
Après 14 ans d’existence, les HOLLYWOOD VAMPIRES sont devenus l’un des noms incontournables du hard rock américain. D’abord side-project autour d’Alice Cooper, Joe Perry et Johnny Depp, Tommy Henriksen l'a intégré en 2015, puis HOLLYWOOD VAMPIRES est vite devenu l'activité principale de Joe Perry, désormais loin d’AEROSMITH, et un projet aussi important pour Alice Cooper que sa carrière solo. Pour 2026, les vampires les plus connus de toute la Californie nous invitent à les retrouver à l’Adidas Arena, en plein quartier de la Porte de la Chapelle à Paris. Les fans se regroupent donc devant l’arène toute neuve afin de reprendre les classiques du rock et les compositions de « Rise », accompagnés ce soir de THE LAST INTERNATIONALE, l’une des étoiles montantes du rock actuel.
Dans la pénombre de l’Adidas Arena, les fans de rock pur et dur se massent contre les barrières et se placent dans leurs sièges, prêts à recevoir leur lot de riffs et de solos de guitare ! C’est à THE LAST INTERNATIONALE donc, qu’incombe la lourde tâche de préparer le terrain pour les HOLLYWOOD VAMPIRES (tels Renfield pour Dracula, pour nos amis amateurs de littérature). C’est donc avec un morceau fort que le quartette (dont le line-up a évolué récemment) se présente sur scène : une reprise de "Kick Out The Jams" du MC5, dans une version plus proche de celle de RAGE AGAINST THE MACHINE ! Si la réaction du public se fait timide, il faut avouer que la performance est belle, et même si le volume de la guitare est assez bas, on apprécie le solo à la Tom Morello d’Edgey Pires et les envolées vocales de Delila Paz. La section rythmique, elle, se fait très discrète, laissant aux deux membres fondateurs le soin de prendre la scène d’assaut, et c’est ce que Delila Paz tente de faire sur "Wanted Man", s'emparant de l’avancée de scène, évitée jusque-là. Elle prendra même tout l’espace sonore lors d’une chanson clavier-voix, avant de se lancer dans des remerciements destinés aux HOLLYWOOD VAMPIRES, et se jettera comme cela lui arrive souvent dans l'assistance pour un dernier morceau, bien que celui-ci soit assez tiède (attention à l’hydrocution dans les bains de foule). Si le public n’est pas chaud bouillant pour ce set, on reste agréablement surpris par la détermination, le professionnalisme et la présence scénique de THE LAST INTERNATIONALE, qu’il faut définitivement voir en live au moins une fois !

A peine le temps d’aller se restaurer ou se désaltérer qu'HOLLYWOOD VAMPIRES approchent déjà ! Une introduction mélangeant images de synthèse, IA et photos d’archives nous accueille dans l’antre des HOLLYWOOD VAMPIRES, dévoilant le visage squelettique de ses quatre membres. Reprenant à peu de choses près le début de la set-list de leur dernier album, « Live At Montreux », le groupe commence par une série de compositions ainsi que par une reprise de "I’m Eighteen" d’Alice Cooper. Rendant hommage aux illustres vampires ayant arpenté les routes avec eux, à l’image d’Ozzy Osbourne, Jeff Beck et Lemmy Kilmister, les HOLLYWOOD VAMPIRES projettent les noms de ceux-ci en fond de scène pendant "Raise The Dead" et "My Dead Drunk Friends", avant de les invoquer musicalement par des reprises.

Johnny Depp prend le micro pour une version de "Venus In Furs" du VELVET UNDERGROUND et de "People Who Died" de THE JIM CARROLL BAND, très bien interprétés par ailleurs. Chacun des quatre HOLLYWOOD VAMPIRES officiels prend son tour de chant, Joe Perry chantant surprenamment "You Can’t Put Your Arms Round A Memory" de Johnny Thunders, ainsi que "Bright Light Fright" d’AEROSMITH, tandis que Tommy Henriksen nous réserve une interprétation bluffante de "Highway To Hell" d’AC/DC.

Les moments forts s’enchaînent, comme l’hommage à Jeff Beck sur "Beck’s Bolero" ou la reprise désormais traditionnelle depuis 2022 de "The Death And Resurrection Show" de KILLING JOKE, mais on remarque que le public demeure assez statique, malgré les efforts d’Alice Cooper pour le faire réagir avec ses petites mises en scène à base de cannes et de chapeaux haut-de-forme dont il est passé maître depuis des décennies. Le groupe déroule sans faillir, même quand Joe Perry subit un problème technique au début de "Walk This Way", immédiatement rattrapé par l’intégralité de ses compères qui répète la première mesure sans se concerter.

Alice Cooper saisit sa guitare pour "Heroes" de David Bowie, et la gardera assez longtemps, à notre grande surprise, mais il la rangera pour interpréter le traditionnel "School’s Out" qui clôt tous ses concerts depuis les années 1970. Le géant du rock est vétu pour l’occasion d’un costume complet blanc, et armé d’un poignard, explose les ballons qui se promènent désormais sur le public. Le rappel se fait court mais efficace : "The Train Kept A-Rollin’" de Tiny Bradshaw, et, Alice Cooper indique qu’on l’aura voulu, "Hi Ho Silver Lining" de THE ATTACK et Jeff Beck. Avec un magnifique dernier hommage à leur guitariste préféré, HOLLYWOOD VAMPIRES terminent ainsi un concert impeccable en tous points, mais dont le public passablement statique aura un peu refroidi l’ambiance.
Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio
