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PARKWAY DRIVE : "Ire"

par Christophe Droit
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Oct
04
2015

Pour faire une chronique constructive et essayer de retranscrire un certain sentiment, peu importe sa nature d'ailleurs, il suffit de transmettre son propre avis sur l'écoute. Donc, toutes les portes, fenêtres, tiroirs de son esprit doivent être ouverts pour développer et ranger, classer, trier et jeter. Bonnes ou mauvaises, les impressions sont le reflet de tout ce qui a pu être entendu... ou plutôt écouté, c'est bien mieux. Tout ça pour dire que « Ire », le cinquième album de PARKWAY DRIVE, ne s'écoute pas comme n'importe quel album de metalcore car en définitive, peut-on parler ici de metalcore, tant les Australiens ont laissé libre cours à toutes les influences qui ont pu circuler lors des sessions d'écriture ?

Opter pour l'intégration de ses influences sans les écraser d'une rythmique qui, au final, ne leur laisserait plus suffisamment de place pour être appréciées, ce que le groupe avait tendance à faire sur les précédents albums, bien qu'efficaces, est une première pour le groupe. Mais, ils le reconnaissent eux-mêmes : « A quoi bon répéter les mêmes riffs, rythmiques et chant et ainsi refaire à chaque fois pratiquement le même album ?... ». PARKWAY DRIVE réussit à faire évoluer dans le bon sens le genre musical qu'on lui a attribué par nécessité ou habitude et cet album regorge de subtilités malgré le thème principal qui est la colère. On ressent bien les nuances de celle-ci à la fois dans les textes et la musique, riche cette fois, aussi expressive que peuvent l'être des mots.

« Ire » ne s'écoute pas à 6 heures du mat' en prenant son café avant d'aller au boulot ! Il est préférable de choisir le bon moment pour se pencher sur cet album qui demande une attention plus que parfaite. Pour décompresser d'une lourde journée, chaussez vos baskets et allons faire une petite boucle de 48 minutes et quelques 24 secondes, montre en main, ce sont les chansons de « Ire » qui nous donneront la bonne cadence. Petit foulée, histoire de se chauffer les muscles, avec "Destroyer" et sa rythmique parfois aérée pour nous laisser reprendre notre souffle, vagues mélodiques... MEGADETH n'est parfois pas très loin. Rythme accentué avec "Dying To Believe", la guitare est une princesse au deux tiers du morceau.

Le premier single, "Vice Grip", propose une intro des plus rassurantes, chœurs rassembleurs de bon augure pour les prochains concerts, un mid-tempo laissant une grande place aux guitares très heavy et agréables à écouter, il s'agit plus de metal alternatif que de metalcore à ce moment du parcours. Le second single choisi par PARKWAY DRIVE avant la parution de l'album est "Crushed". Le titre commence avec des chants limite tibétains suivis de percussions et guitare heavy lente donnant un groove à la fois sombre et guerrier. On court à présent vers un champ de bataille et c'est maintenant qu'il va falloir accélérer car l'épique "Fractures" ne nous laissera aucune chance par son côté à la fois heavy et ses rythmiques saccadées flirtant avec le nu metal. Dommage que le superbe solo soit amputé par un "fondu" guère habituel pour un tel groupe ou morceau.

Nous atteignons le bon rythme cardiaque, arrêtons-nous pour quelques étirements contre un mur sur lequel on écrira un mot d'amour à celle que l'on aime, il n'y a pas mieux pour calmer une colère, on respire profondément et profitons des violons (ils sont deux ici) et violoncelle... L'intro de "Writings On The Wall", juste un autre genre, une prière qui se termine par une ligne de piano classique. C'est cette différence qui fait que cet album est à part, loin de ce à quoi le fan de PARKWAY DRIVE pouvait s'attendre. Il n'y a là aucune prise de risque, tout s'accorde, tout s'emboîte, tout est parfait, aiguisé... Rien ne dépasse. "Bottom Feeder" et "The Sound Of Violence" (troisième single) ajoutent la quantité à la qualité, tandis que "Vicious", plus alternatif, regorge d'influences, nombreuses, d'un metal nordique lourd et mélodique. Alors que "Dedicated" est un véritable coton tige à classer entre LAMB OF GOD et MACHINE HEAD, l'écoute de l'album se termine avec le délicieux "A Deathless Song".

Fin de notre boucle, nos jambes sont plus tendues que nos oreilles et nous finalisons ce jogging de fin de journée avec une chanson qui représente toutes les envies qu'ont eues les Australiens, sans penser qu'il sera peut-être difficile de faire mieux la prochaine fois. Vous l'avez compris, il faut se mettre en condition pour écouter cet album, course à pied ou pas, en se concentrant sur tous les instruments à la fois, se demander comment le groupe a pu choisir tel ou tel son pour construire et structurer un album où la lassitude n'existe pas, où les fans seront un peu déstabilisés mais... tout change, même la colère.

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