
Trente ans... TRENTE ANS !!
Oui, voilà trente ans qu’est sorti « Mandylion », le 3e album des Néerlandais THE GATHERING. Et c’est à cette occasion que le groupe s’est offert une tournée avec un passage à Paris, au Trianon, le 21 mai dernier, accompagné par LIZZARD, groupe limougeaud de gros rock progressif et atmosphérique.
Mais ce concert n’est pas un concert comme les autres : oui, ce soir, c’est Anneke van Giersbergen, la chanteuse emblématique du groupe qui est au chant, et qui a justement fait ses débuts avec le groupe sur cet album. La boucle est bouclée !
La salle, sublime, se remplit rapidement et à 19h30 LIZZARD investit la scène, dans une configuration simple : le guitariste chanteur à gauche, la batteuse au centre et le bassiste à droite, avec en fond de scène un écran diffusant des images de formes géométriques aléatoires. Le son est bon, tout est réuni pour permettre au groupe une bonne prestation.

On attaque donc ce concert avec "Black Sheep" suivi de "Blowdown" et immédiatement, vient en tête un groupe : KARNIVOOL, ce qui n’est pas fait pour me déplaire !! Le groupe, du haut de ses vingt ans d’existence, est précis, efficace, les riffs sont accrocheurs... Ils enchaînent les morceaux, dans la même veine, dont l’excellent "Unity", très catchy et terminent leur passage après 8 chansons parfaitement exécutées, parsemées de quelques mots en français pour remercier le public, qui n’a cependant pas oublié pour quoi il est là : THE GATHERING.

C’est la pause. Les verres se remplissent, les fans sont bien présents au vu du nombre de t-shirts à l’effigie du groupe phare de cette soirée.
Les lumières s’éteignent, la foule réagit instantanément et sans attendre les membres du groupe entrent sur scène les uns après les autres sous les applaudissements transpirant d’impatience... et Anneke est là, poing levé, tout sourire, le public étant bien évidement déjà acquis.

Les morceaux les plus iconiques s’enchaînent, allant de "Eleanor" à "Probably Built In The Fifties" en passant par "Leaves", avec en guise de rappel "Travel" et l’incontournable "Saturnine".
Le light show a beaucoup mis Anneke en avant, avec en toile de fond un écran géant diffusant le même genre d’images conceptuelles que lors de la prestation de LIZZARD. Le groupe est très à l’aise, Anneke très souriante et dansante, comme à son habitude, René très impliqué à la guitare... Un concert mené sans accroc, en somme, ponctué d’attentions et d’interactions avec le public de la part d’Anneke.


Mais... Car oui, il y a un mais. Chers ami(e)s lecteurs et lectrices, ne prenez pas ce qui suit comme une insulte envers votre amour pour le groupe... Mais bord d’aile (de mouche – les vrai(e)s auront la référence), qu’est-ce que j’ai pu m’ennuyer... Je m’explique : oui, c’est agréable de revoir le groupe avec Anneke au chant. Oui, c’est cool de sentir qu’ils prennent tous du plaisir sur scène, sans pression... Peut-être pas assez, capitalisant trop sur la nostalgie.
Est-ce que j’ai vieilli ? Sans aucun doute. Est-ce que mon passé de musicien a été irrité devant tant de simplicité dans les riffs ? Probablement. Est-ce que mes découvertes d’autres groupes au fil des ans après la grande époque de THE GATHERING m’ont fait aimer d’autres choses ? Assurément. Car oui, les mélodies sont simples, ou elles sont devenues trop simples à mes oreilles. Je n’accroche plus du tout sur l’univers du groupe, certes riche mais surtout porté par le chant absolument parfait d’Anneke durant cette soirée.
J’ai vraiment eu la sensation qu’elle a porté tout le concert sur ses épaules, et je pense que si elle n’avait pas été là, ç’aurait été un événement plus qu’anecdotique dans la carrière du groupe. D’ailleurs, les seules véritables interactions groupe/public de ce concert étaient plutôt des interactions Anneke/public...
Résuktat, un concert bien mené, sans accroc, mais sans grande surprise non plus, avec une mise en scène minimaliste... Les fans absolus et/ou nostalgiques de leur période collège/lycée ont adoré, et c’est tout ce qui compte. Pour THE GATHERING, le pari semble réussi.
Quant à moi, je reste sur ma faim. Tant pis !
Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio

