Ça s’active un peu dans l’univers NIGHTWISH en ce moment, qu’on parle du groupe ou de ses extensions. Le claviériste Tuomas Holopainen a déclaré avoir bien avancé dans la composition du successeur de l’album « Yesterwynde » (2024), et la chanteuse Floor Jansen a confirmé sortir son album solo, « Hytress » en janvier prochain, un single, "Bring Me Silence" étant déjà disponible.
L’ancien bassiste et chanteur Marko Hietala effectuera une étape parisienne sous son nom fin octobre. Et, ce mardi 25 août, c’était au tour de l’ex-chanteuse, de 2007 à 2012, Anette Olzon, de venir nous rendre visite, dans le cadre d’une tournée européenne débutée fin juillet. Un périple apparemment vite monté, avec des musiciens brésiliens pour accompagner l’artiste suédoise, dont un guitariste qui a déjà fait ses valises pour une raison qui n’a pas été précisée, et a été remplacé.

Une date pas vraiment idéale, peu de communication, ainsi que le prix légèrement prohibitif du ticket - quand même 60€ sur place -, expliquent sans doute la faible affluence de cette soirée, calée dans un Nouveau Casino qui se remet à accueillir du metal. Donc une centaine de personnes, dont un bon tiers de public féminin, mais clairement motivées.
Et ceci dès la première partie, ORKHYS, des Franciliens déjà auteurs de deux disques, et un EP en mars 2026. Leur metal symphonique avec chanteuse et étonnamment sans claviers (remplacés par des bandes) rencontre dès le début du concert l’approbation des spectateurs. Le son ne s’avère pourtant pas idéal, mais la bonne humeur des musiciens, l’entrain de lLaurène Telennaria au chant, qui joue également de la harpe, très bon substitut au piano, et plusieurs morceaux bien ficelés, emportent la mise.
Mentions spéciales au très mélodique "Guardians Of Our Lives" (« un de nos tubes », ose Laurène), aligné en deuxième position et introduit à la harpe, et au final "Home", à la mélodie instantanément mémorisable et sur lequel le public participe avec conviction.
Nous avions apprécié Anette Olzon lors de ses passages avec NIGHTWISH à Paris, en 2008, 2009 et 2012, quelques mois avant son départ du groupe. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et on ne peut pas dire que la Suédoise ait beaucoup fait parler d’elle. Il est donc assez savoureux de la voir revenir avec un répertoire entièrement constitué de chansons de la formation finlandaise qui l’a éjectée, en provenance des deux albums auxquels elle a participé, « Dark Passion Play » (2007) et « Imaginaerum » (2011). Un joli pied de nez à ses ex-collègues, délivré en compagnie de mercenaires brésiliens, dont se distinguent le bassiste et chanteur Felipe Duarte, aussi chauve que Marko Hietela est capillairement doté, mais en possession lui aussi d’une bonne voix grave, et le claviériste Vithor Moraes, dont l’instrument se taille, à bon escient, la part du lion dans le mixage live.
Olzon a bien compris qu’il lui faut proposer les tubes de l’époque, mais ravit également le public avec des titres rarement, voire jamais entendus en live. On peut ranger dans la première catégorie le puissant "7 Days To The Wolves" qui ouvre le bal, le hit "Bye Bye Beautiful", ou le terminal "Last Ride Of The Day", qui nous rappellent de bons souvenirs.
Des hits sur lesquels se déchaîne une très en voix Anette, 55 ans et 3 enfants, comme elle se présente elle-même (« du temps de NIGHTWISH, j’avais 35 ans et un enfant », rigole-t-elle), contente d’être là et qui le fait savoir à plusieurs reprises. Elle endosse même sur son ensemble jupe noire/bustier rouge un tee-shirt noir siglé du nom de la capitale française en fin de show (tandis que son claviériste, lui, a décoré son instrument d’une petite Tour Eiffel).
Les fans hardcore de NIGHTWISH guettent avec impatience les titres plus obscurs ou rarement joués, d’autant que la Suédoise y va souvent de son commentaire. « Je ne comprends pas pourquoi on n’a jamais fait ça en live », regrette-t-elle par exemple avant le calme et celtique (avec passage western) "Turn Loose The Mermaids", qu’on redécouvre avec plaisir. "Rest Calm", en milieu de concert, ou encore "Meadows Of Heaven", en fin, se voient également ressuscités, pour le plus grand bonheur du public.
Pas de rappel, les musiciens enquillent tranquillement durant une heure et demie leurs 12 chansons (c’était 13 deux jours auparavant à Londres et sur une bonne partie des dates précédentes), "Scaretale" passant regrettablement à la trappe. Tout autant que sans doute le morceau le plus attendu de la soirée, "I Want My Tears Back", jamais interprété lors de cette tournée… Qu’importe, tout le monde quitte le Nouveau Casino avec le même sourire que celui affiché en permanence par Anette Olzon au cours de la soirée, et c’est bien là l’essentiel.