4 septembre 2026, 17:15

ACCEPT

"Teutonic Titans 1976-2026"

Album : Teutonic Titans 1976-2026

Encore un mastodonte du heavy metal qui célèbre un demi-siècle d’activité. Cette fois nous allons parler des allemands ACCEPT. Il est vrai qu’il ne reste guère que Wolf Hoffmann aux commandes, le légendaire chanteur Udo Dirkschneider a cédé la place à Mark Tornillo. Pourtant la production musicale du groupe a demeuré d’une grande qualité. Il en est de même des prestations scéniques, nous l’avons constaté au dernier Hellfest. Pour célébrer l’événement ACCEPT nous livre un best of de 19 titres (50 fallait pas rêver) avec 50 invités de marque (donc y a bien du 50) pour sublimer les titres légendaires. La période couverte est en réalité uniquement de 1980 à 1989. Voici « Teutonic Titans 1976-2026 ».

Avez-vous déjà imaginé "Fast As A Shark" en mode speed thrash ? On invite Phil Anselmo (Rex Brown attend le second morceau pour faire claquer sa basse), Kirk Hammett et Mikkey Dee, soit une voix plus grave, un riff de tueur qui sent le "Kill 'em All", ainsi qu’une frappe ultra rapide, et vous obtenez un résultat savoureux.
Pour "Balls To The Wall" c’est plus poussé encore, Rob Halford et la guitare de Matthias Jabs apporte une texture très power metal, le titre s’en trouve dépoussiéré. "Aiming High" est exécuté avec une audace folle, le heavy metal allemand se voit réinterprété par des maîtres de la thrash bay area : Chuck la voix de TESTAMENT, Gary Holt d'EXODUS ou encore Dave Ellefson, bref une talentueuse façon de redécouvrir ACCEPT.

Paradoxalement pour "Run If You Can" nous gardons une structure heavy metal, c’est le chant de Todd La Torre qui nous hypnotise par sa présence, il se réapproprie complètement le titre. Cet album est l’occasion découvrir des artistes moins connus, Jason McMaster sur "Hellhammer" m’a littéralement sidéré avec ses lignes de chant. De même pour le canonique "Metal Heart", Dino Jelusić allié à Mark Tornillo cela donne un duo de chants complémentaires et l’arrangement musical, déjà unique à l’origine, est poussé encore plus loin dans le power symphonique.

On pourrait dérouler longtemps cette liste d’invités incroyables. Hansi Kürsch de BLIND GUARDIAN impose sa présence vocale à travers "Losers And Winners", survolté et luisant de riffs huileux. Tobias Forge était attendu pour "Save Us", c’est groovy à souhait, on retrouve sacrément l’empreinte de GHOST. Les puristes seront peut-être désappointés. Plus classique est l’intervention de John Bush d'ARMORED SAINT sur "Up To The Limit", enfin vu l’énergie déployée ce n’est pas rendre hommage en qualifiant de classique à ce pur hit des années 80, car l’envie de pousser la sono à fond est bien présente. Enfin, ce que je veux vous dire c’est qu’on ne s’ennuie pas une seconde, loin d’être juste un défilé de stars ce double-album est l’occasion vibrer sur des classiques avec une flopée de musiciens qui ont fait cette divine époque.

Je tiens à citer les grands moments. "Love Child" surprend avec au chant Billy Corgan, mélange surprenant des genres, toutefois le contre-point de Mark Tornillo créé une réelle alchimie. "Demon’s Night" est agressif et rugueux avec Bobby Blitz. J’attendais d’entendre Sebastien Bach sur "London Leatherboys", on se retrouve dans un délicieux swinging london pré-Judassien, décomplexé au possible. On l’attendait, mais "Pincess Of The Dawn" doit être une chasse gardée de Udo Dirkschneider, alors ce sera "Restless and Wild" qui conclue la virée des potes, l’ancien catcheur Chris Jericho y fait des merveilles.

Un best de ouf d'ACCEPT, car loin d’être un simple dépoussiérage ce double-album est une relecture, une nouvelle exécution de classiques parmi les classiques. Dieu que ce serait merveilleux d’assister un jour à une représentation live avec tous les invités. Bon faudrait juste une scène énorme !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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