Son premier album « Inconsolable » avait déjà beaucoup fait parler de lui pour ses textes ravageurs ainsi que pour son post-hardcore mêlé de punk, de noise, de screamo et de mathcore. Vous l’avez compris : LUGOSI sort son deuxième album « The Scars » ce vendredi 18 septembre. On y trouve neuf titres portés par une rage aussi furieuse que dévastée et dont la force nous pousse à vouloir écrire un autre futur que celui qui se dessine.
Composé de Pieriv Ruys (chant), Fabien Claes (guitare, piano), Adrian Verdier (guitare), Arthur Bercovitz (basse, claviers) et Lucas Joly (batterie), le quintet parisien a profité des quatre ans qui séparent « Inconsolable » de « The Scars » pour faire mûrir son style. Post-hardcore et punk, oui, mais avec quelques ajouts des plus plaisants qui agrémentent ce cocktail furieux : quelques claviers sur "Matches" et "The Fire", un saxophone alto déjanté sur ce même titre et des cordes frottées sur "I Must Be Fine", entre autres. Déjà très abouti sur son premier album, le style de LUGOSI s’étoffe davantage sans tomber dans un excès qui brouillerait les pistes. Dès lors, un autre parti pris s’affiche : celui de proposer une expérience différente selon qu’on écoute l’album en live ou ailleurs, rendant ainsi l’une comme l’autre, singulière.
Le chant est au centre des compositions du quintet qui livre des textes aussi enragés qu’engagés pour libérer les angoisses par la parole et maintenir l’espoir d’une vie heureuse. Vaste programme mais à cœur enflammé par une allumette, rien d’impossible. LUGOSI aborde toujours des sujets politiques en concentrant les réflexions de « The Scars » sur le bien-être et la santé mentale. "I Must Be Fine" parle de l’injonction au bonheur qui devient étouffante et nous empêche d’accorder une place nécessaire à d’autres émotions. Dans ce titre, on commence en douceur avec une voix qui prend un peu moins de place et des guitares qui livrent une mélodie aussi touchante que la souffrance dont il est question. Celle-ci ne tarde pas à se déployer en cris de colère et en riffs lourds qui montrent la puissance de LUGOSI : elle réside dans la monstration d’une vulnérabilité qui n’a d’égale que la colère dont elle provient.
On se relève à peine que "A Taste For Chaos" nous saisit aux tripes avec une batterie martiale, une basse qui louvoie entre nos côtes et des guitares qui grésillent avec une voix qui hurle encore et encore l’inquiétude dans laquelle la jeunesse est plongée. Et juste quand on pense qu’on a pleuré toutes les larmes du monde, le diptyque final "And Nothing Hurt" suivi de "Everything Ends" nous achève à coup de désespoir ultime, de batterie qui accélère, de guitare qui tangue et de basse qui foudroie.
Mais avant tout ça, il y a "Matches". Un titre coup de poing qui dure 1'58" et hurle le besoin d’espoir d’une génération qui ne demande qu’à croire en elle-même et en ses semblables. Exactement ce dont on a besoin après s’être fait rouler dessus par un album qui, c’est certain, fera date. On relance donc le disque pour en reprendre une dose. C’est dans ces moments-là qu’on se souvient que, plus le monde va mal, plus on a besoin des artistes pour nous rappeler que l’avenir n’est pas figé mais reste à imaginer. Et le monde va très mal.