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TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN • "Tyler Bryant & The Shakedown"

par Jérôme Sérignac
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Nov
14
2017

« Je suis jeune, il est vrai. Mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. ». Cet extrait du Cid de Corneille sied parfaitement au jeune Tyler Bryant. Flashback : le petit Tyler se voit offrir sa première guitare à l’âge de 6 ans et revend sa moto-cross à l’âge de 11 pour s’offrir sa première électrique. Il croise alors le chemin d’un certain Mr Twitty, âgé d’une soixantaine d’années qui lui fait découvrir le blues et lui apprend comment le jouer. Deux ans plus tard, il fait ses premiers pas sur scène en sa compagnie et à 15, il fonde Tyler Bryant & The Shakedown. Il ne découvre véritablement le rock qu’au lycée avec des groupes tels que THE BLACK CROWES, THE ROLLING STONES ou LYNYRD SKYNYRD. Il déménage ensuite à 17 ans à Nashville pour passer aux choses sérieuses.
Nous sommes en 2017 et depuis, Tyler Bryant & The Shakedown ont joué en compagnie des plus grands. Quelques noms : GUNS N’ ROSES, AC/DC, AEROSMITH, Jeff Beck, LYNYRD SKYNYRD ou Joe Bonamassa. Si cela ne suffisait pas, Tyler a eu également l’occasion d’enregistrer avec de grands producteurs, Kevin Shirley par exemple (IRON MAIDEN, BLACK COUNTRY COMMUNION...) ou Jed Leiber (Jeff Beck). Sans oublier de dire que l’ensemble de la presse spécialisée n’a jamais tari d’éloges sur un talent aussi grand et qu’elle se montre de plus en plus dithyrambique à son sujet, et à juste titre. Pour ceux qui n’avaient eu connaissance de ce parcours incroyable en dépit de son jeune âge (26 printemps "seulement"), il était essentiel de le faire.

Ce deuxième album éponyme de Tyler Bryant & The Shakedown était donc attendu et il est au-delà des espérances. 11 titres pour autant de morceaux incroyables. Tyler ne se met pas en avant inutilement et éclabousse de sa classe et son style des compositions que l’on pourrait rapprocher (sans vulgariser) d’un mix entre AEROSMITH (époque «Toys In The Attic» ou «Rocks») et les grands du blues, voire carrément du heavy lorsqu’il pousse les potards à 11.
La production est énorme et les arrangements élaborés, chaque écoute faisant ressortir des nuances et détails pas évidents à la première écoute. Le Texan d’origine est en plus bien secondé par les fidèles et solides Graham Whitford à la guitare (fils de Brad, l’un des deux guitaristes d’AEROSMITH), Noah Denney à la basse et Caleb Crosby à la batterie. Le quatuor explore des terrains différents suivant les titres, du direct ''Heartland'' en ouverture au lascif ''Jealous Me'' ou du hard rock ''Weak and Weepin’'' au blues dépouillé de ''Ramblin’ Bones'', dont le dobro nous emmène respirer l’air du Delta. La semi-ballade ''Manipulate Me'' colle des frissons alors que ''Magnetic Field'' joue aux montagnes russes en nous faisant vivre différentes émotions, une chanson qui explore plusieurs styles en moins de 4 minutes. Le pachydermique ''Aftershock'' pourrait être un morceau de BLACK COUNTRY COMMUNION avec un break bien speed sur un impeccable solo (inutile de préciser que tous sur cet album visent dans le mille).
L’album se referme après 39 minutes sur la magnifique ''Into The Black'' et son refrain poignant, toute en retenue sobre et en délicatesse, comme si les mots que l’on pourrait choisir pour consoler quelqu’un de la perte d’un être cher avaient été mis en chanson.

Jon Landau avait eu une phrase au début des années 70 pour qualifier Bruce Springsteen qui allait ensuite devenir "The Boss" et ce dernier, à près de 70 ans, peut désormais passer le flambeau à un futur très grand. Ce qui me permet donc aujourd’hui de faire mienne cette citation : «J’ai vu le futur du rock 'n’ roll et son nom est Tyler Bryant.».

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