3 octobre 2021, 23:59

LITTLE CAESAR

@ Paris (Les Etoiles)

En ce début d’automne, les hard rockers de Los Angeles LITTLE CAESAR jouent ce soir dans notre Whisky a Go Go... c’est l’impression que cela me donne quand je viens dans ce club Les Etoiles, à Paris. Le gang californien est composé du chanteur tatoué au chapeau melon noir, Ron Young, du membre originel, Loren Molinare à la guitare, accompagné ici de Mark Tremalgia à la Gibson, et du géant Pharoah Barrett à la basse. Le batteur originel du groupe, Tom Morris, est remplacé exceptionnellement par Brian Irving.


Première date à Paris depuis 31 ans, les fans attendaient cela depuis donc longtemps ! Dernier concert de sa tournée européenne, le groupe est visiblement heureux d’être parvenu à la réaliser en mode "Do It Yourself" dans ce chaos pandémique. Ron Young, l’évoquera d’ailleurs au cours de la soirée. Le groupe est en forme à en voir son périple sur les réseaux sociaux. Motivé, il va tout donner ou presque... le backdrop est à vendre au stand de merchandising !
Pass sanitaire pour entrer, pas de première partie, 19 mois après mon dernier concert, je retrouve de nombreux habitué-es des shows parisiens de la musique qui envoie du riff en 4/4 ! Quel bonheur d’être dans une salle, d’entendre un groupe qui joue "en vrai" et qui va procurer autant de plaisir pour nous qu'il le fera pour lui !

Mais qui est donc LITTLE CAESAR ? La formation est connue pour son album éponyme, produit par Bob Rock en 1990 avec des hits comme sa reprise d’Aretha Franklin "Chains Of Fools", mais aussi "In Your Arms" qui ont hissé le groupe dans le Billboard américain à l’époque ! Une époque lointaine, voire inconnue pour les plus jeunes, mais qui lui confère ce statut culte. 
Ce soir, Young et sa team font la part belle à cet album en ouvrant sur "Drive It Home" suivi de "Rock'n'Roll State Of Mind", de "Wrong Side Of The Tracks", "Hard Times" et de cinq autres chansons du même disque parfaitement réparties sur la set-list.


Ca pulse, ça rocke, ça groove en blues, en hard rock. C’est brut, c’est brutal, c’est in your face à la Sunset Strip de l’époque ! Il y a du sleaze, du southern rock. Les reprises, il y en a avec l'incontournable et magique d’Aretha et son introduction plutôt hard rock à la basse, les chœurs sont parfaits, Young chante divinement bien, une version rock hard d’un titre country "Mama Tried" de Merle Haggard, une de Rod Stewart "Every Picture Tells" couplé au "Happy" des ROLLING STONES, et le "I Wish It Would Rain" des TEMPTATIONS qui est si émouvante, elle aussi.
Dans un concert de ce genre, il y a aussi les ballades et LITTLE CAESAR sait y faire. Pour preuve : "Ballad Of Johnny" et "Dans tes Bras". Le groupe est une entité menée par la voix magique de Young en osmose avec son public. Le chanteur, ancien videur de club au look de gentleman-biker, parle beaucoup avec le public en résumant la carrière de la formation avec le titre "Hard Rock Hell", et en défonçant un peu les réseaux sociaux au passage... « même s’ils sont nécessaires dans le paysage actuel », en remerciant le public d’être présent ce soir, et encourageant tous les autres à sortir, à vivre de la culture, à aller dans les clubs, dans les bars, dans les théâtres !
Loren Molinare, très Keith Richards dns l'attitude, propose un petit hommage aux MC5 ! Les CAESAR font monter l’ambiance crescendo, allant du rock au hard, au sleaze... et même un peu au punk ! Ils exécutent deux rappels et nous procurent ce même plaisir jusqu’au bout ! 

Un moment magique, de hard rock comme on les aime. Je me souviendrai toujours de mon dernier concert avec les thrashers de la Bay Area à San Francisco, avant le confinement épidémique et de ce premier concert en pleine post-quatrième vague de la COVID dans ce théâtre/club parisien du 10arrondissement avec les Californiens de L.A. Mon souvenir si agréable des années 90 de voir Young, son groupe (dont le guitariste Apache), ses choristes, chanter Aretha en boucle, en "heavy rotation" à l’époque sur MTV, s’est enfin concrétisé en live !

​Tout simplement, MERCI !... et un Heavy anniversaire à mon Blood Brother, Fred !

Photo © Axelle Quétier : Portfolio

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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