9 octobre 2012, 0:00

ZZ TOP : "La Futura"

Album : La Futura

"La Futura" ou El passé, Texas ?
C'est la question qui divise ceux qui ont prêté une oreille au nouvel album de ZZ TOP, inamovible trio, inépilables barbus, qui n'ont jamais véritablement retiré leur blues de gardiens de vache même lorsqu'ils se prenaient pour des électros...
Il y a trente ans, le plus petit groupe du Texas, comme il se surnommait dans les seventies, révolutionnait les fondamentaux de sa musique avec "Eliminator" en hybridant son moteur. 10 ans plus tard, il avait fait le tour de la question ou le tour du circuit, c'est comme vous voulez. Longue traversée du désert Chihuahuan puis, par la frontière mexicaine, un coup de "Mescalero" pour réhydrater le gosier, le temps de se dégourdir les éperons et remettre la selle en place, retour au bercail. À Houston, le gringo Rick Rubin se joint alors pour une association de hors-la-loi. Au final, la meilleure galette (de maïs) jamais produite par le groupe depuis 20 ans. Le propre de Rubin, comme à son accoutumée, c'est d'avoir laissé de gros morceaux dans la garniture et de bons grumeaux dans la sauce. Clairement, à l'écoute de "I Gotsta Get Paid", ça passe ou ça casse. Irritant, saturé, toute la gamme d'overdrive disponibles au rayon guitare est déclinée.
Peu de temps mort entre les titres qui s'enchaînent. "Chartreuse" que nous voudrions "euze" et qu'eux prononcent "ouze", ce qui est bien pratique à la rime quand on joue cette musique, est clairement sur les traces de "Tush". Et puis, et puis l'album passe, bien, très bien même. Tellement bien qu'à sa conclusion, 10 titres plus tard, on n'a pas retenu grand chose des compositions elles-mêmes. Un manque cruel de grande écriture (et c'est pas faute d'avoir appelé du monde en renforts). Alors, on reprend le disque depuis le début. "I Gotsta Get Paid", bon, ça, on a bien aimé. Puis la chartrouse, puis une enfilade de bons blues rock, de ballades, des petits instants poignants ("Over You"). Non, franchement, il y a de bons riffs, plein de subtilités, mais pas de titre qui plaque au sol. "It's Too Easy, Mañana" lorgne dans sa mélodie du côté des portes du pénitencier, mais mérite de créer un beau sursaut avec son solo final inspiré. Franchement, celui qui tire son épingle du jeu, c'est le quatrième barbu, le producteur qui avait donné une seconde jeunesse à Johnny Cash, au milieu d'une oeuvre patchwork réunissant SLAYER, les RED HOT, les BEASTIE BOYS ou LINKIN PARK. Lui, il s'est fait plaisir et il a offert le plus bel écrin au trio, car il a magnifié les sonorités originelles de ZZ TOP, l'essence même de son talent et du blues unique qu'il distille depuis 40 ans. Dommage qu'en cette occasion, l'inspiration d'un hymne ou deux de type "La Grange", "Heard It on The X", "Cheap Sunglasses" ou "Tush" ne soit pas au rendez-vous, car la magie aurait été totale.

Blogger : Christian Lamet
Au sujet de l'auteur
Christian Lamet
Christian Lamet est réalisateur, journaliste et producteur pour la télévision et le multimédia...entre autre. Fondateur en 1985 du magazine HARD FORCE, il en a été le rédacteur en chef durant ses quinze années de parution en kiosques. Depuis, l'aventure HARD FORCE a repris depuis 2008 sur le web, devenant ainsi le plus ancien média metal en France toujours en activité encore mené par son fondateur. Christian est également producteur et réalisateur du media digital HEAVY1 en partenariat avec LIVE NATION FRANCE et du webmagazine METALXS.
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