18 septembre 2026, 15:45

7 WEEKS

"Going Back Home"

Album : Going Back Home

De retour au bercail, 7 WEEKS propose six nouveaux titres qu’il livre dans ce nouvel EP. Le trio qui revendique son indépendance artistique a choisi un retour aux sources du heavy rock qui le caractérise. Pour cela, il a traversé la Manche afin d’enregistrer entre Londres et Birmingham avec Adrian Bushby qui a remporté deux Grammy Awards pour ses collaborations avec FOO FIGHTERS et MUSE. Il délaisse ainsi l’inventivité et la variété pour se concentrer sur l’efficacité de l’écriture, privilégiant ainsi la puissance brute face aux artifices afin de capter l’essence des power-trios anglo-saxons. Il en résulte des chansons de trois minutes, sans fioriture, qui vont à l’essentiel.

Afin de renforcer cette force brute, les photos promotionnelles réalisées par Jessica Calvo montrent le groupe devant un blockhaus massif. Cet édifice est aussi une évocation historique, et bien moins pacifique, de la puissance à travers la déflagration sonore et visuelle des projectiles envoyés par la batterie qu’il abritait.
L'artwork de la pochette, réalisé par Gilles Estines, est une autre évocation du retour au bercail. Le panneau "Going Back Home" n’est pas sans rappeler un certain "Welcome To Sky Valley" de KYUSS, ce qui peut être interprété comme un clin d’oeil du retour aux sources, mais aussi celui de l’héritage. De manière moins imagée, les filés de lumière jaunes et incandescents, évoquent aussi la solitude sur la route, rythmés par la vitesse et les véhicules que l’on y croise, sur le chemin du retour après l’effervescence des concerts ou des jours passés en studio de l’autre côté de la Manche.

Tout commence par "Shape Me" que nous avions découvert en avant-première en juin dernier. C’est donc par ce riff de guitare sombre et inquiétant, relayé par le duo basse/batterie qui installe le martèlement du power-trio, que le morceau débute, pendant que la guitare vient ajouter une touche de psychédélisme bien sentie. Comme à son habitude, le chant de Julien privilégie la clarté et l'assurance. Sa voix pose chaque ligne avec une sobriété nuancée, oscillant entre des timbres doux et une conviction inébranlable dans le débit, comme en atteste le refrain.
Loin de l’explosivité, l’éponyme "Going Back Home" se développe sur une superbe ligne de basse qui impose son groove au titre, pendant que les gimmicks distordus de la guitare apportent le relief nécessaire au morceau. La ligne de chant est emplie d’une certaine sérénité apportée par le sentiment rassurant qu’inspire le retour chez soi. Cette sérénité ambiante est aussi empreinte d’une excitation qui rejaillit dans le solo de guitare avec lequel s'immisce subtilement la basse.

Loin du vide et de l’ennui, "Void" nous propulse dans le vif du sujet. L’expression power-trio prend ici tout son sens. Introduit par un rythme puissant aux intonations électro, le couplet est marqué par un chant énervé et déterminé. Le refrain est une magnifique et irrésistible envolée. Quand on est parti sur une telle lancée, ce n’est pas le moment de gaspiller son temps ! Par conséquent, Jérémy accélère le tempo, pendant que Gérald continue à distiller ses gimmicks psychédéliques sur le couplet.
Même si le tempo ralentit avec "The Ring (of Fallen Dreams)", nous sommes loin de tomber dans l’ennui. La force de ce titre est de mêler un chant mélancolique qui évoque la spirale des rêves brisés et une musique riche en harmonies.
Pour terminer en beauté, "The Pale One" propose une musique imprégnée de souffrance sur laquelle le chant alterne entre résignation et révolte.

Au terme de ces dix-neuf minutes, on peut légitimement être frustré que ce retour aux sources ne soit pas un album complet. Toutefois, on peut largement se satisfaire de ces six titres, certes condensés, mais qui vont droit au but. 7 WEEKS a su optimiser à la perfection le temps passé avec Adrian Bushby pour en extraire la substantifique moelle de son expression artistique. Quand on parle de power-trio, on pense facilement à MOTÖRHEAD et à l’évidence 7 WEEKS ne joue pas dans le même registre tout simplement parce qu’il a une approche bien différente à apporter. Musicalement, c’est un ensemble subtil d’harmonies qui rend sa musique habitée et envoûtante. Vocalement, ce sont des lignes de chant posées d’où se dégage une forme de force tranquille et apaisée. Invariablement, l’écoute de 7 WEEKS vous transporte dans un puissant tourbillon de plénitude. Une fois de plus, cette nouvelle production nous rend impatient de les retrouver sur scène afin de prolonger dans le monde réel cette jouissance auditive.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il explore le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionnent. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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