21 juillet 2026, 16:48

MOTOCULTOR FESTIVAL

Interview Yann Le Baraillec


Déjà 17 éditions que le MOTOCULTOR FESTIVAL pose ses valises en Bretagne, d'abord à Saint-Avé, puis à Saint-Nolff et désormais, depuis 2023, à Carhaix. Ses programmations n'ont de cesse de séduire les plus grands noms, alors que le public reste à taille humaine. Cette année, le MOTOCULTOR accueillera d'ailleurs entre autres JUDAS PRIEST, WITHIN TEMPTATION, PRIMUS ou encore EMPEROR, témoignant de l'attractivité du festival pour les têtes d'affiche ! Et alors que le deuxième plus grand festival de metal en France approche, nous avons pu rencontrer Yann Le Baraillec, président et fondateur de l'événement open air, afin de découvrir un peu plus les coulisses de ce festival qui fait de plus en plus parler de lui...
 

La 17ème édition du MOTOCULTOR approche. C'est d'ores et déjà une édition de tous les records en terme de programmation. Comment est-ce que tu abordes cette édition ?
Yann Le Baraillec : Sereinement ! Ça va être aussi notre record de fréquentation. Je pense qu'on est parti pour avoir à peu près 10 % de fréquentation en plus. Mais en général, que ce soient les bonnes ou les mauvaises années, ça ne bouge plus trop de maintenant jusqu'au festival. On vend toujours plus ou moins la même chose sur cette période. Alors peut-être qu'on va faire des opérations de communication un peu différentes, mais on va être vraiment au moins à +10 % et c'est déjà beaucoup. Depuis qu'on est à Carhaix, on bat les records de fréquentation ! A un moment donné ça va s'arrêter, mais pas cette année (rire) !

Cela fait plusieurs éditions que vous posez vos valises dans cette ville. J'ai l'impression qu'elle vous le rend bien au vu de la fréquentation en hausse tous les ans. Globalement, est-ce toujours l'histoire d'amour des débuts entre les festivaliers et les habitants ?
Il faut le leur demander, mais je pense que oui ! Le festival existe depuis 2007, on a fait beaucoup de communes dans le pays de Vannes, et ça s'est toujours bien passé entre les locaux et le public metal. Et même dans toute la France, ça se passe toujours bien. Le public metal est cool !

J'ai l'impression que la ville de Carhaix a fait pas mal de choses autour du festival...
Oui, il y a le Motocultor Off, qui est organisé par la mairie. Durant l'été, ils veulent faire des soirées "tribute". A un moment la municipalité est venue nous dire « On pourrait faire ça en même temps que le Motocultor », à la fois pour les gens du coin qui n'ont pas forcément envie de venir sur le festival, et pour que notre public aussi vienne un peu dans le centre ville de Carhaix. Donc l'idée, ce serait le mercredi soir et à certains moments vers midi, qu'il y ait des concerts. Les "tribute" sont orientés pour que ça colle à peu près avec le rock, le metal, le hard rock, le heavy... Et donc, c'est le concept depuis deux ans, et ils vont le refaire. Je voudrais qu'on communique dessus beaucoup plus tôt, car c'est sûr qu'ils arriveraient à faire venir des gens d'ailleurs. En tout cas, je trouve ça sympa d'avoir des concerts aussi dans le bourg.

Vous avez retravaillé plusieurs fois la disposition des scènes. Je crois que tous les ans à Carhaix, il y avait une disposition un peu différente pour tester d'autres configurations. Pour laquelle avez-vous opté cette année ?
Celle qu'on a faite l'an dernier et qu'on va garder cette année est la meilleure pour nous techniquement et celle qui coûte aussi le moins cher. Pour les autres, on a testé en 2024 de mettre les quatre scènes côte à côte, ce qui facilitait les choses à pied. C'était bien, mais maintenant qu'il y a légèrement plus de public, on n'a pas pu garder cette configuration-là. En plus ça n'aurait pas trop marché avec l'accueil de groupes comme MACHINE HEAD l'année dernière, ou JUDAS PRIEST cette année. Il n'y avait pas tant que ça de place derrière les scènes dans la configuration de 2024, avec la restauration placée derrière. Et là, JUDAS PRIEST ont par exemple besoin de garer quelques camions juste derrière les scènes, donc on utilise l'emplacement qu'utilisent les Vieilles Charrues pour la scène Glenmor. Là ça permet de mettre sur du dur deux scènes côte à côte, et c'est plus facile pour les équipes et les scènes d'installer ça sur du plat, pour les groupes de charger et décharger avec un quai. Par contre c'est un peu plus long pour aller de la Bruce Dickinscène à la Dave Mustage. On va faire une sorte de raccourci pour que la zone de restauration soit plus rapidement accessible pour les gens qui viennent de la Dave Mustage, comme ça il y aura un peu moins à marcher. Et la zone de l'entrée va plus se faire du côté de la Bruce Dickinscène, comme on le souhaitait l'année dernière. Quand on arrive, ça sera plus central, et sur la gauche il y aura les scènes Dave Mustage et Suppositor Stage, et sur la droite les scènes sous chapiteaux. Comme ça, après, chacun choisit.
Quant au camping, il reste collé au site. Il y aura moins, voire quasiment pas de tentes devant les scènes comme l'an dernier. On a réussi à disposer les choses autrement. On va faire légèrement différemment le parking et en utiliser un qui était très proche du site pour faire une extension du camping actuel. Comme ça les gens seront moins serrés, car là on était au maximum de ce qu'on pouvait accueillir. Donc, s'il y avait eu 1000 personnes de plus, par exemple le dimanche, je ne sais pas comment on aurait fait. Les festivaliers seront un peu moins serrés, surtout devant les scènes principales, la Dave Mustage et la Suppositor Stage. C'était parfois assez serré comme le dimanche soir l'année dernière avec MACHINE HEAD, où on ne pouvait pas trop marcher pour aller dans l'espace VIP. Il y a donc ces changements : une extension de camping qui permet de gagner de la place et que les gens soient moins les uns sur les autres et qu'il n'y ait plus de campeurs devant la scène, parce ça nous compressait trop dans la circulation du public pour aller et venir du VIP, passer devant les scènes, et si on voulait mettre un bar, dans ce cas-là, on ne pouvait pas. Là on est en train de finaliser l'implantation du site. On ne veut pas agrandir l'espace, on veut garder la même taille que l'an dernier, mais on va réaménager légèrement. Et après, on veut développer les partenariats privés, faire des zones pour des villages et des salons d'entreprises à côté de la tribune pour développer les partenariats privés et nos recettes.


