23 août 2026, 10:45

NO CURE

Interview Blaythe Steuer


​Alors que le hardcore se fait de plus en plus populaire, et selon certains, de plus en plus lisse, de nombreuses formations plus "DIY" sortent de l’anonymat petit à petit, comme SPY, PIG PEN ou encore DYING WISH, qui viennent nous contredire sur ce postulat. En Alabama, le groupe qui fait le plus parler de lui, c’est NO CURE. Une formation qui mélange ses racines death metal avec un hardcore rageur, et un engagement sans faille au sein de la scène straight edge. Après un 4e EP acclamé dans le monde entier, « I Hope I Die Here », le groupe revient avec le bien nommé « It Is Going To Get Dark », qui s’aventure toujours plus dans la puissance et l’énergie morbide du death metal. Nous avons pu rencontrer le chanteur Blaythe Steuer, qui nous a détaillé la démarche de NO CURE, et parlé de ce "premier" et nouvel album plus puissant que jamais !
 

« It Is Going To Get Dark » est sorti il y a quelques semaines. Que penses-tu des retours que vous avez eus pour le moment ?
Blaythe Steuer : Ça semblait faux, pour être honnête. J’ai tellement l’habitude de gratter, de ramper de constamment justifier notre existence… Et j’ai l’impression que les gens y ont été très réceptifs, et voulaient vraiment l’écouter. Je n’en ai pas l’habitude et j’en suis très reconnaissant !

« I Hope I Die Here » était plus introspectif, et « It Is Going To Get Dark » se tourne plus sur le monde autour de nous et sa laideur véritable. Est-ce plus facile de faire un commentaire sur le monde que de faire sa propre introspection ?
Je ne suis pas sûr. Chaque album se révèle à moi. C’est un peu comme tailler du marbre, tu vois ? Mais il y avait des choses très spécifique que je voulais faire avec chacun. Et la seule chose qui était vraiment plus difficile avec « It Is Going To Get Dark », c’est qu’il y avait plus de chansons, et que j’étais très appliqué à m’assurer qu’il valait la peine de l’écouter du début à la fin. Je ne voulais pas sortir un album sur lequel les gens n’écouteraient que les cinq premières chansons, par exemple. Je voulais qu’ils se sentent forcés de finir tout le truc, et que ça en vaille le coup. Cet aspect a rendu les choses plus difficiles, tout simplement parce qu’il fallait trouver le séquencement parfait pour que les chansons se déversent les unes dans les autres de manière vraiment plaisante, quelque part. Il y a des transitions de chansons sur l’album que je trouve très fun, et je m’en souciais moins sur « I Hope I Die Here ». Mais il était dans un format EP, qui est plus adapté pour balancer quelques chansons d’un coup. Pour celui-ci, je voulais qu’on se fasse happer un peu plus. Je pense que c’était mon but, en quelque sorte.

Vous l’avez enregistré dans une cabane dans les bois avec Kevin Langley. Comment est habituellement votre processus d’enregistrement, et qu’est-ce que l’isolation vous a apporté, selon toi ?
Pour nos deux premières démos, nous nous sommes enregistrés nous-mêmes, et la deuxième a été mixée par un ami. Pour la première, nous nous étions mixés nous-mêmes, donc c’était très "fait maison" ("Do It Yourself" dans le texte, ndlr). C’était vraiment très fun, et on peut vraiment entendre qu’on l’avait enregistré nous-mêmes ! Ces enregistrements sonnent très bruts, et peuvent être très déconcertants, parfois. Mais on a grimpé les échelons à chaque fois. Je ne voulais pas qu’il y ait un grand bond en avant en termes de production. Je voulais que tout semble de travers. Et je pense que pour celui-ci, nous avons trouvé un bon équilibre. Il sonne brut grâce à la manière que nous avons eue de l’enregistrer. La plupart des prises de batterie ont été faites en une fois, Duncan (Newey, ndlr) les jouait simplement sans les reprendre. Puis on a construit à partir de son timing naturel. Ce n’était pas, par exemple, une piste à 120bpm précisément. Si le tempo variait vraiment beaucoup, et ne pouvait pas marcher en une seule prise, on refaisait des prises complètes pour avoir la prise parfaite. Mais pour ce qui est d’aller dans les bois, c’était super, parce qu’il y avait une vraiment mauvaise Wi-Fi (rire) ! Et il fallait tous qu’on se concentre et qu’on passe du temps ensemble pour finir tout ça. Ça aide vraiment quand on a autant de chansons, et autant de nuance, de se réunir ensemble.


