On peut dire ce que l’on veut mais Nergal et sa petite troupe n’ont pas leur pareil pour être tout le temps sous les feux des projecteurs. BEHEMOTH fait parler de lui, sur album, en live, en vidéo, sur les réseaux mais en tous cas le groupe est là, sous nos yeux. Certains l’aiment, d’autres le détestent, certains découvrent le black/death des polonais, certains le rejettent, le trouvant trop théâtral, trop produit, trop « tout ». N’en déplaise, BEHEMOTH est bien là cette année avec un nouvel album. Tout du moins, avec quelques nouveautés, car « I, Scvlptor », s’il contient huit morceaux, ne renferme pas que des nouveautés. Il y en a bien sûr, mais on y trouve aussi des anciens morceaux revisités, des reprises et un live. « I,Scvptor » est un pont entre l’ancien et le nouveau BEHEMOTH, un hommage aussi aux influences majeures du son qui caractérise son son. Et également une formidable occasion de se procurer du merchandising, en différentes versions, en différents formats, bref d’investir.
Le premier, et nouveau, morceau est "I,Scvlptor", monumental, imposant, brut et donc théâtral. A nouveau, chacun y verra ce qu’il veut. Avec un rythme lourd, un riff entêtant et des passages rapides, c’est un titre percutant et, si on s’en réfère à la vidéo extraite, visuellement marquant. A son écoute, on ressent le processus de création, de forge, de sculpture de Soi, difficile, cruel parfois et nous ramène aussi à notre existence aussi laborieuse qu’éphémère. Prenant.
Le sombre "Lord Ov The Horizons" montre un aspect plus black et aussi plus heavy de BEHEMOTH. A la fois mélodique et aux vocaux chantés par moments, il se transforme en un morceau hargneux et vindicatif ensuite, décrivant la relation malsaine entre un père qui rejette son enfant, et un fils ignoré qui doit se construire par lui-même.
"Rise Of The Blackstorm Of Evil" est un titre très black écrit en 1992, initialement paru sur la démo « The Return Of The Northern Moon » mais revisité à la sauce BEHEMOTH 2026, c’est-à-dire bien plus orchestré, plus sophistiqué, toujours aussi diabolique tout de même. Il en est de même pour "In Thy Pandematernvm" de « Pandemonic Incantations » en 1998 qui garde son côté brut et rapide mais prend une autre dimension avec une production à la hauteur du potentiel du morceau.
Vient ensuite l’hyper accrocheur "Begotten" qui devait être initialement sr « The Shit Ov God » mais trop en marge par rapport au reste de l’album. Le titre mélodique et très rock vient un peu comme une pause lumineuse au sein d’un combo obscure.
C’est la reprise de VENOM "In League With Satan" qui à l’honneur de présenter un duo Nergal / Shagrath de DIMMU BORGIR aux vocaux. Massif, brutal, c’est un bel hommage à l’original.
Le live "The Return Of Darkness And Evil", reprise de BATHORY, a été enregistré lors du concert d’Athènes, avec la présence de Sakis Tolis de ROTTING CHRIST en vocaliste invité. Une grosse baffe, puissante, terrassante même.
« I, Scvlptor » se termine par le studio Rough Mix de "Lord Ov The Horizons", une version, comme son nom l’indique, brute de décoffrage mais non dénuée d’intérêt.
Bref, vous l’aurez compris, cet album de BEHEMOTH s’adresse en particulier aux fans qui souhaitent toujours découvrir du nouveau matériel de leur groupe préféré et acquérir l’entièreté de ses productions. Cependant, il mérite le détour, en particulier pour les nouveaux titres particulièrement intéressants.