7 août 2026, 15:06

ELECTRIC CALLBOY

Tanzneid

Album : Tanzneid

Seulement sept ans après avoir dû annuler une date e concert à la Boule Noire de Paris (capacité entre 100 et 200 places), ELECTRIC CALLBOY a fait bien du chemin ! Après le tourment de l’album « Rehab », qui a vu le départ du chanteur historique, Sebastian "Sushi" Biesler, fondateur de GHOSTKID par la suite, le groupe a recruté Nico Sallach et est passé du nom ESKIMO CALLBOY à ELECTRIC CALLBOY, sortant un premier "vrai" hit : "Hypa Hypa". Le titre est un vrai succès, et lui permet d’effectuer des tournées européennes à la pelle, mais c’est vraiment l’album « Tekkno » qui vient planter le clou, et lui permet de passer en seulement cinq passages à Paris du Trabendo au Zénith ! De plus en plus populaire, le groupe allemand est passé de la formation que tout le monde aimait détester pour son style electro-emo-metalcore, à une véritable tête d’affiche, qui s’offre aujourd’hui un Accor Arena le 15 février 2027. Le tout en un EP et un album avec Nico Sallach !

L’objectif de « Tanzneid » est donc évidemment de ne pas perdre en popularité, et de continuer sur cette lancée, et le groupe le sait très bien. C’est donc naturellement que celui-ci a fait le choix de tenter de sortir le hit de l’été, trois étés de suite, en 2024, 2025 et 2026 avec "Ratatata", "Elevator Operator" et "Tanzneid", qui ont tous les trois rencontré le succès escompté. Une poignée d’autres singles sont également parus entre l’annonce de l’album « Tanzneid » et sa sortie, créant un phénomène de plus en plus habituel : 80% de l’album était déjà connu du public à la veille de la sortie officielle de celui-ci ! Il est donc difficile d’aborder l’album comme tel, certains morceaux ayant accompagné nos soirées depuis désormais plus de deux ans, et perdu l’aspect "nouveau" qui les faisait briller au début. En tant qu’amateur du style et fan de longue date d’ELECTRIC CALLBOY, je connaissais évidemment tous ces singles, mais j'ai tenté d’aborder l’album comme tel, comme si je ne l’avait pas écouté à 80% avant sa sortie, mais il est évident que ce biais ressortira peut-être par moments.

On commence donc l’album par le single qui lui donne son nom : "Tanzneid". Si le titre ne nous parle pas, nous qui avons choisi d’apprendre l’espagnol au lieu de l’allemand au collège, il évoque une envie de danser qui devient irrépressible pour l’auditeur de la chanson. On devine immédiatement aux premières notes que ce titre, et peut-être même cet album complet, est supposé prendre une suite immédiate à l’album « Tekkno », qui a mené le groupe aussi loin. ELECTRIC CALLBOY ramène donc tout ce qui a fait son succès, des claviers acidulés aux riffs saccadés et heavy, en passant par le scream puissant de Kevin Ratajczak.
Nico Sallach chante avec une énergie plus pop que jamais, et on réalise que même si on a déjà l’impression d’avoir entendu ce titre de nombreuses fois sur « Tekkno », la formule reste efficace. Le breakdown, qui aurait pu faire trembler la scène "Rave" de Tomorrowland vient renforcer cette impression, avant de rappeler qu’ELECTRIC CALLBOY reste un groupe de metalcore (rappel qui reviendra régulièrement).

La chanson-titre de cet album résume déjà bien les choses : nous sommes en terrain connu, mais toujours aussi efficace. Et ce ne sont pas "Ratatata" et "Hypercharged" qui changeront cette impression. Les deux chansons restent de vrais hits, heavy et efficaces, même si le second est passé un peu plus inaperçu que le featuring avec BABYMETAL. ELECTRIC CALLBOY se mélange très bien avec ses invités, qu’il sublime, et à qui il rend hommage. Par exemple, "Let The Good Times Roll" rend hommage à l’invité spécial de la chanson : Dexter Holland et THE OFFSPRING ! Du titre aux samples présents avant et après le breakdown, tout est fait pour rappeler que le groupe californien est dans la place, et les voix de Nico Sallach et Dexter Holland se mêlent parfaitement par-dessus les claviers ultra efficaces et entraînants. Les paroles sont un peu vides, mais on n’est pas là pour ça ! "Elevator Operator" nous le rappelle d’ailleurs avec ses paroles plus stupides que jamais. La chanson voit en effet ELECTRIC CALLBOY mettre en avant un opérateur d’ascenseur (vous savez, comme Droopy dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ), pour un tableau aussi absurde que réussi, à grands renforts de breakdowns sur le thème des ascenseurs.

Mais comme ELECTRIC CALLBOY n’est pas uniquement un groupe comique, le ton devient plus grave sur le très heavy "Heartclub", l’une des deux chansons pas encore sorties au 7 août 2026. Celle-ci encourage l’auditeur à s’accepter, sur fond de riffs ultra heavy, sur lequel Nico Sallach fait monter plus que jamais sa voix puissante. C’est ça qu’on veut ! Le sérieux ne dure cependant jamais avec nos amis allemands, et on se retrouve immédiatement projetés dans une parodie des BACKSTREET BOYS sur "Just The Way You Are", qui reprend presque à la virgule près la formule de "Hurrikan" en remplaçant le "German schlager" par de la pop de boys-band. On fait donc un peu semblant d’être surpris par le twist vers le metalcore ultra violent, par ailleurs très bien interprété, mais on passe vite à la piste suivante : une reprise de "Still Waiting" de SUM 41. Celle-ci est assez intéressante si on aime le côté heavy de l’originale, car ELECTRIC CALLBOY ne se contente pas de la reprendre telle quelle, mais renforce la lourdeur des riffs pour aller avec des paroles plus d’actualité que jamais, avec le batteur Frank Zummo en renforts (celui-ci est d’ailleurs déjà présent en live avec le groupe depuis le départ de David-Karl Friedrich en 2025).
On revient au sérieux sur "The Savior", aux claviers rappelant plus les jeux vidéo que les boîtes de nuit cette fois, laissant plus de place aux guitares pour s’exprimer. La bonne humeur est au rendez-vous malgré les paroles invitant l’auditeur à revenir écouter cette chanson quand il ira moins bien, et si on n’est évidemment pas sur de l’expérimental ou du très surprenant, on est très satisfait de ce titre inédit. L’album se termine sur le single "Revery", qui puise de nouveau du côté sérieux d’ELECTRIC CALLBOY, pour un morceau plus heavy et rêveur que le reste de l’album, qui aurait pu surprendre si on ne l’avait pas déjà entendu.

ELECTRIC CALLBOY livre donc la continuation de « Tekkno » avec ce sympathique « Tanzneid », mais la stratégie de sortir 8 singles sur les 10 chansons de l’album nous enlève ce sentiment de surprise quand on découvre un album après une longue attente (quatre ans tout de même). A l’image du dernier album de BRING ME THE HORIZON, le disque est bon, mais on se dit à la fin de l’écoute qu’on n’est pas très surpris, alors qu’on l’a peut-être été plusieurs fois au fil des mois, single après single. « Tanzneid » est donc bien la suite dansante et énergique qu’on attendait pour la discographie d’ELECTRIC CALLBOY, mais donne un peu l’impression (injuste, je sais) de se reposer sur ses lauriers, de continuer sur sa lancée et d’appliquer la même formule que le disque précédent, au demeurant très bon, gâchant au passage les effets de surprise de ses chansons par une sortie en pointillés depuis deux ans.

Blogger : Valentin Pochart
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