20 juillet 2026, 18:13

MOTIONLESS IN WHITE

"Decades"

Album : Decades

Désormais devenu l’un des groupes les plus en vue du metalcore, MOTIONLESS IN WHITE ravit les foules avec un show dantesque, une musique aussi abordable que puissante et des visuels forts, inspirés de films d’horreur et de vampires, le tout mené par le charismatique Chris Motionless. Après désormais plus de vingt ans de carrières, le petit groupe de Scranton en Pennsylvanie (oui, la ville de "The Office") a fait bien du chemin, en grande partie grâce à ses trois derniers albums, « Graveyard Shift », « Disguise » et « Scoring The End Of The World », qui l’a vu passer d’un metalcore un peu industriel à un univers cybergoth bien établi.

C’est dans ce contexte que le quintet sort « Decades », un album qui retrace son histoire, mais aussi celle de la musique, tout en cherchant comment aller toujours plus loin musicalement, à l’image de son introduction, "Decades", qui voit le style signature du groupe se mêler plus que jamais à des claviers électroniques réminiscents des années 1980. C’est d’ailleurs le style que le groupe a choisi d’explorer le plus sur tout l’album : la musique électronique ! Si les claviers 80s typiques du cybergoth sont là comme sur « Scoring The End Of The World », son album précédent, on retrouve de nombreux styles électroniques comme le big-beat sur "log_in//crash_out", qui se permet même un sample de "Firestarter" de THE PRODIGY, la techno sur "Blood Rave", ou le dubstep sur "All That I’ve Ever Known". MOTIONLESS IN WHITE se permet aussi, à travers son metalcore mélodique, de revisiter les styles des précédentes décennies, comme le neo-metal sur "Playing God" (avec Corey Taylor), la trap sur "Blood Pact" et même la new wave sur "Love At First Bite" et la reprise de "Sunglasses At Night" de Corey Hart.

Et la performance dans tout ça ? Elle est excellente ! Chris Motionless réussit à adapter sa voix singulière à tous les styles, allant du "blegh" le plus bestial au chant de crooner sur "R.I.P." avec Skylar Grey, tandis que Ricky Olson est plus présent que jamais pour renforcer le chant avec des mélodies plus éraillées et plus torturées que celles du chanteur principal. Les riffs font trembler le sol sur "Fight Like Hell" et les mélodies aériennes de "Afraid Of The Dark" ne demandent qu’à être hurlées au milieu d’un des nombreux concerts de MOTIONLESS IN WHITE en France. Mélanger autant de styles ne se fait cependant pas facilement, et le groupe s’est entouré de Drew Fulk et Justin DeBlieck pour réussir à enchaîner les transitions comme sur "Count Back From Zero", qui résume bien l’album par son mélange de pop, de musique électronique et de metalcore ultraviolent.
MOTIONLESS IN WHITE ne se sont pas contentés de donner une suite à leur discographie, ni de la revisiter simplement, mais ils ont réinventé totalement leur son, qui se prête désormais autant aux mosh-pits qu’aux dancefloors les plus endiablés, sans se perdre complètement en route ! Un véritable exploit !

Blogger : Valentin Pochart
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