Si la réputation des groupes français à l’international s’avère désormais bien établie pour ce qui concerne les formations relevant des musiques extrêmes (black, death, les trucs en core), notre beau pays souffre encore d’un certain déficit, hors de nos frontières, dans le domaine du classic-rock ou du hard rock puisant ses racines dans les 70s et 80s.
Mais ça bouge petit à petit, par exemple grâce aux indestructibles BLACKRAIN. Et leurs petits frères de HARSH, eux aussi biberonnés à la scène glam et sleaze, viennent de frapper à leur tour un grand coup avec leur deuxième album, « Feels », disponible depuis le 3 juillet.
Les Franciliens, déjà auteurs d’un EP, « Slave », en 2018, puis d’un premier long en 2022, « Out Of Control », nous avaient déjà bien mis la puce à l’oreille avec les quelques vidéos disséminées depuis le printemps, dont un "visualizer" de "Don’t Mess With Me" disponible depuis un mois, pauvre en images mais riche en mélodie. Tout laissait présager qu’on allait avoir droit à du lourd.
Résultat, « Feels » répond totalement aux attentes. HARSH livre même un véritable feu d’artifice, aidé par un certain Hannes Braun (KISSIN’ DYNAMITE) au mixage, et on peut facilement dire que la première moitié du disque a le droit de prétendre à l’exceptionnel.
Le titre d’ouverture, "Breakaway", mid-tempo, démontre d’emblée un souci du travail bien fait, guitares appuyées, vocaux élaborés, sens du refrain. Ce qui suit, "All I Ever Wanted", entre instantanément au panthéon des meilleurs hymnes glam. "Fuel To The Fire" prouve que les Français savent aussi écraser le champignon. "Offer You A Rome" apporte quelques touches metal moderne. "Don’t Mess With Me" bénéficie d’un riff imparable. "Forever Yesterday" effectue un petit détour à la BON JOVI avec son ambiance western. "Back To Life" se la joue plus funky, et reste très entraînant.
La reprise du "Maniac" de Michael Sambello (déjà électrifié par IRON SAVIOR ou FIREWIND) est sympa, mais n’apporte pas grande eau au moulin, sinon qu’elle devrait bien mettre le souk en concert. La cover signale également, à notre avis, une fin de disque légèrement moins intense, "Losing My Mind", "Dancing Dancing", "When We’re Together" étant bons, sans non plus donner envie de saisir sa raquette de tennis pour une séance d’air-guitar. La power-ballad "Never Gonna See Me Fall" remplit cependant parfaitement son rôle, avec quelques chœurs bien sentis.
Le bilan de ce « Feels » reste donc très bon, voire très nettement au-dessus de la moyenne. Il constitue une très jolie carte de visite pour la suite, à commencer par une série de concerts au Royaume-Uni et en Allemagne en attendant, on l’espère, un relevage des compteurs en bonne et due forme dans notre beau pays.