Une première journée anniversaire placée sous le signe de l’intensité...
On se retrouve en terre ardennaise pour le Festival Cabaret Vert, qui souffle cette année ses 20 bougies. Une telle longévité, ce n’est pas rien dans le monde des festivals de musique.
Au fil des ans, le festival a clairement su se démarquer des autres en proposant toujours des affiches très intéressantes et variées en termes de styles, en plus d’avoir sa propre identité au niveau de sa localisation, en bord de Meuse, avec ses quatre scènes différentes, qu’elles soient plus traditionnelles ou installées au milieu des arbres. De quoi donner envie au public, quel que soit son univers musical, de faire le déplacement.
À l’affiche du jour : DEFTONES, accompagné des fraîchement récompensés aux Grammy Awards, les très populaires TURNSTILE, ainsi que RISE OF THE NORTHSTAR, venu nous présenter son dernier album.
On retrouve également le très bon groupe de punk SPEED, qui mélange riffs et flûte à la perfection, BODY COUNT feat. Ice-T, ainsi que le cultissime ULTRA VOMIT et la formation qui a le vent en poupe, fraîchement revenue d’une première partie de LINKIN PARK : LAST TRAIN.

17h - SPEED
La journée commence avec SPEED et il est difficile de faire mieux pour lancer ce week-end. Le show débute par une introduction à la flûte traversière, de quoi poser l’ambiance dès les premières secondes, avant que l’ensemble du groupe ne lance "Real Life Love", qui frappe de plein fouet un public déjà présent devant la scène principale.
La chose qui saute aux yeux, en plus des oreilles, quand on assiste à un concert de SPEED, c’est l’énergie débordante de chaque membre du groupe et la passion qu’il dégage. C’est saisissant.
Le discours du leader Jem Siow ne manque pas non plus de dynamisme. Toujours le sourire aux lèvres, il prend le temps d’échanger avec le public entre deux chansons. Il explique que c’est la première fois qu’il joue sur une scène avec une avancée vers le public et n’en revient toujours pas que, sept ans après avoir créé ce groupe composé de ses meilleurs amis et de son frère Aaron Siow -, ils en soient arrivés là.
Il précise également qu’ils n’ont besoin ni de costumes, ni de masques, ni de peinture pour s’exprimer. La musique hardcore s’est tout de même bien démocratisée et rassemble aujourd’hui davantage de monde, et pas seulement dans les petites salles !
La férocité du concert ne faiblit jamais. Les deux frères prennent même le temps de switcher de position le temps d’un titre, permettant à Aaron Siow de quitter la scène pour aller chanter, micro à la main, au milieu des fans du premier rang. Une communion parfaite avec le public.
"We See You, Kill Cap" ou encore "The First Test" complètent une setlist remplie de riffs qui ne laissent personne indifférent, comme le montrent les nombreux slams, headbangs et 2-step qui rythment la fosse.
Tout cela est accompagné d’une joie de vivre qui fait un bien fou à voir sur scène. L’ensemble des membres du groupe s’amuse et le public du Cabaret Vert aussi. De quoi commencer les festivités sur les chapeaux de roue !
Nous allons indiscutablement entendre parler d’eux.
18h40 – BODY COUNT feat. Ice-T
Le message Parental Advisory – Explicit Content apparaît sur l’écran, accompagné d’une alarme qui nous fait bien comprendre qu’il est temps pour BODY COUNT et Ice-T de se joindre à la fête avec "Body Count’s In The House".
Pour être honnête, je n’étais pas du tout familier avec le groupe et ce serait vous mentir que de dire que je n’ai pas été surpris par la violence que j’allais prendre durant l’intégralité du set.
Comme un symbole, quelques gouttes de pluie commencent à tomber sur la foule lorsque le groupe interprète le cultissime "Raining Blood" de SLAYER. Heureusement pour nous, ce n’est que très bref... mais malheureusement pour les photographes, Ice-T n'est visiblement pas décidé à laisser les gens au sec. Il prend en effet le temps d’arroser les photographes avec sa bouteille d’eau.
Totalement surpris par la prestation proposée, je prends un moment pour me retourner et regarder autour de moi. Les spectateurs semblent ne former qu’un, headbangant tous ensemble, accompagnés de tonnes de slams qui mettent d’ailleurs pas mal à contribution la sécurité. Il semblerait que je ne sois pas le seul à être abasourdi par la férocité du show.
Mention spéciale à "The Purge", qui chauffe à blanc le public du Luxembourg, comme le souligne Ice-T tout au long du concert. Une petite erreur géographique dont on ne va pas lui tenir rigueur au vu de l’intensité procurée par l’ensemble du groupe...

