6 juin 2017, 15:56

ICED EARTH

• "Incorruptible"

Album : Incorruptible

ICED EARTH est incorruptible après 3 décennies de carrière et ce n’est pas prêt de s’arrêter.
Avec Stu Block (chant), Brent Smedley (batterie), Luke Appleton (basse) et Jake Dreyer (ex-WHITE WIZZARD), le nouveau guitariste depuis 2016, ils ont donc enregistré 10 titres, indépendants et non conceptuels.

« Incorruptible » d’ICED EARTH est un bloc métallique homogène empruntant à des influences comme IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST, SLAYER, KREATOR, OVERKILL, ACCEPT des débuts… avec l’adjonction de la maturité artistique du groupe et une production résolument moderne réalisée par Schaeffer aidé de Chris "Zeuss" Harris (SANCTUARY, QUEENSRYCHE...) au mixage et mastering.

"Great Heathen Army", avec son introduction majestueuse, ouvre l’album à la manière d’une invasion de vikings dopés au heavy metal. Déflagration sonore, cavalcade de riffs aiguisés. Le groupe l’avait déjà joué live à la fin 2016. "Black Flag", intro à la MAIDEN, est une histoire de pirates dans le même esprit en plus mid-tempo. Aucune concession. Sombre et entraînant. Les variations vocales sont excellentes. "Raven Wing", sur des guitares acoustiques et une voix grave et mélodique, nous rappellent à la NWOBHM. A une minute vingt, vos cervicales sont drivés par des mouvements de headbanging et cela ne s’arrêtera pas. Schaeffer est un maestro du riff efficace ! Ce titre breake sur les accords acoustiques de l’intro et repart crescendo avec un final porté par des chœurs dantesques. Un bijou de heavy metal !

"The Veil" est beaucoup plus metal moderne avec des variations de tempo, de riffs, de voix claires et plus hard. Le titre a une architecture progressive dans la musique et les lignes mélodiques. Le refrain est chanté comme une prière. "Seven Headed Whore" raconte l’histoire d’une prostituée de Babylone. Le morceau déboite avec son cocktail SLAYER/KREATOR/OVERKILL dans la musique, ses voix hyperheavy, doublées en mode grave/aigu. Une musique congruente au thème mystique, biblique du titre. "The Relic" est sous-titré part. 1, cela sous-entend probablement une suite dans le futur. C’est heavy metal comme il faut, à l’européenne, dans ses textes, ses riffs, ses mélodies. Les solos de guitare et les bridges, nous n’en avons pas parlé encore mais tout est délicieusement démoniaque et hyper bien construit dans cet album.
A 3'43, tout s’apaise avec cette ligne de basse et cette voix posée dans un climat appelant à la méditation transcendantale. Schaeffer et ses acolytes savent moduler les ambiances comme il faut. Ensuite, hommage aux indiens avec ce titre instrumental. Un must ! Les parties de Schaeffer et de Dreyer sont énormes tant en lead, qu’ensemble, la section rythmique est une arme de destruction massive. Les samplers vocaux de chefs indien appelant leurs troupes, le rappel tribal de certaines sections de batterie, sont magnifiquement placés. Un second bijou musical !
"Brothers" est une métaphore mid-tempo racontant l’union amicale de Schaeffer à son chanteur. "Defiance" est une composition classique du groupe.
ICED EARTH achève « Incorruptible » avec un titre épique approchant les 10 minutes. Intitulé "Clear The Way", il évoque l’histoire tragique et dramatique de la brigade irlandaise lors de la bataille de Fredericksburg. Schaeffer a toujours voulu écrire cette histoire et a finalement réalisé son désir artistique. C’est militaire, mélodique, marathonien. Ca riffe dans tous les sens, avec encore cette cavalcade de chevaux dopés. L’orchestration globale est exquise. Une véritable histoire mise dans du metal. La bataille est scénarisée entre la sixième et la septième minute. Puis ça repart à tout va ! Un troisième bijou musical.

ICED EARTH, en 32 ans de carrière, 12 albums à son compteur, ne fait aucune concession. Le heavy metal coule dans les veines de Schaeffer. « Incorruptible » résume parfaitement ce que son leader pense et fait. Un très très bon album de heavy metal qui mixe parfaitement ce qui s’est passé dans la carrière du groupe depuis ses débuts. Metal Horns, Jon !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK