, ou des encoches. J’ai tendance à avoir besoin de beaucoup d’isolation du monde pour écrire, donc j’écris quand je ne suis pas en tournée, mais tout ce que je vis en tournée trouve son chemin dans mon écriture. Je suis donc un peu ce processus. C’est comme si tu vivais ta vie, et que tu te posais pour analyser ce qui se passe dans ta tête, et que tu réfléchissais dessus pour voir ce qui se passe, et voir ce que tu en retiens. Ça représente beaucoup de réflexion et d’introspection. C’est un peu ennuyeux, à vrai dire (rire) ! Les gens penseraient probablement que je suis très ennuyeuse s’ils voyaient comment est vraiment ma vie quand je suis chez moi, parce que j’ai tendance à écrire beaucoup en m’isolant (rire). Mais la plupart de mon écriture se fait chez moi, dans un état un peu méditatif. J’écris aussi beaucoup quand je me promène à New York, parce que je mets comme des œillères sur le monde, et je suis mon chemin, que je connais les yeux fermés. Il y a quelque chose de relaxant et de plat dans ces promenades pour moi, ce qui n’aura aucun sens pour ceux qui ne vivent pas à New York, qui trouveront la ville trop active et trop bruyante (rire) ! Mais la ville a comme un bourdonnement, avec lequel je rentre en résonance, et qui est presque comme un bruit blanc qui me met dans un état presque de méditation. Il faut juste trouver l’état magique. C’est différent à chaque fois, mais New York fonctionne toujours pour moi !


​D’ailleurs, comme tout le monde le sait désormais, vous avez été en tournée avec AC/DC depuis quelques années, et tu as même gagné le surnom de Batgirl, en te faisant mordre par une chauve-souris, puis il y a eu une araignée…
Mais oui, c’est quoi ce bordel (rire) ? Excuse mon langage, mais c’est quoi, ça (rire) ? C’est tellement put**n de bizarre, mec (rire) !

Totalement d’accord avec toi, c’est totalement improbable (rire) ! Comment était l’appel pour te proposer cette tournée improbable ?
Oh, l’appel pour AC/DC est en fait une histoire assez drôle ! On venait de finir la tournée pour « Death By Rock And Roll », qui était sorti depuis longtemps. Le cycle de cet album était plutôt long parce que la COVID l’a retardé, et quand on a pu tourner pour celui-ci, on était bien après la sortie. C’était en fait très différent d’un cycle d’album habituel. Donc quand on a fini ça, j’en avais vraiment terminé avec cette tournée et ce cycle. J’avais vécu beaucoup de choses pendant ces années, et il fallait vraiment que je crée de nouvelles chansons. J’avais vraiment besoin de passer à autre chose, et j’ai déclaré qu’on en avait fini. J’ai donc appelé mon agent pour lui dire qu’on ne travaillerait plus, et qu’on ne ferait plus de concerts. J’allais aller en studio parce que j’avais un milliard de chansons à enregistrer, donc il ne fallait pas me déranger, ni m’appeler. Il me répond donc « OK, je comprends, mais est-ce que ça vaut même pour quelque chose d’énorme et de massif ? » et j’ai répondu « Mec, si ce n’est pas AC/DC ou THE ROLLING STONES, ne prends même pas la peine de prendre ton téléphone. » Je disais ça comme une blague, parce qu’il n’y avait vraiment aucune chance qu’AC/DC nous appellent ! Ils n’avaient pas tourné depuis 2015, et il n’y avait aucune rumeur sur une potentielle tournée d’AC/DC, donc ce n’était pas comme si j’avais planté cette idée dans sa tête pour lui dire « Essaie de faire ça. ». Donc on va en studio, on commence à enregistrer et ça se passe super bien. C’étaient les meilleures sessions d’enregistrement qu’on ait faites depuis « Light Me Up », je ne sais pas pourquoi. L’univers était de notre côté, la magie opérait et tout se passait bien. C’était vraiment génial. Soudain, mon téléphone sonne, et c’est mon agent. Je regarde mon téléphone et je me demande « Pourquoi il m’appelle ? Je lui ai dit de ne pas me déranger ! ». Je décroche et il dit « Salut Taylor, tu ne vas pas le croire. Angus Young vient d’appeler et AC/DC veulent vous emmener en tournée ! ». Et j’ai dit « Qu’est-ce que tu me racontes, bordel ?! » (rire). Et, bien entendu, quand AC/DC appellent, tu dis oui, évidemment ! On met donc l’enregistrement en pause, on se prépare, on retourne répéter et on se prépare à la tournée avec AC/DC. Puis, environ une ou deux semaines avant de partir en tournée en Allemagne, mon téléphone sonne à nouveau, et il dit « Taylor, tu ne vas vraiment pas le croire, THE ROLLING STONES viennent d’appeler, et ils veulent que vous ouvriez pour eux à Las Vegas ! ». Donc on va ouvrir pour les ROLLING STONES à Vegas, puis on va prendre un avion directement pour l’Allemagne pour ouvrir pour AC/DC… On a donc joué avec les ROLLING STONES et AC/DC dans des stades la même semaine ! Je ne sais pas si c’était de la manifestation ou quoi que ce soit, mais c’était un alignement assez bizarre (rire) ! Et ça a été super ! Maintenant, on a été en tournée avec AC/DC pendant près de deux ans, et je vais avoir trois anniversaires différents en tournée avec eux. Ils sont devenus parmi mes meilleurs amis, et c’est absolument incroyable ! Cela va sans dire, mais ça a un peu changé le processus créatif de l’album, parce qu’il fallait qu’on enregistre entre les tournées d’AC/DC, ce qui est un bon problème à avoir (rire) ! Mais ça a un peu changé les choses.