"Psychopath" transforme Ice-T en tueur sanguinaire qui s’en prend à Little Ice, qui finit la bouche en sang en rampant sur scène. Tout est chorégraphié à la perfection. Un peu de scénographie vient ponctuer le show sans jamais le couper et apporte une touche supplémentaire à la prestation. L’enchaînement Wall-of-Death sur "Drive By", "Talk Shit, Get Shot" puis "Cop Killer" vient clôturer le concert. C’est pendant ce dernier morceau que Little Ice se lance dans la foule, micro à la main, pour terminer le set de la plus radicale des manières. Je ne m’attendais pas à une telle intensité dans le public, n’étant pas un expert de BODY COUNT. Et ce n’est clairement pas pour me déplaire. Au contraire : la qualité du show est non négociable du début à la fin.
20h30 – TURNSTILE
Le soleil commence doucement à nous quitter pour laisser place à TURNSTILE, le groupe qui rafle tout sur son passage depuis plusieurs années. Et ce n’est visiblement pas près de s’arrêter au vu du nombre de produits dérivés du groupe qu’il est possible d’apercevoir sur le site.
C’est maintenant au tour des auteurs de fouler les planches de la scène Zanzibar avec "Never Enough", repris à l’unisson par l’ensemble de l’assemblée. Les frissons sont de sortie de mon côté.
De quoi commencer les hostilités de la meilleure des façons avec l’enchaînement de "T.L.C.", qui transforme la fosse en pogo géant réunissant toutes les générations.
Une heure de concert qui passe en quelques secondes. Il n’y a quasiment aucun temps mort entre les chansons : "I Care", "Holiday" ou encore le très bon "I Don’t Wanna Be Blind" et sa ligne de basse mettent tout le monde d’accord.
À défaut de pouvoir grimper sur scène, comme il est assez logique de le faire lors d’un show de TURNSTILE, le public se contente de tout retourner dans la fosse, dans une atmosphère électrique si caractéristique des concerts du groupe.
Avec, en bonus, des plans caméra splendides directement depuis la fosse et de superbes images du public diffusées sur les écrans géants, l’immersion est particulièrement réussie.
Ajoutons à cela un son impeccable qui rend l’ensemble phénoménal. TURNSTILE est clairement une valeur sûre et un groupe à ne plus jamais manquer en live !

21h48 – LAST TRAIN
J’essaie de quitter la scène principale pour me rendre à la Razorback, qui est d’ailleurs une très belle référence à la Warzone, où joue le groupe français LAST TRAIN, fraîchement revenu d’une première partie lyonnaise avec LINKIN PARK.
J’arrive au moment où le concert est interrompu à la demande du chanteur Jean, à la suite d’une altercation dans le public. Cela vaudra malheureusement au groupe un set globalement plus court que prévu.
Le show reprend finalement avec une énergie débordante et un public qui semble conquis. Malheureusement, il est déjà l’heure pour moi d’aller récupérer un peu d’énergie dans l’un des nombreux stands de restauration présents sur le site avant de retourner vers la scène principale pour DEFTONES...

22h20 – DEFTONES
Ayant quitté les premiers rangs, je me retrouve assez éloigné de la scène. Grâce à cela, je suis cependant en mesure d’en apprécier l’ensemble, composée de trois écrans qui diffusent, au fil des morceaux, des vidéos accompagnant Chino Moreno et ses comparses, avec des fonds assez poétiques selon les tableaux.
Mention spéciale au tableau de Chino qui surplombe la scène durant "SexTape" avec en arrière-plan des vagues venant s’entrechoquer sur une plage, ainsi qu’au très beau tableau sur "Changes".
En parlant du frontman du groupe, ce soir, il semble prendre son pied sur scène. Impossible pour lui de rester en place : sauts, courses, mouvements en tout genre... et cela ne se fait absolument pas au détriment de sa performance vocale, qui est impeccable.
Accompagné par un son d’ensemble vraiment bon, il utilise toute la scène et ne boude pas l’avancée de celle-ci pour se rapprocher au maximum des fans du premier rang, qui l’accompagnent au chant.
Les titres du dernier album et les grands classiques s’enchaînent à vitesse grand V : "Swerve City", "Around The Fur", "Milk Of Madonna" ou encore le cultissime "My Own Summer". Tout y passe et la set-list est particulièrement généreuse.
Le tout est exécuté avec une précision chirurgicale, un minimum syndical d’échanges entre les titres. Mais face à un public pourtant largement conquis par la bande à Chino, difficile de leur en tenir rigueur.
Une chose est sûre : que l’on soit un fan inconditionnel ou un novice comme je le suis, il y a quelque chose de spécial dans l’interprétation de ces titres dans un lieu comme celui-ci, un bon soir d’été, entouré d’arbres illuminés et de toutes ces décorations.

