8 août 2026, 16:29

QUICKSAND

Interview Walter Schreifels


Cinq ans après « Distant Populations », la légende du post-hardcore QUICKSAND sort un nouvel album : « Bring On The Psychics » paru le 17 juillet chez Equal Vision et Rude Records, marquant la volonté du trio de renouer avec ses racines en revenant à New York. Après plus de trente cinq ans de carrière, le groupe de Walter Schreifels (chant, guitare), Sergio Vega (basse, chant) et Alan Cage (batterie) n’a plus rien à prouver et parvient toujours à nous surprendre. À l’occasion de cette sortie, nous avons échangé avec Walter Schreifels.
 

L’album « Bring On The Psychics » sort sur deux labels dont l’un se trouve à New York (Equal Vision Records) alors que les précédents étaient sortis chez Epitaph Records. Est-ce une façon de revenir aux sources de ce qui fait votre musique ?
Walter Schreifels : C’est assurément un retour aux sources. C’est génial de travailler avec Epitaph et on est très reconnaissants pour l’expérience qu’on a pu y vivre mais Equal Vision était vraiment le meilleur choix pour cet album.

Votre album est plus mélodique que les précédents. Avez-vous eu envie de tester un nouveau genre de hardcore ?
On a enregistré une reprises de "Liberation Frequency" de REFUSED pour leur album de covers. Ça m’a permis de chanter en screamant et je crois que ça m’a donné envie de faire des chansons en alternant entre la façon dont je screamais avant et celle que j’utilise maintenant. Cet album est donc beaucoup plus proche du style de hardcore qu’on faisait à nos débuts.

Est-ce que vous vous inspirez parfois de vos albums précédents pour écrire de nouvelles musiques ? Que ce soit pour aller dans une direction ou dans une autre ?
Récemment, j’ai réécouté « Manic Compression ». À l’occasion de l’anniversaire de l’album, Rough Trade a mis un forum Q&A en ligne, c’était très amusant. C’était intéressant de l’écouter après toutes ces années. Je ne l’ai pas vraiment utilisé comme référence pour l’écriture mais peut-être que je devrais.


J’ai vu que vous n’aimiez pas donner une interprétation qui prévaudrait sur les autres, mais pouvez-vous me parler de la signification de certains titres ? "Get To It" par exemple ?
Bien sûr ! "Get To It" est assez évidente : c’est surtout pour se moquer des excuses qu’on trouve pour ne pas faire certaines choses alors qu’en réalité, on a très envie de les faire. La musique contient un vrai sentiment d’urgence donc j’ai essayé d’écrire des paroles qui allaient bien avec. Je crois que le fait de penser au temps qui passe inévitablement peut être une vraie source de motivation.

Quelles méthodes avez-vous utilisées pour lutter contre la procrastination ?
Tout d’abord, j’essaie d’admettre que je procrastine. Ensuite, j’essaie de briser ce cycle petit à petit pour créer une sorte de dynamique. Je crois que la procrastination prend plus facilement racine dans la peur que dans la paresse, même si celle-ci joue également un rôle.

Qu’est-ce qui vous permet de vous régénérer ?
Étrangement, une excellente façon de se régénérer est, en réalité, de dépenser plus d’énergie. J’aime aller courir parce qu’après ma course, je me sens plus énergique. C’est une façon de se rappeler à soi-même qu’on peut se replonger dans l’engrenage dont on a besoin.

Dans "Crystallize", vous prenez du recul en repensant à une version plus jeune de vous. Qu’est-ce que vous lui diriez aujourdhui ?
J’imagine que ça en fait partie. Je voudrais me dire de ne pas me prendre la tête pour des bêtises et que, si tout n’est que bêtises, ça finit par s’arranger à la fin et si ça ne s’est pas arrangé, ça veut dire que ça n’est pas la fin.


Quels sont les jours et les souvenirs vers lesquels vous courez ?
Je crois que je cherche à aller vers les souvenirs agréables, les moments importants de la vie, les bons moments avec la famille et les ami(e)s, l’émerveillement de l’enfance. Je trouve que ce sont des moments agréables mais on ne peut vraiment les vivre qu’une seule fois.

Sur vos réseaux sociaux, vous avez posté une vidéo disant que vous aviez filmé quatre clips en une journée. Comment se sont passés ces quatre tournages en un ?
Je dois dire que tout a eu lieu grâce au réalisateur Jesse Korman. J’ai conservé une bonne énergie et j’ai fait de mon mieux mais Jesse s’est vraiment donné à fond dans ce projet et on s’est beaucoup amusé. L’équipe était géniale aussi. Je crois que la pression qu’on s’est mise pour faire toutes les vidéos nous a aidés à atteindre l’objectif.

Vous avez été très lié à de nombreux groupes de hardcore des années 90 et 2000, non seulement par votre background musical mais aussi par les collaborations que vous avez faites. Quelles évolutions avez-vous observées dans la scène hardcore depuis que vous en faites partie ?
Aujourd’hui, la scène hardcore est beaucoup plus large et ouverte à toutes sortes de personnes. Je pense que ça n’est pas tant un genre musical qu’un genre de code, d’éthique particulière et d’esthétique très "DIY". Je pense que la communauté est plus vivante que jamais et j’adore voir combien de gens ont trouvé leur place dans le hardcore.


© Annette Rodriguez | Equal Vision Records


Dans votre vie quotidienne, vous écoutez des groupes de hardcore émergents ? Ou vous écoutez plutôt d’autres genres de musique complètement différents ?
Je continue de m’informer des grosses sorties des groupes de mes amis. Je suis encore très au courant des nouveautés du hardcore grâce à GORILLA BISCUITS et YOUTH OF TODAY. J’ai la chance d’être au plus près de l’actualité, même à mon âge. J’adorerai toujours l’époque où j’écoutais du hardcore quand j’étais adolescent, même quand j’y repense objectivement aujourd’hui. C’est incroyable et j’adore pouvoir continuer d’en faire partie.

Vous faites partie des groupes pionniers du hardcore, ceux qui ont aidé à définir le genre. Est-ce que cette étiquette vous aide à écrire ou bien vous bloque-t-elle dans le sens où vous cherchez l’innovation à tout prix plutôt que de laisser libre cours à vos envies ?
​Pour moi, c’est un honneur d’être considéré comme une influence. Je fais de la musique depuis des décennies et voir que les jeunes générations la trouvent toujours pertinente est simplement merveilleux. Cela dit, il y a longtemps, j’ai appris à écouter ma propre muse et je ne cherche pas vraiment à répondre aux attentes des autres en-dehors des miennes et de celles des autres membres du groupe.

Blogger : Ivane Payen
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