Il y a quelques featurings sur l’album. Comment ont-ils été enregistrés ? Sont-ils venus avec vous pour enregistrer ?
Sur cet album, nous n’avons pas enregistré les featurings nous-mêmes. On a fait ça par le passé, quand nos invités étaient locaux, ou quand on était en tournée et que ça s’alignait bien. Pour Jay Way de BAYWAY, qui a chanté sur "Brain Matter Displacement", il a enregistré complètement seul, chez lui, en gros, d’après ce que j’ai compris. Tyler Short d’INCLINATION, qui chante sur "Ironclad" a en fait été enregistré par Isaac Hale de KNOCKED LOOSE dans son studio, ils l’ont fait ensemble très rapidement. Et Tyler est un super chanteur de hardcore, je suis vraiment fan de comment il fait les choses ! J’admire vraiment ce gars. Skyler (Conder, ndlr) de VARIALS et CELL, qui a chanté sur "Sharpen The Blade" a enregistré dans son home studio. Dans les crédits de l’album on a mis "dans sa caverne", et j’ai juste copié/collé ce que Skyler m’avait dit par message. Il me fait vraiment des messages débiles, j’adore ce gars ! Et Vincent (Bennett, ndlr) de THE ACACIA STRAIN qui est sur "Purity Spiral" a été enregistré par Mike Recon (Mike Mulholland de son vrai nom, ndlr), du groupe RECON, comme tu peux l’imaginer. Il a joué dans EMMURE pendant un moment, puis il a été guitariste de THE ACACIA STRAIN, et ils l’ont enregistré à Albany. Et ce qu’ils ont fait, on ne peut pas imiter ça !

J’ai beaucoup aimé "Everything I Love Is Dead Or Dying", qui dépeint selon moi un tableau très sombre mais réaliste de notre monde aujourd’hui. Comment fais-tu pour affronter tout ça, en particulier aux Etats-Unis ?
Oui, je trouve ça très alarmant, pour être honnête avec toi. Chaque jour, je me réveille et je me fais bombarder d’informations horribles qui dépassent mon entendement. Je comprends que c’est de ma faute car j’ai un téléphone et que je le regarde, mais c’est vraiment un fil ininterrompu de difficultés traumatisantes dont on ne peut pas détourner les yeux. Ça arrive à des gens qu’on ne connait pas, mais on le voit tous les jours, et chaque jour il y a une nouvelle chose horrible où on se dit « Mon dieu ! » Donc oui, ça a commencé à me peser. Je ne sais pas ça veut dire sur moi, mais il y en a tellement actuellement que j’ai l’impression qu’à cette époque où les informations sont extrêmement rapidement disponibles, les choses négatives sont beaucoup plus mises en avant. J’ai l’impression que ça affecte vraiment les gens… Et je voulais en parler.

Le son sur cet album m’a beaucoup rappelé le death metal, comme CARCASS ou les débuts de SUICIDE SILENCE, parfois même SANGUISUGABOGG, tout en ayant l’énergie hardcore. Quelle est la recette pour mélanger aussi parfaitement les choses ?
Eh bien, il n’y a pas vraiment de recette, parce qu’on collabore vraiment tous ensemble sur tout ça. Mais je dirais que si tu essayais de comprendre nos influences vraiment principales, il y a les fondations d’un côté, comme HATEBREED, TERROR, ce genre de choses, et tu as par exemple DYING FETUS en face. Puis tu as aussi DEATH et CARCASS tout en haut, puis tu essaies de trouver un peu un juste milieu. Mais tu sais, l’influence vocale est très différente aussi. J’ai l’impression qu’il y a plusieurs couches à tout ça. Il y a aussi beaucoup d’amour pour la musique vraiment extrême comme le war metal dans le groupe également, donc ces styles apparaissent parfois. C’est plus divers, je pense, que beaucoup de groupes, et je déteste dire ça, mais j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de spécial dans la manière que ça a de s’assembler quand on joue ensemble !

