9 avril 2014, 20:59

D-A-D. + '77 @ Toulouse (Le Metronum)

Un groupe à la popularité malheureusement très restreinte en France, programmé en beau milieu de semaine avec une promo quasi-inexistante… On pouvait logiquement s’attendre à une affluence des plus réduite. Mais le fiasco n’aura finalement pas lieu. Bon certes, on ne compte pas, à vue d’œil, plus de 150 à 200 personnes mais le public présent est constitué en grande majorité de vrais fans... De ceux qui ont vibré sur l’album « No Fuel Left For The Pilgrims » (considéré à tort comme leur premier album, car étant le premier distribué par une major –Warner en l’occurrence– mais en fait s’agissant de leur 3ème disque), à la fin des années 80, des nostalgiques du vrai bon hard rock’n’roll.

Outre l’absence de réelle promo qui aurait certainement permis de rameuter quelques dizaines de hardos supplémentaires (j’entends déjà dans quelques mois les « Quoi ?!? D-A-D est passé à Toulouse ?!!! »), autre petit couac : ceux qui ont pris la peine de réserver leur place au tarif normal de 16€ environ, voient le tarif de l’entrée sur place fixé à… 8€ ! WTF ?! Un petit raté que l’orga’ a promis de rattraper en remboursant la différence à ceux qui ont payé "plein pot". Mais 8€ pour voir un groupe comme D-A-D dans une telle salle, c’est quand même cadeau, isnt it ?! Puis c’est aussi l’occasion rêvée de découvrir le Métronum, idéalement situé au terminus de la ligne B du métro (on repère immédiatement la salle dès sa sortie : impossible de se perdre), à l’opposé du Bikini géographiquement parlant, mais certainement pas au niveau de la qualité de ses infrastructures ! Il faut dire que la salle est flambant neuve et les moyens n’ont pas été lésinés.
Paradoxalement c’est le jour où je découvre ce bien beau nouveau lieu que j’apprends avec une certaine tristesse la fermeture prochaine de La Dynamo, autre salle toulousaine à taille humaine incontournable ("affaire" à suivre, puisque cette dernière cherche désormais à s’implanter ailleurs, si possible dans le centre ville). Mais pour en revenir au Métronum et y accéder, on traverse un joli patio (pour aller fumer ou discuter tranquillement), bien décoré d’œuvres d’art moderne pas moches du tout, et puis la salle en elle-même est bien pensée : intelligemment surélevée à l’arrière ce qui permet aux personnes les plus petites d’avoir une vision parfaite de la scène sans avoir à se mettre sur la pointe des pieds (ça arrive souvent).

Bon, en matière d’accueil pour une toute première fois ici la chanson française lounge et cosy (Katerine et autres… hum) qui sort des enceintes, n’était disons que peu adapté à la couleur musicale de la soirée ! Et ce n’était pas de l’humour de la part de l’organisateur ! D’ailleurs, s’ils réitèrent ça pour le concert de NAPALM DEATH la semaine prochaine (le 16 avril), je ne suis pas sûr que ça fasse rire beaucoup de monde !
L’acoustique de la salle a été conçue afin de pouvoir bénéficier d’une qualité optimale depuis n’importe quel endroit où l’on se trouve et le son sera d’ailleurs ce soir un modèle du genre, autant pour le groupe de première partie que pour la tête d’affiche : d’un niveau parfait (pas besoin de bouchons) et d’une clarté impressionnante. On peut ainsi suivre et entendre très distinctement chaque instrument, bien détachés les uns des autres, ou bien facilement reconnaître les paroles pour peu qu’on connaisse les morceaux. Bref, des conditions vraiment optimales pour déjà accueillir un peu après 21h les Barcelonnais de ’77 et leur hard-rock vintage directement en rapport avec le nom du groupe... alors là oui ils sont raccord !    

’77 : oh, une bonne partie de la salle était bien née à cette époque ! On écoutait peut-être pas encore tous du hard-rock mais ce qui est certain c’est que ces espagnols-là ont eu du AC/DC, et rien d’autre, dans leur biberon ! Il ne s’agit pas d’un groupe de reprises puisque toutes les compos sont originales… Euh, peut-être ai-je utilisé un mauvais terme... entendez par là qu’ils ont tout composé eux-mêmes ! Et pas que leur style soit forcément original mais en tout cas, ce groupe-hommage (à ce niveau là on peut le dire, car c’est loin d’être une critique au sens négatif du terme), maîtrise à la perfection son sujet avec des compositions au groove et au tempo irrésistible avec une voix dégoulinante de charisme du Bon Scott-like de l’étape.
Les riffs binaires et l’énergie sortant de la Gibson font le taff et il devient quasi-impossible de réfréner un mouvement de tête en cadence, voire de taper du pied ou de carrément entamer la "danse d’Angus" et son fameux pas, comme certains le font et chauffent un peu plus la salle en ce début de soirée car sinon, l’ambiance est encore plutôt à l’écoute sage et attentive, aux applaudissements polis mais qui laissent trop rapidement le silence s’installer entre les morceaux (je ne cesse de le répéter : en live les gars, il faut enchaîner les morceaux, y’a pas de secret !), ce dont se joue le chanteur avec une certaine malice. Bref, ’77 (à ne pas confondre avec The 77s dans un autre style plus rock new-wave), est une première partie de qualité et désolé si à chaque chronique ou live-report on leur rabâche les oreilles avec les fameux Australiens en culottes courtes mais bon, après tout, comment faire autrement ?! Autant appeler un kangourou un kangourou n’est-il pas ?!   

