KONVENT est un groupe de black/death metal danois. Jusque-là, rien de très original. Ce qui distingue la formation, c’est qu’elle soit exclusivement féminine. Ce qui, déjà, lui confère quelque intérêt, sinon suscite l’attention. Si le quartette existe depuis 2015, il se plaçait jusqu’à présent dans un style death/doom. Avec ce troisième album, les filles explorent un univers beaucoup plus black, beaucoup plus atmosphérique, tout en gardant cette lourdeur qui les caractérise.
KONVENT évolue non pas vers quelque chose de plus sombre mais vers une musique plus mystérieuse, énigmatique et cherche à repousser les frontières, ouvrir les horizons. Les quatre titres de « Firesky » sont une réussite, originaux et lourdement armés.
Tout commence avec le lent et brutal "Exorcise", typique du death/doom de KONVENT, avec les growls ultra caverneux de la chanteuse Rikke Emilie List au sommet de son art. Elle est impressionnante de maîtrise et de technique. Les six premières minutes de la chanson sont donc pesantes, vibrantes de lourdeur impitoyable avec tout de même un passage au chant black à la fin du premier tiers du titre. Après un break acoustique mélancolique à souhait et une montée en puissance tout en progressivité, ce sont trois minutes de black metal rapide et hurlé qui entrent en scène. Plongée dans la fureur, incarnation de l’exorcisme, tout concourt à galvaniser un auditeur déjà conquis par un son clairement séduisant.
S’ensuivent les neuf minutes d’un "Scorning" à la tension palpable. Entre doux arpèges et rythmes mesurés, c’est un titre à la composition très variée, tout en émotions et en atmosphères. On ne décroche pas, on est comme emporté par la magie du moment grâce aux growls profonds, funestes et aux hurlements blacks, habités, sublimes. Hypnotique.
Avec "In The Unknown", ce sont cette fois presque douze minutes d’un black/death et doom metal magnifique qui viennent transcender un album déjà plus qu’appréciable. Plus brut que les précédents, avec un riff implacable et un passage presque chamanique, cathartique, c’est une chanson captivante, émouvante et effrayante à la fois. Comme une immersion dans les tréfonds d’une âme torturée, dans l’inconnu, attirant mais terrifiant.
C’est "Firesky" qui fait office de dernier morceau réel de l’album à qui il donne son nom. Doom/death au début puis de plus en plus heavy/black, c’est la vision d’un horizon en flamme qui s’offre à nous. En plus des growls habituels, tout un passage en voix féminines claires donne un aspect dark à cette composition variée et céleste.
Enfin, l’outro instrumentale "Postludium" à la guitare acoustique et violoncelle nous fait redescendre sur terre, au coin de l’âtre, penché sur le feu intérieur, introspectif. Tristesse et nostalgie s’emparent alors de notre âme.
KONVENT a fait le pari d’innover, de choisir une voie résolument plus black metal que précédemment. C’est un choix osé mais qui s’avèrera payant tant « Firesky » est un album diaboliquement attirant. Plus on s’y plonge, plus l’addiction y est forte. Une belle découverte.