18 septembre 2026, 15:30

UNCLE ACID & THE DEADBEATS

"Shapes Of Midnight"

Album : Shapes Of Midnight

Si on vous dit « doom anglais », « analogique » et « voix haut perchée », à quel groupe pensez-vous ? Gagné : UNCLE ACID & THE DEADBEATS qui sort son septième album « Shapes Of Midnight » le 18 septembre. Au programme : huit titres chargés d’un rock psychédélique qui crie ses racines 70s et son amour du doom. Pour achever de le placer sous une bonne étoile, l’album a été enregistré dans le mythique studio d’Abbey Road.

Que l’on découvre ou redécouvre la musique d’UNCLE ACID & THE DEADBEATS, on est immédiatement emporté.e par le léger grésillement qui accompagne le son. Preuve intangible de la méthode analogique utilisée pour l’enregistrement, ce grésillement nous ramène vite en arrière, à une époque où les captations sonores étaient moins lisses et les techniques, moins perfectionnées. Le rock du quintet montre lui-même une volonté de replonger dans le passé : largement hérité de celui des BEATLES, il inclut une réverbération, une saturation et des envolées mélodiques qui font son aspect psyché. Tout est là dès "House By The Grave".

Désormais quintet, le groupe de Cambridge a connu quelques changements de line-up en 2024 : toujours mené par Kevin R. Starrs (chant, guitare) avec Justin Smith (basse) et Jon Rice (batterie), il a intégré George Hudson à la guitare rythmique et au chant ainsi que Rachell Burnett aux claviers et aux chœurs. L’alchimie d’un tel line-up semble être à son paroxysme tellement l’album est entraînant, mélodique, énergique et vibrant : le chant du frontman est toujours aussi identifiable et les guitares acérées rappellent régulièrement le heavy metal anglais des années 60 et 70 tandis que le duo basse-batterie offre une fondation solide sur laquelle caler les meilleurs headbangs. Essayez donc d’écouter "Psycho On The Loose" sans dodeliner de la tête. Mais ce sont les claviers qui, toujours déchaînés et criants, font tout le sel des ornements de l’album.

Le groupe ne serait pas lui-même sans la pincée de doom qui accompagne son univers : tourné vers les fantômes, le monde de la nuit et les mystères qui les accompagnent, UNCLE ACID & THE DEADBEATS nous immerge volontiers dans un pré-Halloween qui se situe tantôt près d’une tombe ("House By The Grave"), tantôt à la nuit tombée sous la lumière de la lune ("Shapes Of Midnight") ou encore très tard le soir dans un club de jazz où nous emmène le solo de saxophone précédant la fin vaporeuse de "I Won't Sleep ('Til You're Gone)". En revanche, pas question de parler de créatures maléfiques et terrifiantes sans parler de celles qui nous entourent dans le monde réel. En écoutant attentivement les paroles, vous pourrez entendre les échos de récits consacrés aux arrivistes ("I Won't Sleep ('Til You're Gone)") et aux décideurs qui choisissent de mentir pour dissimuler un génocide ("Sleep No More"), entre autres.

Tout, dans « Shapes Of Midnight », suscite l’envie d’aller plus loin : l’envie de plonger davantage dans les mélodies psychédéliques, l’envie de ne plus fermer les yeux sur les horreurs qui nous entourent, celle de suivre les claviers qui nous guident jusqu’à un club de jazz au fond d’une ruelle pour y entendre des histoires incroyables et celle de laisser le côté vintage revenir en force pour préférer aux technologies de plus en plus inquiétantes, un grain imparfait qui devient une promesse d’authenticité.

Blogger : Ivane Payen
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