C’est vrai que j’ai pu le constater quand vous avez joué avec STICK TO YOUR GUNS à Paris il y a quelques mois !
Génial ! On revient, à vrai dire ! On va faire une tournée européenne en novembre et en décembre cette année (le 6 décembre 2026 à Paris avec THROWN, ndlr), en première partie de THROWN, COUNTERPARTS et HEAVENSGATE. On sera le groupe très méchant de cette tournée (rire) ! Ils sont tous un petit peu plus metalcore, peut-être un peu plus accessibles que nous, et on va faire nos trucs de méchants, on va dépasser comme une écharde (rire) !

Pour revenir à l’album avant de parler plus longtemps de la tournée, j’ai beaucoup aimé "Slowly Turning Blue", qui décrit une overdose quasiment en temps réel, et ça semble très réaliste…
C’est à vrai dire une expérience partagée pour plusieurs d’entre nous dans le groupe. Par respect pour les personnes concernées, je ne veux pas trop en parler, mais c’était quelque chose qu’il fallait extérioriser. Cette chanson peut avoir plusieurs interprétations, je pense, mais elle a trouvé un plus grand écho auprès du public que ce que j’imaginais, et j’ai trouvé ça réconfortant de savoir que des gens s’y identifient. C’est aussi très triste que des gens s’y identifient, car, bordel, ce n’est pas une bonne chose ! On n’est pas censés être jeunes et ne pas pouvoir compter sur les gens qui sont censés s’occuper de nous. C’est vraiment brutal. Il y a aussi beaucoup de couches à ce commentaire social, ainsi que des implications politiques. C’est un sujet très dense, et je n’essaie pas avec cette chanson de dépeindre les addicts comme des démons, ce n’est jamais mon but. J’espère vraiment que personne ne sortira ça de son contexte.


Vous êtes straight edge (en très bref, une culture liée au hardcore qui revendique la sobriété et l’absence d’usage de drogue entre autres, je vous invite à faire vos recherches dessus, car cette culture est trop riche pour la résumer dans cette parenthèse, ndlr) et vous le revendiquez dans les paroles de quelques chansons, comme "Ironclad" et "I Am Still Fucking Straight Edge"…
Ouais, on peut éventuellement se dire que nous sommes un groupe straight edge (rire) ! "NO CURE Straight Edge" est notre nom complet (rire) !

Effectivement (rire) ! Mais pour nos lecteurs qui découvrent peut-être le groupe ou cette culture, comment t’es-tu tourné vers la culture straight edge ?
A vrai dire, c’est lié à "Slowly Turning Blue". Tu sais, certaines expériences que j’ai vécues quand j’étais enfant m’ont mené à me dire que je ne voulais pas répéter de cycle. Tu sais, j’essaie de ne pas traîner ces choses dans ma vie. J’ai eu ces idées à un âge très jeune, ce qui n’est pas génial. J’aurais dû me préoccuper d’autres choses, comme de jouer à Donjons et Dragons, aux jeux vidéos, etc. Je l’ai aussi beaucoup fait, mais tu comprends ce que je veux dire… Bref, une fois que j’ai réalisé que cette idéologie existait, et qu’il y avait une communauté autour, que j’ai découverte en allant voir des concerts locaux, en écoutant des groupes sur YouTube, j’ai trouvé que ça m’allait comme un gant. Je me suis donc revendiqué straight edge quand j’avais 14 ans, et je le suis depuis plus de la moitié de ma vie maintenant. Je suis vraiment reconnaissant d’avoir pu faire partie de cette communauté si jeune, parce qu’elle est vraiment très positive, et c’est vraiment sympa de pouvoir se lier à des gens sur des idées fondamentales. J’ai l’impression que quand je rencontre quelqu’un de straight edge, je peux comprendre plus de choses à propos de cette personne qu’avec quelqu’un d’autre. Il y a une expérience partagée, parce que c’est un truc de dingue de faire ça ! Ce n’est pas juste ne jamais faire la fête ou ne jamais boire, ce n’est simplement pas attendu. L’expérience humaine moyenne inclut ce genre de détente chimique. Et en retirant cela, on a quelque chose en commun, tu vois ? Je suis donc très reconnaissant pour ça en général.

Et parfois, peut-être que ça peut faire que les gens peuvent plus facilement compter sur toi, quelque part, à l’opposé de "Slowly Turning Blue", quelque part.
Je n’y avais pas réfléchi comme ça. J’ai l’impression que les gens sont souvent bizarres avec ça, parce que le fait que je ne boive pas, que je ne fume pas et que je ne consomme pas de drogue ne les regarde pas vraiment, mais ils font comme si ça les concernait. Alors que je dis juste « Non, je ne prends pas ça. » Je ne dis rien sur eux à travers ça, c’est juste mon truc. Mais les gens projettent beaucoup de leurs insécurités sur les straight edge, ce que je n’ai jamais compris.