RISE OF THE NORTHSTAR
Je décide de quitter DEFTONES pour retrouver les Français. Suite à leur très bon dernier album, le groupe a posé son décor japonais, une nouvelle fois du plus bel effet, sur la scène Razorback.
Le show ne fait pas dans la dentelle et attaque directement les hostilités avec "Neo Paris", suivi de "Showdown" et "Welcame". Les quatre samouraïs arrivent une nouvelle fois à mettre tout le monde d’accord !
C’est alors le moment de la surprise de la soirée. Pour le morceau "One Love", le groupe ENHANCER les rejoint sur scène afin d’interpréter le titre dans une ambiance de camaraderie générale, aussi bien sur scène que dans la fosse.
Un très beau moment pour la scène française qui, au fil des années, a grandi et est devenue encore plus incontournable. Comme l’annonce Vithia, « il est important de soutenir la scène française ! »
Le show se termine avec "Again and Again". Une chose est sûre : on en redemande. Rendez-vous donc le 20 mars 2027 au Zénith de Paris !
Minuit passé – ULTRA VOMIT
Je prends les mots au pied de la lettre et décide de finir la journée avec ULTRA VOMIT, un groupe qu’il n’est plus vraiment utile de présenter.
ULTRA VOMIT nous informe que le show de ce soir est filmé par Arte, de quoi rendre la prestation d’autant plus mémorable.
Comme l’annonce Fetus, il y a eu du monde ce soir. Au vu de l’heure, il est désormais minuit passé et le public est totalement entré dans l’univers déjanté d’UV.
Que l’on aime ou non, il faut reconnaître le talent musical que dégagent ces quatre compères sur scène. Il est indéniable et permet de clôturer parfaitement cette première soirée des 20 ans du Cabaret Vert.
Les classiques s’enchaînent : "Un Chien Géant", "Doigts de Metal", "Takoyaki", "E-Tron" et, surprise du soir, la présence de Mouss (MASS HYSTERIA), qui rejoint évidemment le groupe sur scène pour la chanson "Mouss de Mass".
Toujours sur le fil entre show humoristique et excellente prestation musicale, derrière la gaudriole se cache un talent de composition indéniable.
Mention spéciale également aux effets pyrotechniques présents sur scène.
C’est ainsi que je termine ma journée au Festival Cabaret Vert, qui, je le répète, fête cette année ses 20 ans d’existence !
Et il faut dire que c’est amplement mérité. Le site est parfaitement agencé en termes de stands de restauration, de boissons et de merchandising, mais surtout au niveau du son.
À noter également, comme chez son compère nancéien, la présence sur l’ensemble du site d’un système de bière-express utilisable avec le cashless, lui aussi présent sur le festival.
Mention spéciale à la couverture Internet sur le site, qui est absolument parfaite, peu importe l’heure et le nombre de personnes présentes autour de soi. Et cela ne doit clairement pas être une mince affaire.
Ajoutons à cela les divers décors répartis sur l’ensemble du site, qui prennent une toute autre envergure une fois la nuit tombée. C’est vraiment très beau !
Si vous lisez ces lignes et que, dans les prochaines années, l’affiche de ce festival vous intéresse, je ne peux que vous encourager à venir expérimenter ce super festival.
Une chose est certaine : le Cabaret Vert va continuer à faire parler de lui, et définitivement dans le bon sens !
Photos © Christian Ballard - Portfolio-Deftones/Turnstile - Portfolio-BodyCount/Speed
