Remboîtage de mâchoire. C'est au mois de décembre 2012 qu'EL ROYCE, après une pause de deux ans, s'est décidé à rebrancher ses amplis poussiéreux afin de nous livrer un nouvel EP intitulé « Deaf For Life ». Il convient de noter qu'un dépoussiérage opéré par quatre metalleux avec des gros bras, ça laisse tout de même quelques moutons sous les meubles, les mêmes qui ont vu naître la genèse de la crème de la crème du heavy nantais en 2002.
3 EP, 1 album, des caisses roulées sur des scènes partagées avec Adam Bomb, TREPALIUM ou THE DATSUNS... A première vue nous avons tout l'air d'être entre de bonnes mains !
Ce nouvel EP de quatre titres débute avec « Family Man » et son refrain tout en « BANG BANG ! », si le texte peut paraître un peu cliché : « One for the money, two for the show », formule qui fut un temps faisait limite partie d'un quota exigé par les producteurs afin de sortir un album, cette chanson fait figure de carte de visite parfaite pour définir cette publication. A commencer par la production, heavy et crasseuse, qui arbore l'empreinte d'un EL ROYCE incisif qui à défaut de vous rendre sourd, vous laisse la marque d'un poing, bague de biker au doigt, en plein sur le tympan.
Le troisième titre « Mud » est sûrement le plus baigné dans le son grunge d'un ALICE IN CHAINS à l'accent frenchy avec un solo posé sur un break énormissime, en revanche la chanson qui le précède « Hasta La Muerte » soulève un point qui reste le seul regret de cette galette.
Victime de l'efficacité de son refrain surpuissant, on sent que le chant aurait pu être un brin plus en avant et soutenu par une bonne poignée de choeurs masculins, même si aucun doute ne subsiste quant au rendu live d'un tel titre. « Rich And Sober » passe quant à lui plus inaperçu malgré un très bon riff à la « Slave To The Grind » de SKID ROW, mais garde la balance équilibrée entre mélodies et riffs, recette colonne vertébrale de cet EP abrasif ne dépassant au final guère les 15 minutes.
Ce ne serait en rien un blâme d'affirmer que « Deaf For Life » ne réinvente pas le genre, car ce n'est absolument pas sa prétention. En revanche ça ne casse pas de briques, mais ça en pulvérise et en envoie quelques-unes en orbite sur une planète si lointaine que Curiosity se demande si elle n'a pas fait tout ce chemin jusqu'à Mars pour rien. Rien que ça !