28 septembre 2026, 20:09

ANTHRAX

"Cursum Perficio"

Album : Cursum Perficio

Nous avons attendu 10 ans, après un excellent album, que les New Yorkais ANTHRAX sortent de l’ombre avec une nouvelle production, nommée « Cursum Perficio ». La curiosité après l’attente est forcément grande.
Après une introduction sous forme de bande son cinématographique, "Persistance Of Memory", nous attaquons avec un "The Long Goodbye" qui me conquiert directement, emporté par une alchimie basse/batterie qui rappelle une nouvelle fois la marche guerrière des "Indians". Côté riffs les attaques sont d’un beau tranchant. Joey Belladonna est en (magnifique) voix, accompagné de chœurs inspirés. Voilà une amorce qui me plaît bien. "It’s For The Kids" porte de belles charges frontales, guitares chauffées à blanc. Toutefois les breaks, même s’ils sont agréables à entendre, baignés de swing new-yorkais, sont peut-être un peu convenus. Voyons la suite.

"Everybody’s Got a Plan" séduit, avec ce thrashcore qui symbolise si bien le groupe. Les riffs vont et viennent sur des frappes bien inspirées. Le rendu est immédiatement fédérateur, et les soli vivifiants. "The Edge Of Perfection" semble être une des pièces maîtresses de l’album. Le rythme est progressif et trompeur, avec une longue montée en gammes provoquant chez moi un ressenti assez singulier. Joey nous harangue dans une atmosphère approchant par moment de la frénésie. Le thrash metal devient ensuite incroyablement moderne, c’est ce que j’avais deviné lors de la prestation d'ANTHRAX au Hellfest. Très captivant. "Infectious" est plus rentre dedans, alliant riffs offensifs, balancement rythmique et voix presque hard rock. Voilà un titre un peu déroutant. "NYC 93" ravira plus les fans purs et durs, car ça tabasse fort et tire des riffs tous azimuts. Du pur metal de New-York avec le refrain qui convient et un solo aux effluves satrinanesques.

"Cursum Perficio" est-il l’étendard de choix pour l’album ? Selon moi oui. L’attaque est coulée dans un thrash puissant qui prend à bras le corps. La frappe fait vibrer jusqu’aux tréfonds de nos cervicales. Le chant a une profondeur hypnotique incroyable. Et nous avons des breaks bien sentis juste avant des jaillissements huileux, ce qui donne le recul nécessaire pour apprécier l’ampleur du morceau. Classe. "T.O.M.B." fait son chemin sur un roulement de tonnerre, les guitares se révèlent une nouvelle fois porteuses d’un son moderne, le résultat est prenant, presque dansant. "Watch It Go" est speed, une exécution rythmique rapide et des riffs agressifs pour un chant chaud et prégnant, un morceau taillé pour fendre les pits en live !

L’album s’est au final déroulé avec une sonorité assez jouissive. C’est le moment d’un final marquant. "My Victory" est l’heureux élu. Dernière ruée punk-thrash bien huilée par le maître Scott Ian, la batterie franchit le mur du son avec un Joey qui fait vibrer ses cordes vocales dans une ultime interpellation urbaine.
ANTHRAX livre une succession de compositions très variées, entre thrash metal séculaire et apports modernes, parfois déroutants (nous passons de titres classiques à de réels instants cultes), on écoute toutefois cette production avec un réel plaisir !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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