21 juillet 2026, 17:31

EINHERJER

"Lifeblood"

Album : Lifeblood

Tout frais, en plein été caniculaire voilà la dernière production des Norvégiens EINHERJER, « Lifeblood ».
J’avancerai bien qu'EINHERJER apporte une patte spéciale au viking metal, un peu à l’instar de celle de PANTERA pour le thrash canonique des années 90. "Bloodborn" qui ouvre le disque a bien cette structure de drakkar affrontant les 1000 rugissants des mers du nord, le bois craque avec la lourdeur de la rythmique et la voile est portée par les guitares martiales, toutefois, comme à l’accoutumée, on note un groove propre au groupe. Les mélodies sont prenantes, les riffs huileux les portent avec force jusqu’aux portes d’Asgard. On se balance de tribord à bâbord en écoutant "At The Threshold’s End" aux délicieuses sonorités pagan. Poussée par une mélodieuse introduction "Gone" se mue en une ruée au chant rugueux et aux guitares sauvages, cependant, entre deux martèlements de cavalerie, un deuxième chant, plus intimiste avec un solo en écho, nous prend aux tripes par son timbre nostalgique.

Il est temps pour un morceau fleuve, "Malstrøm" de s’offrir à nous. EINHERJER fait résonner des mains calleuses sur les peaux tendues des tambours du destin, ainsi que sur les rames qui s’activent bruyamment. La voix récite des aventures de héros oubliés des hommes. Nous nous enfonçons dans les brumes du temps, nous les déchirons à grands renforts de riffs aiguisés. L’allure est à nouveau guerrière, on entend tinter les bords des boucliers soudés en un mur indestructible. Morceau au regard farouche, nous respirons l’air des moments de grande aventure. "Dei Så Ser" prolonge la viking attitude, avec un chant clair empreint d’une religiosité tout acoustique, et non moins poignante. "Arr For Arr" c’est le retour à la baston virile, les riffs dégoulinent de testostérone et la rythmique brûle dans découdre. "Saltworn Runes" est une occasion pour la basse de chatouiller nos tripes pendant un long moment guttural et doom. Très intéressant.

Lorsque arrive en glissant "The Eternal North", l’ultime titre, nous retrouvons cette religiosité que j’évoquais plus haut. La musique prend son temps, les riffs sont obsédants et le chant lointain. Certains reprocheront peut-être à EINHERJER une brochette de passages langoureux, j’ai l’impression que le groupe en avait besoin. Un album gorgé de mysticisme nordique.

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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