Une autre de mes chansons préférées était "Starved In Sanctuary", qui parle aussi d’addictions, mais surtout d’une addiction que les gens oublient  souvent : celle aux réseaux sociaux, qui sont de plus en plus utilisés comme une arme médiatique de nos jours. Comment peut-on éviter la manipulation à travers toute cette propagande ?
Je n’ai pas de bon conseil là-dessus, car j’ai échoué. C’est pour cela que j’ai écrit cette chanson. Je n’ai pas la réponse. Ça semble simplement omniprésent, et je ne peux pas faire ce que je fais pour ce groupe et vivre ma vie sans, parce que je programme des concerts par moi-même dans la scène hardcore et metal, et on ne peut pas le faire sans avoir des mails constants et un accès continu aux réseaux sociaux. C’est comme si je n’avais aucun moyen de m’en éloigner. Tu sais, quelque part c’est sympa que les gens puissent communiquer instantanément dans le monde entier, il y a une certaine magie dans cela, c’est génial, c’est l’innovation humaine ! Mais il y a aussi beaucoup de négatif qui accompagne ce fait. Et il y a beaucoup de gens qui tentent d’en prendre avantage, te manipulent, et ils le font sans même que tu le réalises. La plupart du temps, c’est vraiment insidieux. Donc ouais, je n’ai pas d’idée pour l’éviter, et ça me désole parfois. Tu rejoins souvent ces plateformes pour avoir des gens à qui t’identifier, et à qui parler, puis tu as des pubs à propos de la politique, et de choses qui semblent sortir de nulle part. Littéralement de la propagande ! Ce ne sont même pas des pubs, la plupart du temps. C’est la manière dont fonctionne l’algorithme. Ils te passent dans un entonnoir vers de petites communautés rien qu’en regardant une publication un peu trop longtemps, et ils se disent « Oh, tu veux être de droite. », ou de gauche… Puis ils te tamisent de plus en plus dans ces communautés, et poussent les gens vers les extrêmes, parce qu’ils pensent que tu veux être dans ces chambres d’écho. C’est ce qui fait qu’on a l’impression que la réalité est plus poussée dans une certaine direction. Les algorithmes mettent les gens dans ces silos de croyances extrêmes, et à un moment, ça mène au terrorisme et ce genre de choses. Ça éloigne vraiment les gens, et ça normalise ça parce qu’on le voit sur toutes les applications, dans toutes les infos, et c’est vraiment taillé pour ne te montrer que ce que l’algorithme pense que tu veux voir. C’est auto-réalisateur. Et je pense que ça monte des gens contre le monde entier, en particulier les gens solitaires qui n’ont pas de vraie communauté pour vraiment les accueillir. Les réseaux font penser vraiment que tout est merdique, et cette rage constante, cet outrage constant, de discours constant… Mon dieu, ça te brise et ça t’écrase !


© Nick Chance | Sharptone Records


​Quelle chanson de l’album correspondrait le mieux à ton humeur actuelle ?
Je ne veux pas dire "Everything I Love Is Dead Or Dying", car ça semble un peu dramatique. Je suis de plutôt bonne humeur, en général. J’aime parler de l’album. Donc j’imagine que "When The Spasms Cease" y correspondrait plutôt bien ! ça parle de quelqu’un qui va se faire broyer, et ça me plait. On la joue actuellement en tournée, et elle est vraiment fun à jouer ! Tout le monde sourit et saute depuis la scène pour slammer, pendant. Les gens la chantent même déjà, alors qu’elle n’est sortie que depuis quelques jours ! Je n’arrive pas à le croire ! Je pensais que quand on jouerait ces chansons, tout le monde m’aurait fixé, mais ils ont l’air d’aimer ! Je suis très reconnaissant de ça.

