20 septembre 2026, 14:11

FLUISTERAARS

"Jacht der Mysteriën"

Blogger : Clément
par Clément
Album : Jacht der Mysteriën

Ce duo originaire du centre des Pays-Bas a tout pour intriguer : d’un côté, Mink Koops, multi-instrumentiste qui jongle entre guitares, basse et batterie et de l’autre, Bob Mollema aux vocalises hallucinées et aux textes d'une maîtrise sans faille.

Le milieu des années 2000 sert ici de cadre de référence à FLUISTERAARS, qui marie riffs minutieux, tempos fulgurants et embardées mélancoliques. Il flotte ici comme un parfum de nostalgie rappelant les premiers travaux de WOLVES IN THE THRONE ROOM, AGALLOCH ou ALTAR OF PLAGUES. De belles références qui ne doivent pas occulter le travail d'un groupe réfléchi, capable de dépasser l'exercice de style pour s'approprier des tempos variés et bâtir des ambiances travaillées.

Avec seulement trois morceaux dépassant tous la barre des dix minutes, le groupe prend le temps de déployer son propos. Le maelström de guitares tranchantes qui ouvre l’album sur "Grondeloos Donkere Bossen" en est la parfaite illustration : la section rythmique, audacieuse, mêle blasts et passages massifs du plus bel effet. Une introduction magistrale qui laisse place à un black racé, mélodique et étourdissant. À peine le temps de souffler que des tempos bouillonnants prennent le relais, lardés de guitares acérées. "Condities der Afstraffing" et "Zwarte Zomermaan" font, quant à eux, la part belle à la double pédale et dévoilent un visage furieux, sans oublier des nuances plus intimistes. La machine repart ensuite avec un sens de la mélodie qui développe des textures variées, s'imbriquant les unes dans les autres avec une délicatesse touchante : un travail de haute précision.

« Jacht der Mysteriën » s’adresse à ceux qui cherchent autre chose au sein d’une scène black metal surchargée où les seconds couteaux fleurissent comme des poils enkystés. Chaque note renvoie ici à une époque que l’on pensait révolue et font de cet album une vraie bouffée d’air vicié dont on se régale à pleins poumons, perdu dans les tréfonds d’une forêt envahie par le brouillard et l’humus. Un véritable travail d'orfèvre... ou de bûcheron, c’est selon.

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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