Au niveau de la programmation, le running-order est sorti il y a quelque temps. Évidemment, les festivaliers ont chacun leurs clashs et leurs hésitations, mais ce dont on ne parle pas très souvent dans les articles, c'est son élaboration. Comment le construit-on pour correspondre aux désidératas de plus de 100 groupes ?
Quand on fait une offre à un groupe, on le propose directement. On lui dit « Ce sera sur telle scène à telle heure » et donc on ne propose pas le même créneau à plusieurs groupes en même temps (rire) ! Parce qu'après, nous, pour les faire bouger d'un créneau une heure plus tard ou plus tôt, c'est chaud (rire) ! Quand on fait l'offre, on met une option sur ce groupe-là. Et après dès que c'est validé ou non, ça laisse ou non le créneau libre. Donc oui, des fois on a mis un groupe sur une autre scène à une autre heure sur laquelle on espérait un groupe. Il y a un jeu de chaises musicales pour ainsi dire. On leur demande s'ils veulent, on demande à d'autres groupes de bouger, mais c'est compliqué et long. Mais c'est comme ça que ça se fabrique, on cale les groupes et après on leur dit « vous allez jouer à 14h » ou « Vous allez jouer à 1h30 du matin ». Quand on fait l'offre, il y a toute cette réflexion logistique derrière, savoir s'ils vont avoir le temps de venir, s'ils prennent l'avion, s'ils vont louer en bus, etc.

  

  


Et du point de vue de la programmation, est ce qu'il y a des batailles remportées qui ont été plus difficiles que d'autres ? Par exemple PRIMUS ?
Oui, PRIMUS ! Et puis JUDAS PRIEST, aussi. On leur avait dit non quelques mois plus tôt. Puis ils sont revenus parce que ça les arrangeait au niveau du routing, avec des conditions qui nous correspondaient. Initialement leurs conditions étaient inenvisageables, et plusieurs mois après, ils ont dit : « Finalement on a peut-être une possibilité dimanche. » Et on s'est dit « On a validé ARCH ENEMY et AIRBOURNE, il n'y a plus de place le dimanche ! » Mais en bougeant justement les créneaux, on a réussi à libérer une place. Pour JUDAS PRIEST on a fait cet effort. Puis quand tu dis à AIRBOURNE ou à ARCH ENEMY qu'il faut décaler leur horaire... Je pense qu'il devait y avoir la clôture du dimanche après minuit ou 1h, et généralement les têtes d'affiches n'aiment pas jouer trop tard, mais on a réussi à faire de la place pour JUDAS PRIEST.


Et quel artiste voudrais-tu voir dans un future programmation ? Parce que là, maintenant qu'il y a JUDAS PRIEST, ça ouvre davantage d'horizon...
MEGADETH, j'aimerais vraiment bien avoir la fin de leur carrière. Ce serait cool de les avoir sur la Dave Mustage, mais c'est chaud.

Et à la première annonce, il y avait eu une réaction très négative à SLAUGHTER TO PREVAIL. Étais-tu conscient que c'était un risque d'annoncer ce groupe comme tête d'affiche ?
Quand on me l'a proposé, j'avoue que je ne connaissais pas très bien. Je crois comprendre qu'il aime bien provoquer, mais il fait profil bas depuis un moment. Et puis SLAUGHTER TO PREVAIL se sont engagés pour l'Ukraine, ils avaient fait un morceau contre la guerre et contre le gouvernement russe. SLAUGHTER TO PREVAIL ne semble pas engagé pour l'extrême droite dans les paroles, c'est plutôt un amour pour son peuple, comme beaucoup peuvent l'avoir.

La billetterie est encore disponible en suivant ce lien : Motocultor-Billetterie-2026

Blogger : Jed Mosley
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