
Après la sortie de « Engines Of Demolition » en mars dernier, il était clair que le passage de BLACK LABEL SOCIETY par la capitale serait attendu de pied ferme. Et en effet, le concert a rapidement affiché complet, tant les amateurs de heavy français souhaitaient voir Zakk Wylde et sa bande. Un an après le décès d’Ozzy Osbourne, les hommages sont nombreux sur les tenues des fidèles du groupe, que ce soit à travers des patchs, des tee-shirts ou même des vestes intégralement dédiées au chanteur et à son groupe. Le guitariste, toujours très proche d’Ozzy Osbourne jusqu’à la fin, lui a en effet dédié une chanson, "Ozzy’s Song", que chacun attend impatiemment ce soir. Mais avant de pouvoir remuer les cervicales sur les riffs de "Father Wylde", et de pouvoir rendre un dernier hommage au Prince des Ténèbres, c’est le trio VENOM INC. qui prend le contrôle de la scène.
VENOM INC., c’est le groupe fondé en 2015 par trois anciens membres de VENOM : Jeffrey "Mantas" Dunn, Anthony "Abbadon" Bray et Tony "Demolition Man" Dolan. Du trio d’origine, il ne reste que le bassiste-chanteur aujourd’hui, menant VENOM INC. à s’éloigner de plus en plus de ses racines pour devenir un groupe à part, séparé de VENOM et de VENOM LIVE. Et on le voit dès le début, VENOM INC. se repose beaucoup moins sur son ancêtre VENOM : seules deux reprises du groupe culte sont interprétées ce soir ! La part belle est en effet donnée aux deux albums originaux du trio : « Avé » et « There’s Only Black ». Tony Dolan est fidèle à lui-même dans le rôle du frontman à l’énergie folle et au sourire contagieux, tandis que Curran "Beleth" Murphy propose des solos de guitare plus impressionnants les uns que les autres. Avec un style très différent de Jeff Dunn, le guitariste enchaîne en effet les différentes techniques qui mêlent autant lourdeur que technicité, pour le plus grand bien de nos oreilles ! Au niveau jeu de scène, lumières et communication, on est sur un minimum syndical, sauf au moment où Tony Dolan dédie une chanson à un fan qui les suit sur toute la tournée : "The Arch", interprétée pour la toute première fois par VENOM INC. Un très beau cadeau qui compense largement l’absence du hit "Black Metal", et qui achève de séduire une foule de fans de heavy metal ravis, mais impatients de voir monter "Zakky Boy" sur scène…

C'est flanqué d'une poignée de figurines et portant un masque de catcheur que le viking Zakk Wylde fait son entrée sur scène, pour chauffer la foule ! Hurlant d'excitation, il vient saluer les fans déjà chauffés à blanc, avant une intro plus mystérieuse révélant sa silhouette sur le drap masquant la scène. La double introduction peut sembler étrange, mais si vous suivez les réseaux sociaux du guitariste, vous savez à quoi servent les figurines, véritables personnages principaux de l'Instagram de celui-ci. Les choses sérieuses commencent cependant quand BLACK LABEL SOCIETY se lance dans ''Funeral Bell'', premier parpaing sonore jeté à la gueule de fans se régalant des riffs tels des loups d'une proie.

© Aurélie Renault - DR
Zakk Wylde s'impose comme chef d'orchestre incontesté tant dans son groupe que dans la salle, et par son jeu ultra dynamique, mène la danse qui se met en place dans les rangs. Les singles ''Name In Blood'' (de « Engines Of Demolition ») et ''Destroy & Conquer'' (de « Doom Crew Inc. ») confirment vite cette tendance, alors qu'on tourne notre attention vers John "JD" Deservio et Dario Lorina. Avec une rigueur quasi militaire, le bassiste et le guitariste rythmique assurent un ciment incassable entre les parpaings du viking qui nous toise depuis maintenant quelques minutes, mais avec le sourire et des interactions aussi nombreuses que précieuses avec les fans, qui peinent pourtant à détourner les yeux du légendaire guitariste en centre de scène.

Une fois habitué au son absolument monumental du groupe (une constante au Trianon) et au jeu de haute volée de Zakk Wylde, le public se met de plus en plus en jambe, mettant en place le moment idéal pour l'extrêmement lourd ''A Love Unreal'' et au groovy ''Heart Of Darkness''. Et bien entendu, qui dit Zakk Wylde dit Ozzy Osbourne, et c'est une reprise de la deuxième moitié de ''No More Tears'' qui vient rendre un premier hommage au parrain du heavy metal. La version de BLACK LABEL SOCIETY, sortie tout droit de « Sonic Brew », émeut visiblement les premiers rangs, parmi lesquels on voit autant de métalleux déchaînés et ravis d'à nouveau s'éclater sur ce titre intemporel que d'yeux humides se souvenant avec émotion d'Ozzy Osbourne, l'ami de toujours de Zakk.

Comme pour lui rendre un hommage supplémentaire, ce dernier s’assoit au piano et joue ''In This River'' pour calmer un peu le jeu. La magnifique ballade électrique ''The Blessed Hellride'' prend la suite et dessine des sourires sur les visages émus qui s'étaient formés, mettant le public dans des conditions optimales pour un retour aux morceaux heavy. ''Set You Free'' et ''Fire It Up'' endosseront ce rôle, et enchaîneront les solos absolument monumentaux de Zakk Wylde et Dario Lorina qui sont en feu ce soir.
''Suicide Messiah'' fait hurler chaque fan présent au Trianon, tandis que ''Ozzy's Song'' vient rendre un dernier hommage au chanteur de BLACK SABBATH, ouvrant complètement les vannes pour les larmes des fans de metal endeuillés. On terminera sur un dernier parpaing pour achever la muraille de son de BLACK LABEL SOCIETY : ''Stillborn'', aussi puissant que mélodique, et aussi fort que rempli d'improvisation. Le sourire jusqu'aux oreilles, les Américains quittent la scène, non sans avoir bombardé les premiers rangs de précieux médiators, et Zakk Wylde fait un signe de croix pour bénir la foule. La messe est dite, et le public est ravi d'avoir pu assister à l'un des trop rares concerts en salles du groupe américain !