Pour moi, comme beaucoup d’autres personnes présentes ce soir, les Danois de D-A-D (entendez par là Disneyland After Dark) évoquent avant tout la période fin 80’s, début 90’s avec leurs albums « No Fuel Left For The Pilgrims » et « Riskin’ It All », et comme bien d’autres, ils ont fait les frais de la vague grunge qui a englouti de nombreux groupes de hard-rock mélodique il y a de cela une bonne vingtaine d’années (même si l’origine de leur déclin de popularité est avant tout dû à un break de trois ans pris par le groupe). S’ils n’ont plus bénéficié par la suite de l’appui d’une major, D-A-D a tout de même continué à sortir régulièrement des albums et en compte aujourd’hui pas moins de 11 à son actif, auxquels il faut rajouter 3 live. Mais ils le savent bien, leur public attend avant tout d’entendre des morceaux de leurs deux albums cités plus haut et en l’absence de nouveau disque (leur dernier en date remonte à 2011) c’est ce qu’ils font...

  

Après une intro un peu longuette dos au public ils démarrent par un « Jihad » du feu de Dieu ! Pas de doute : ils sont en forme, et le fait de jouer devant un public réduit ne les gêne absolument pas au vu de leur énergie et de leurs sourires ! Ils enchaînent alors des titres de ces fameux albums : « Point Of View », « Rim Of Hell », « Grow Or Pay » ou encore « I Won’t Cut My Hair » et « Bad Craziness ».
Les morceaux tirés d’autres albums, que je ne connais pas (mais je vais me rattraper !) sont finalement en live du même acabit et puis la musique de D-A-D vieillit bien. Elle apparaît, avec le temps, moins lisse, plus rugueuse et cette patine bien rock leur va à ravir. Comme toujours Stig Pedersen, le bassiste à l’attitude punk-rock, fait le spectacle en montant régulièrement sur la batterie, en prenant des poses improbables mais surtout en faisant étalage de ces nombreux modèles de deux-cordes (oui, son truc a toujours été de ne jouer exclusivement que sur des basses à deux cordes spécialement conçues pour lui !). Celles-ci sont toutes aussi étonnantes les unes que les autres. Entre celles transparentes éclairées de l’intérieur avec leds et cordes fluos, le modèle crâne de vache (l’effigie du groupe), l’exceptionnelle basse inversée (le corps de l’instrument est en fait la tête de celui-ci et inversement ! Super original), celle absolument incroyable en forme de missile géant ou encore la customisée façon Buick vintage avec phares arrières... sacrée collection ! A chaque apparition d’un nouvel instrument les portables se lèvent pour immortaliser la scène de quelques photos-souvenirs, sympa.

Leur rock pêchu fait des merveilles ce soir avec une scène dépouillée à l’extrême, à l’image de la batterie constituée du strict minimum : ils ne s’encombrent pas d’artifices inutiles, leur musique se suffit d'elle-même et je prends grave mon pied ! Le public est très réceptif et participe aux chœurs sur certains morceaux (notamment sur leur tube « Sleeping My Day Away », très attendu). L’ambiance, à défaut d’être bouillante, est très sympa. Après une bonne heure et demi de concert, ils reviennent pour deux rappels et là c’est le frisson pour moi en réentendant les accords acoustiques et les mélodies de « Laugh ‘n’ a 1/2 ». Je me rends alors compte que je connais ce morceau et que je l’ai adoré en son temps mais que je ne l’avais pas réentendu depuis plus de 20 ans (j’avais l’album en cassette à l’époque…) ! Les paroles me reviennent comme par enchantement et c’est pour moi un moment de pure magie que redécouvrir ce sublime morceau que j’avais complètement oublié ! Wow ! Il y a longtemps que je n’avais ressenti ça ! Quel bonheur ce soir avec l'intégralité de ce concert, bien plus long que leur passage au Hellfest 2012 en début d’après-midi… Même si déjà c’était très bon de les voir !
Alors maintenant, avis aux organisateurs, dans les "vieux" groupes que je n’ai jamais cessé d’écouter je souhaiterais maintenant à Toulouse : QUIREBOYS, L.A. GUNS, CINDERELLA, ENUFF Z’NUFF, STEELHEART, GREAT WHITE ou FASTER PUSSYCAT ! Vous pensez que c’est possible, même juste l’un d’entre-eux ?

     

Blogger : Ludovic Fabre
Au sujet de l'auteur
Ludovic Fabre
Ancien collaborateur de Christophe Droit dans l'émission "Altirock" (de 1989 à 1999), Ludovic Fabre, alias "Maître Ludo", s'est ensuite fait connaitre en tant qu'animateur radio avec sa propre émission "Nocturnal Tears" (de 1995 à 2010), ainsi que pour sa collaboration, douze années durant, au sein du magazine Metallian. Toujours aussi passionné, il se consacre aujourd'hui à la photographie pour HARD FORCE, ainsi qu'à la rédaction de live-reports et de chroniques d'albums.
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