12 septembre 2026, 19:14

156/SILENCE

Interview Jack Murray & Jimmy Howell


Avec la sortie de « From A Distance », son nouvel album, le groupe 156/SILENCE continue de repousser les limites de son style déjà réputé pour sa violence viscérale et son imprévisibilité. Plus dense, plus sombre, le disque confirme une formation qui refuse obstinément de rentrer dans une case. L’occasion parfaite de revenir avec eux sur sa création et ses thématiques.
 

Quel a été le point de départ de ce nouvel album ?
Jack Murray : Ca a en fait été l'album précédent. Nous avions commencé à travailler sur celui-ci avant même d'avoir enregistré le précédent ; c'est dire à quel point nous écrivons. Je crois que le premier single retenu pour cet album était "No Arms" ; c'est une excellente deuxième piste, entraînante, qui fait suite à l'intro.

Qu'est-ce qui distingue ce disque de vos précédentes sorties ?
Jimmy Howell : Je pense que cet album est ce que nous avons fait de plus expérimental et de plus mélodique à ce jour. Nous avons vraiment cherché à travailler l'atmosphère et à explorer des émotions différentes de celles que nous avions abordées auparavant. Même s'il présente des similitudes avec « People Watching », je pense qu'il sera évident qu'il s'agit d'un disque très différent.

Y avait-il un thème ou une émotion en particulier que vous vouliez explorer tout au long de l'album ?
Jack :
Je dirais que le thème central de l'album est la perte. Perdre quelque chose ou quelqu'un et devoir continuer à avancer malgré tout. Le processus d'écriture et d'enregistrement a été long, et je suis tout simplement heureux que nous soyons toujours ensemble.

Si vous deviez choisir un seul titre pour représenter au mieux l'album, lequel serait-ce et pourquoi ?
Jack : Je dirais "Cannon Fodder" ou "Order & Entropy". Ces deux titres illustrent parfaitement le metalcore à l'ancienne tout en reflétant notre vision d'une ambiance à la fois onirique et sombre. Mike Hranica a également fait un travail incroyable sur son apparition ; c'est un honneur de l'avoir sur un morceau.


L'album comprend des collaborations avec donc Mike Hranica, mais aussi Alex Reade et Tony Castrati ; pouvez-vous nous dire comment ces collaborations ont vu le jour et ce qu'elles ont apporté à l'album selon vous ?
Jack : Nous avons eu une chance incroyable avec les invités de cet album. On a simplement tenté notre chance et ils ont tous accepté. Ils ont tous les trois fait un travail formidable et apportent énormément à l'album. Chacun d'eux possède une identité unique. Ce sont de vrais professionnels dans leur domaine. C'est un véritable honneur d'avoir Alex, Mike et Tony à nos côtés.

Le titre "From a Distance" a été décrit comme étant "le plus inspiré par Twin Peaks". Pouvez-vous expliquer pourquoi ?
Jack : Sur le plan instrumental, je n'arrivais pas à me défaire de l'image de Leland et de la tristesse qui émane des parties de piano dans Twin Peaks, celles qui rendent certaines scènes si douloureuses. C'est une chanson d'amour, mais une chanson d'amour qui finit mal. Dans Twin Peaks, il y a un sentiment d'espoir, mais aussi ce rappel constant de la mort de Laura, ce qui a beaucoup influencé la chanson.

À quoi ressemble votre processus d'écriture aujourd'hui ?
Jack : Jim commence par la partie instrumentale et j'écris par-dessus. Nous avons toujours procédé ainsi et, pour l'instant, c'est ce qui nous convient le mieux.

Votre musique est souvent chargée d'une forte émotion. Les paroles viennent-elles généralement avant la musique, ou l'inverse ?
Jack : La musique d'abord, puis les paroles. J'écris en fonction de ce que Jim me transmet à travers ses instrumentaux. Le plus difficile est de trouver une mélodie qui me satisfasse. Ensuite, j'ajuste les mots pour qu'ils sonnent le mieux possible et qu'ils aient du sens par rapport au sujet.


Y a-t-il un titre de l'album qui a été particulièrement difficile à terminer ?
Jack : "Secret Room" a été le plus difficile pour moi sur cet album, simplement parce que je n'arrivais pas à décider ce que je voulais faire du refrain. Une partie de moi voulait tout crier, tandis qu'une autre me poussait à chanter. Finalement, nous avons opté pour des cris sur le refrain, et je pense que c'était la meilleure solution.

"Proxy Idols" aborde le culte de la célébrité ; pouvez-vous nous raconter l’histoire derrière ce morceau ?
Jack : Je sature complètement face à la figure moderne de la "célébrité" ou de "l’influenceur", ainsi que face au renouvellement incessant de ce - et de ceux - à qui nous sommes censés prêter attention. Les gens se focalisent sur ces "idoles" que l’on propulse sur le devant de la scène puis que l’on écarte comme du bétail. Il est question de sujets futiles, qui comptent peu à l’échelle globale mais énormément pour les esprits étroits.

