18 janvier 2026, 23:59

LIONHEART (+ MADBALL + GIDEON + SLOPE)

@ Paris (Bataclan)


Alors que les Allemands ELECTRIC CALLBOY retournaient le Zénith de Paris, à quelques kilomètres de là, c'est un séisme d'un tout autre style qui s'apprête à remuer le Bataclan. En effet, la scène hardcore est réunie ce soir pour s'éclater deux ou trois dents sur le hardcore débridé de LIONHEART, accompagnés des légendes de MADBALL, des rednecks de GIDEON et du groupe émergent SLOPE ! Tout est réuni pour une bagarre d'anthologie, et on se rue dans les premiers rangs pour s'en prendre un maximum.


SLOPE lance donc les hostilités avec son hardcore fusion, entre funk, rap à la BEASTIE BOYS et hardcore old school à la SUICIDAL TENDENCIES. Avec une bonne énergie, le groupe allemand offre donc une prestation millimétrée, mais qui manquera peut-être légèrement de pêche et de rythmes rapides pour remporter immédiatement l'adhésion du public parisien, bien qu'on voie bien les premiers rangs s'éclater sur les titres du dernier album, « Freaks Dream ». Mention spéciale d'ailleurs pour le titre ''It's Tickin'', qui confirme son efficacité en live avec une énergie qui fait plaisir à voir ! Sous les applaudissements de la scène Paris Hardcore, SLOPE aura tout de même réussi à séduire une bonne partie de celle-ci, comme le démontre la file d'attente qui se forme déjà au stand merchandising. Rendez-vous à la prochaine tournée pour les voir transformer l'essai !


C'est au tour des Alabamais de GIDEON de prendre leur tour de scène, désormais habitués du Bataclan depuis leur dernière venue avec THE GHOST INSIDE en 2024. Le quatuor a fait du chemin depuis son premier passage par la capitale en 2026, et défend depuis quelques années déjà son album « More Power, More Pain ». C'est cependant avec un set assez équilibré entre nouveaux singles (''Wrong One'' et ''Til The Wheels Fall Off''), classiques (''No Love/No One'', ''Take Me'' et ''Bite Down'') et titres extraits du dernier album (''More Power, More Pain'' et ''Too Much Is Never Enough'') que le public parisien redécouvre leur hardcore teinté de néo metal. Daniel McWhorter, toujours aussi bestial dans son jeu de scène, enflamme la foule, et lance les premiers two-step et hardcore dancers sur les planches du Bataclan. Magistraux dans leur exécution du set, GIDEON ne déçoit que sur un point : la durée de celui-ci. Les 30 minutes allouées ne leur permettront par exemple pas de jouer ''Take Off'', pourtant interprété sur les autres dates de la tournée, et c'est avec impatience qu'on attend leur retour pour un set un peu plus long cette fois.


Vient alors le moment d'accueillir les légendes de MADBALL sur scène. Les coreux new-yorkais sont venus nous donner une leçon que nous ne sommes pas près d'oublier ! Souffrant sur les dates précédentes de la tournée, le frontman Freddy Cricien est là pour en découdre, et bondit sur la scène, accompagné de Mike Justian (batterie), Mike Gurnari (guitare) et Brendan Porray (basse), prêts à toutes les surprises proposées par Freddy ! Et des surprises, il y en a quelques-unes au cours de la setlist de pas moins de 20 titres (soit plus que LIONHEART après eux), aux allures de best of de leur riche carrière. De « Set it Off » à « For The Cause », seul l'album « Empire » sera épargné, et MADBALL proposeront même un nouveau morceau : l'explosif ''Tethered'' ! Dans le public c'est l'explosion, tout le monde y va de son moulinet et enchaîne les two step à tel point que Freddy Cricien vient lui-même se jeter dans les bras de la foule dès les premiers morceaux. L'énergie ne fait que monter pendant près de 50 minutes, et c'est devant une foule comblée mais qui en redemande encore que MADBALL termine un set magistral... Une vraie leçon de hardcore, qu'une partie du public trouve si imbattable que la fosse se videra un peu avant la tête d'affiche de la soirée. Merci MADBALL !


Les plus Européens des coreux Californiens sont enfin de retour sur scène à Paris : LIONHEART affiche fièrement son logo sur un drap masquant la scène lors du changement de plateau ! Quelques minutes plus tard, celui-ci révèle une scène à plusieurs niveaux, grillagée et un jeu de lumière réglé au millimètre. On voit parfaitement chaque membre du groupe, le batteur Jay Scott inclus ! Et c'est tant mieux car la formation américaine nous propose ce soir un set de haut vol, ayant sorti son excellent nouvel album « Valley Of Death II » quelques jours plus tôt. Une fois passé le désormais classique ''Cali Stomp'' en intro, le duo de choc formé par Rob Watson et Richard « Big Boy » Mathews envoie du lourd avec ''Death Grip'', et ne prendront aucun repos pendant une heure.


Tout le monde en a pour son argent et en prend pour son grade, alors que Richard Mathews enchaîne les vannes entre les morceaux du quintet, si bien qu'on ne voit pas le temps passer entre ceux-ci. Côté scénographie, aucun autre artifice que de bonnes lumières et de la fumée, l'énergie déployée par LIONHEART suffisant largement à habiller la scène et à déclencher de très nombreux slams, qu'on accueille à bras ouverts (certains auront même le droit à un high five de Rob Watson). Dans une ambiance fraternelle qui fait presque oublier la barrière qui sépare le groupe et le public, LIONHEART envoie du lourd mais leurs sourires trahissent un vrai bonheur de jouer enfin au Bataclan, et Rob Watson avoue même que c'était l'un de ses rêves, ayant vu le nom de la salle mythique sur de nombreux flyers en grandissant. C'est désormais chose faite, et après un ''LHHC'' aussi attendu que cathartique, LIONHEART peut se targuer de l'avoir retournée !

Photos © Aurélie Renault

Blogger : Jed Mosley
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