En plus de celles-ci, lesquelles ont l’air de vraiment prendre en live ?
Je vais être honnête, j’ai été très agréablement surpris par la réception de toutes les nouvelles chansons qu’on joue en live ! Quand on joue une nouvelle chanson, on s’attend un peu à ce que ça prenne un moment pour que les gens l’assimilent, voient comment elle fonctionne, et comment les paroles sont, avant de vraiment participer. Normalement, quand on joue une nouvelle chanson, les gens me regardent pour savoir ce qu’ils écoutent, et c’est très bien. Je ne m’attends pas à ce que les gens deviennent dingues d’un coup sur de la musique qu’ils ne connaissent pas. Cependant, les gens deviennent vraiment dingues immédiatement sur de la musique qui leur paraît immédiatement familière, et c’est juste génial ! On commence le set par "When The Spasms Cease", et il y a tout de suite des gens qui sautent de scène ! On joue aussi "Oblivion Crusade", qui voit se dérouler de vrais crimes dans le mosh (rire) ! J’ai vu des gens faire des trucs bien vilains sur cette chanson, et j’adore ça ! C’est exactement pour ça qu’on l’a faite. Puis on joue "Brain Matter Displacement", et sur cette chanson, Jay chante avec nous sur la tournée, ce qui est génial. Puis sur le passage où je chante « Smash you skull into the pavement ! », les gens m’arrachent le micro des mains et me sautent dessus, en me cassant un peu la gueule (rire) ! J’adore ! Sur "Ironclad", les gens sautent pendant toute la chanson, j’ai parfois du mal à le croire ! Cette chanson dure 2 minutes, et a 3 refrains, c’est très pop dans la structure, et les gens semblent s’y identifier très vite ! On joue "Convulsing In The Dark" depuis quelques temps, donc on l’a jouée avant qu’elle ne sorte. Elle a un passage de mosh de dingue, et les gens adorent ! Ce passage est vraiment très drôle ! Je pense que ce sont toutes celles qu’on joue du nouvel album. Ça fait beaucoup de nouvelles chansons pour un petit groupe !

Comme on le disait un peu plus tôt, vous avez joué à Paris avec STICK TO YOUR GUNS, BODYSNATCHER et ELWOOD STRAY il y a quelques mois. Qu’as-tu pensé de cette expérience ?
Paris était le concert européen qui nous a le plus rappelé un concert américain, si tu vois ce que je veux dire. C’était notre première fois en Europe, et on était presque inconnus, pour être honnête. A beaucoup de ces concerts, on jouait pile quand les portes s’ouvraient, et les gens qui entraient ne nous connaissaient pas. Les gens nous recevaient, regardaient, écoutaient, et essayaient de savoir s’ils aimaient le groupe. Et à Paris, on était nouveaux pour les gens, mais il y avait déjà des gens qui semblaient avoir hâte de nous voir, et pas seulement les autres groupes ! Tu étais là, tu as pu voir qu’il y a eu des trucs assez dingues ! Paris était probablement le concert le plus amusant qu’on ait joué sur cette tournée. Il y a eu des concerts plus gros, mais c’est celui où on s’est simplement amusés, et c’est le genre de concerts qu’on veut jouer, dans des salles plus petites où les gens s’empilent et chantent avec nous ! C’est ce qui compte pour nous ! Et comme on revient cette année, c’est le concert que j’attends le plus !

Comme on l’a évoqué en fil rouge au cours de cette interview, vous récoltez petit à petit avec NO CURE le fruit de votre travail, avec une popularité grandissante à chaque tournée. Qu’est-ce que ça te fait, de voir que ton message se transmet aussi bien ?
Eh bien, c’est bizarre, honnêtement. Ça ne me semble pas évident d’une certaine manière, parce que ma vie a assez peu changé. Rien n’a vraiment changé ! On gère toujours notre propre merch, on passe du temps avec les gens, on conduit un peu partout… Enfin, en Amérique, car en Europe on n’a pas le droit de le faire. On dort encore tous dans le van tous les soir, on joue toujours dans des salles petites et pleines de sueur… On fait exactement ce qu’on veut faire ! Donc on n’a pas vraiment l’impression de vraiment gagner en popularité à cette échelle. Je n’ai pas l’impression qu’on fasse un truc gigantesque, on joue juste des concerts de hardcore faits maison, et on passe un super moment… Et en même temps, je vois que ça va plus loin que d’habitude, donc je ne sais pas jusqu’où ça va aller, mais j’ai hâte de le savoir. Je ne veux cependant pas perdre le côté "DIY" de ce qu’on fait. C’est très important pour moi ! On va continuer à faire ce que l’on veut, peu importe combien de personnes l’aiment !
 



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