Ça a dû vous amener de nouveaux fans de toutes les générations. Ressens-tu déjà la différence dans votre fan-base ?
Carrément ! On n’a pas encore commencé notre tournée en tête d’affiche (rire), et on verra comment ça se traduit, mais tu sais, nos concerts ont toujours eu un public très divers, ce que j’adore ! On a des grands-parents, des enfants… On a vraiment des fans de tous les âges et de tous les genres, c’est vraiment un beau mélange ! Je pense que c’est incroyable qu’on ait ça. Ça veut dire que la musique que l’on fait touche tout le monde, ce n’est pas juste fait pour une sorte de personne, c’est pour tout le monde ! Je pense que c’est ce que j’ai toujours tenté de faire. Mais on a vraiment vu un changement en tournant avec AC/DC. On a vu ce public grandir, il est plus nombreux (rire). Et quand on joue devant une foule monumentale, ça veut dire que ça marche ! C’est d’ailleurs assez intéressant, parce que quand on a accepté la tournée avec AC/DC, j’ai eu un appel d’un ami qui est dans l’industrie, et il a dit « Soyez vraiment prêts, ce sera une tournée très difficile. » Je lui ai répondu « De quoi tu parles ? », et il dit « Les fans d’AC/DC sont loyaux, et ils n’aiment pas les premières parties ! A vrai dire, ils vont vous détester. Vous allez jouer devant une foule qui sera immédiatement ennuyée. Ils ne vous veulent pas sur scène, ils ne voudront voir qu’AC/DC, donc préparez-vous à être hués jusqu’à sortir de scène. » J’ai donc dit « OK, on va faire notre truc, et on va voir ce qui se passera » (rire). Et sincèrement, nous n’avons jamais vécu ce qu’il décrivait au moindre concert ! Au début, peut-être, on a eu des gens qui semblaient se demander ce qu’on faisait, qui s’ennuyaient et qui s’en foutaient. Mais à la fin du concert, ils avaient les bras en l’air et chantaient avec nous, se joignant au public ! Ça a vraiment été une expérience géniale, finalement. On a encore quelques concerts à faire, donc je touche du bois pour qu’on ne soit pas hués (rire) ! Mais ça a été super pour le moment !


Vous allez bientôt jouer en tête d’affiche pour une tournée européenne qui inclut le Zénith de Paris. Après avoir joué en ouverture pendant plus de deux ans, peut-on s’attendre à vous voir aller à fond sur cette tournée ?
Oh bordel, oui ! Je ne sais pas bâcler un concert. Si un jour on sent qu’on devient prévisibles, autant arrêter ! Je pense qu’il n’y a eu qu’une poignée de concerts dans ma carrière où je n’y ai pas été à fond. Je ne me souviens pas lesquels, mais c’est possible qu’à la fin d’une longue tournée on soit cramés, et qu’on commence à sentir les choses passer. Mais dès que ça arrive, j’arrête. Car ce n’est pas le genre de concert que je veux offrir au public, et ce n’est pas le genre de performance que je veux donner. Si tout ton cœur et tout ton esprit n’est pas dédié à faire ça, ça veut dire que tu es cramé. Mais je n’ai pas été aussi enthousiaste pour une tournée depuis longtemps ! Les chansons du nouvel album sont géniales à jouer en live, et on pense qu’on est au meilleur de notre forme. Il y a un côté sans effort, dans le meilleur sens du terme, dans ce qu’on fait. Ça semble naturel sous tous les angles ! Ce sera vraiment tellement fun, avec tellement d’énergie (sourire)

Pour conclure cette entretien, quelle chanson de l’album correspondrait le mieux à ton humeur aujourd’hui ?
Aujourd’hui ? Je suis très décalée et à Londres, donc je dirais "When I Wake Up", parce que je ne sais pas du tout où je suis, put**n (rire) ! Enfin si, je sais, je suis à Londres (rire) ! Elle sera super en live. Elles le seront toutes, d’ailleurs ! Le Zénith sera juste génial, parce que j’adore cette salle, et l’album sera sorti donc on pourra puiser dedans allègrement (rire) !
 



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