Nous vous avions déjà présenté les Nordistes GALIBOT dans une édition antérieure de Labels et les Bêtes pour la sortie de leur premier album « Euh’mau Noir Bis » qui contait avec brutalité la vie dans les mines et nous voici à nouveau pris au piège dans la noirceur sous-terraine grâce à onze nouveaux titres de black metal mélodique regroupés sous le nom de « Catabase ». La catabase, c’est la descente dans les Enfers, symboliques ou non et c’est ici un titre plus qu’approprié au monde décrit.
Grâce à la voix écorchée de Diffamie, les riffs puissants et les rythmes frénétiques, le tout enrobé de mélodies sombres et d’atmosphères pesantes, on se retrouve englouti dans les entrailles d’une terre riche en minerai mais pauvre en humanité. A l’instar de HOULE et son univers marin avec qui il est difficile de ne pas faire le parallèle, GALIBOT nous fait vivre l’expérience terrestre avec un black metal sans détour, percutant mais également envoûtant.
Dès l’intro "Catabase", on se retrouve plongé dans le décor industriel et froid que "Jeanlin" contribue à alimenter grâce à un tourbillon de riffs et de hurlements dévastés seulement entrecoupé d’un break en voix féminine clair et muni d’un final lourd et saisissant. Si "Bleu Noir Rouge" garde globalement le même cap, "Voreux" se veut encore plus oppressant et lugubre. Il fait partie des morceaux qui donnent des frissons, par leur composition mais aussi par le thème mis en cris.
L’interlude "Baptise Terre" et sa guitare arpégée nous enjoint à l’apaisement et au recueillement, avec une belle atmosphère en prime mais le repos n’est que de courte durée car "Pénitent" reprend avec encore plus de blasts, comme pour nous contraindre à nous adonner de nouveau au dur labeur.
L’ultra progressif et nuancé "Les Montagnes Poussent Sous Terre" est vindicatif, glacial, complètement hypnotique alors que "Estaminet part.1" a une touche plus punk, militante, au rythme saccadé et à la construction plus brute. Ce sont deux titres complètement opposés mais d’une grande richesse complémentaire.
"Terril" et "Saint Cordon" peuvent alors être considérés comme plus classiques de la part de GALIBOT et c’est avec l’excellent et surprenant "Mesektet" qui clôt ce nom moins déplaisant « Catabase ». Atmosphérique à souhait, son black metal mélodique est presque lumineux par rapport au reste des compositions. Sans parler de sérénité, il apporte une petite lueur au bout du tunnel sombre grâce notamment à une superposition des hurlements et d’une voix féminine éthérée. Quand la brutalité rencontre la douceur et l’ombre la lumière. Un final des plus aboutis.
GALIBOT est indéniablement un groupe au gros potentiel et dont le succès grandissant est totalement mérité. Avec « Catabase », il marque un peu plus son territoire et apporte une touche d’originalité sans toutefois dénigrer la qualité musicale. Et ce n’est qu’un début.