Votre musique mêle chaos, mélodie et lourdeur de manière très organique. Comment trouvez-vous cet équilibre ?
Jim : Je pense que l'équilibre est l'élément le plus important. Je suis convaincu qu'en musique, si l'on joue en permanence dans la lourdeur ou le chaos, on perd en impact et en efficacité. J'essaie simplement de m'assurer que tout me semble naturel lors de la composition. J'ai appris à ne jamais forcer la lourdeur ou la mélodie, car tous les morceaux n'ont pas besoin d'un "breakdown" ou d'un refrain mélodique.

Cherchez-vous toujours activement à repousser les limites de votre son, ou avez-vous le sentiment d'avoir trouvé votre identité en tant que groupe ?
Jim :
 Si je dis un jour que nous avons totalement trouvé notre identité de groupe, alors j'estimerai avoir échoué en tant que compositeur. Certes, nous avons une sonorité qui nous est propre, mais dès l'instant où nous cessons d'expérimenter et d'essayer de nouvelles choses, nous tombons dans une routine ; cela devient alors moins excitant et moins amusant.

L'album a été produit par Josh Schroeder ; pouvez-vous nous raconter comment cette collaboration s'est mise en place et ce que vous en avez pensé ?
Jim :
 Travailler avec Josh a été notre meilleure expérience en studio, et de loin. Il nous comprend parfaitement, ainsi que ce que nous voulons faire ; sans lui, nous n'aurions pas pu réaliser cet album. Nous avons hâte de continuer à travailler avec lui à l'avenir.

On a l'impression que vos chansons sont faites pour être vécues sur scène. Dans quelle mesure l'expérience du live influence-t-elle votre façon de composer ?
Jack : Depuis que je fais partie du groupe, nous avons toujours cherché à sonner mieux en concert que sur les enregistrements ; c'est un défi de taille aujourd'hui, vu la qualité du son que Josh obtient en studio. Nous avons la chance d'être entourés de musiciens talentueux et d'avoir un ingénieur du son génial, Jeremy, pour nous faire sonner au mieux. Il n'y a rien de pire que de voir sur scène un groupe qu'on adore écouter en album mais qui sonne horriblement mal en live. C'est plus facile de conquérir le public quand on a un bon son. Quant à la composition, il m'est arrivé d'écrire des chansons plus adaptées à la scène plutôt que celles qui sonnaient le mieux en studio.


Quelle nouvelle chanson avez-vous le plus hâte de jouer sur scène, et pourquoi ?
Jack :
 C'est "Collateral" que j'ai le plus hâte de jouer. C'est un morceau à l'ambiance étrange et inquiétante, qui frappe très fort par moments. En plus, cela me permet de souffler un peu pendant une bonne partie du titre. Cela dit, il y a beaucoup d'autres chansons de l'album que je suis impatient de partager et d'interpréter. En deuxième position, je dirais "Phoenix Dies" dont le refrain est très accrocheur.

Quel est le souvenir de concert le plus marquant pour le groupe jusqu'à présent ?
Jack : Pour l'instant, c'est le festival Inkarceration qui me vient à l'esprit, car c'était le plus grand concert que nous ayons donné et le plus récent. Sinon, je retiendrais aussi notre première participation à un festival, au Furnace Fest, sous le chapiteau. Je me souviendrai toujours à quel point ces journées étaient à la fois stressantes et excitantes pour nous tous.

Avec le recul, quel conseil donneriez-vous à la version de vous-mêmes qui a lancé ce groupe ?
Jack :
 Écrivez des refrains percutants et des breakdowns bien lourds. Écoutez vos camarades de groupe et cherchez toujours à innover. Soyez patients, mais aussi agressifs.

En dehors de la musique, quest-ce qui nourrit votre créativité ?
Jack :
 Nous partageons surtout une passion commune pour le cinéma et les jeux vidéo. Je pense que c’est là que nous puisons une grande partie de nos motivations et de nos influences. Bon nombre des paysages sonores et des sons de synthétiseurs que nous utilisons s’inspirent directement des jeux vidéo du début des années 2000.

Si quelquun découvrait 156/SILENCE aujourdhui, quel chanson lui conseilleriez-vous d’écouter en premier ?
Jack :
 Personnellement, je recommanderais n’importe lequel des nouveaux singles que nous venons de sortir, ainsi que "People Watching". "Better Written Villain" est notre titre phare du moment, c’est donc un excellent point de départ. Ce morceau reflète bien la direction artistique que le groupe souhaite prendre pour ses futures compositions.

Quelle est la prochaine étape pour 156/SILENCE après cette sortie ?
Jack : Nous avons déjà commencé à écrire de nouveaux morceaux pour notre prochain projet. Cela prendra probablement un an ou deux, mais nous allons sans aucun doute enchaîner écriture et tournées sans relâche après la sortie de « From A Distance » cet automne.


Retrouvez 156/SILENCE le 18 octobre à Paris avec THE DEVIL WEARS PRADA et OVERSIZE à l'Elysée Montmartre.
 



Blogger : Sonia Salem
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Sonia Salem
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