26 février 2019, 23:54

KORPIKLAANI + TURISAS + TROLLFEST

@ Lille (Le Splendid)

La soirée s’annonçait joviale au Splendid de Lille avec une étape de la tournée "Wayfarers and Warrior"s regroupant les joyeux drilles de TROLLFEST, TURISAS et KORPIKLAANI.

Même si les festivités débutent dès 18h30 – 18h26, pour les amateurs de précision – un mardi, la salle, sans être comble, est déjà bien garnie pour accueillir la bande de Trollmanen.
Les gaillards arrivent sur scène à la suite du batteur, déguisés en princesses de contes de fées, travestis avec classe et bon goût, entre maquillage excessif, bas déchirés, sans oublier d’orner le tout d’accessoires clignotants, des chaussures de l’un au diadème de l’autre, en passant par certains instruments.

Ainsi accoutrés, ils reprennent l’imagerie de leur dernier album, le réussi « Norwegian Fairytales » qui sera mis à l’honneur lors des 45 minutes de concert, avec cinq des douze titres joués.
Le chanteur, lui, arbore une cape royale… et des ballons de baudruche sur la tête ! Le ton est donc donné : nous voici plongés dans un carnaval de Dunkerque à la sauce folk-metal norvégien épicées de sonorités d’Europe orientale.
Après un début poussif avec les deux chansons inaugurales du dernier disque, l’atmosphère se réchauffe sur "Toxic", la traditionnelle reprise de Britney Spears. Les sept musiciens, à l’exception de l’accordéoniste, prennent plaisir à courir sur scène, à se dandiner, à poser pour les photographes, à se lancer dans des chorégraphies absurdes.

L’ambiance est bon enfant, les morceaux accrocheurs, comme "Illsint", sur lequel le leader se met à trépigner et demande « some chaos ! Jump up et down ! ».
La paire "Kaptein Khaos"/"Professor Otto" fait encore monter la température d’un cran. Le bassiste rejoint la fosse pour lancer une longue farandole avant de se faire porter par les fans qui ne cessent d’aboyer sur l’ultime et incontournable "Helvetes Hunden Garm".



Avec TURISAS, l’ambiance change. Une intro grandiloquente, quasi religieuse, retentit… et les guerriers arrivent, tout en cuir, dans leur habituel maquillage rouge et noir. Si "As Torches Rise" frôle le ridicule, avec ses claviers omniprésents, l’arrivée, dès le deuxième morceau, de la violoniste Caitlin De Ville, remplaçante d’Olli Vanska, apporte un supplément d’âme au groupe ; une belle rejoint les bêtes féroces qui occupent la scène.
A grand renfort de coups de poing sur sa poitrine, Mathias Nygard harangue la foule. L’épique et cinématographique "A Portage To The Unkown" séduit. Les indispensables et très power metal "Battle Metal" – avec une moitié de la salle hurlant « battle ! », l’autre répondant « metal ! », logique, non ? - et "Stand Up And Fight" sont toujours aussi efficaces. Le souffle de la grande aventure, le vent dans les cheveux à la proue du drakkar, envahit le Splendid ("Hunting Pirates"). Après la reprise du tube de BONEY M "Rasputin", les musiciens reviennent pour un rappel en mode acoustique, alignés sur le devant de la scène. Ils parviennent à créer une atmosphère mystique, prenante, avec "The March Of The Varangian Guard" et "For Your Own Good", conclusion réussie d’une solide prestation.



Ambiance champêtre pour KORPIKLAANI ! La backdrop est à l’image apaisante de l’illustration de « Kulkija », le dernier album aux sonorités plus mélancoliques que ses prédécesseurs. Les Finlandais insistent d’ailleurs sur cette œuvre, avec pas moins de dix titres proposés… et maltraités. Malgré la qualité indéniable des chansons, la prestation de Jonne Järvelä les défigure ! Sans voix, semblant lire les paroles sur un prompteur, le visage la plupart du temps masqué par son chapeau et son micro, il erre sur scène.
Sur les chansons lentes, comme "Aallon Alla", cette attitude, si l’on veut se montrer généreux, passe ; il ressemble alors à un vieux crooner fatigué, à une sorte d’Arno en petite forme. Les titres les plus entraînants, tel le pourtant jouissif "A Man With a Plan" ou les rappels alcoolisés, "Beer, Beer" et "Vodka", sont poussifs, comme les deux titres heavy – "Wooden Pints" et "You Looked Into My Eyes" – tirés du premier effort du groupe, « Spirit of the forest ». Les musiciens, à l’image de l’un des violonistes, semblent s’ennuyer sur scène… et, malgré sa bonne volonté, le public finit par se lasser. Quel dommage qu’un groupe avec une telle qualité d’écriture donne bien trop souvent des concerts de piètre facture.
Cette soirée, qui s'annonçait joviale, se termine sur une déception.


Photos © Sébastien Feutry - Hard Force - Portfolios : TURISAS / KORPIKLAANI


Blogger : Christophe Grès
Au sujet de l'auteur
Christophe Grès
Christophe a plongé dans l’univers du hard rock et du metal à la fin de l’adolescence, au tout début des années 90, avec Guns N’ Roses, Iron Maiden – des heures passées à écouter "Live after Death", les yeux plongés dans la mythique illustration du disque ! – et Motörhead. Très vite, cette musique devient une passion de plus en plus envahissante… Une multitude de nouveaux groupes a envahi sa vie, d’Obituary à Dark Throne en passant par Loudblast, Immortal, Paradise Lost... Les Grands Anciens – Black Sabbath, Led Zep, Deep Purple… – sont devenus ses références, comme de sages grands-pères, quand de jeunes furieux sont devenus les rejetons turbulents de la famille. Adorant écrire, il a créé et mené le fanzine A Rebours durant quelques années. Collectionneur dans l’âme, il accumule les set-lists, les vinyles, les CDs, les flyers… au grand désarroi de sa compagne, rétive à l’art métallique.
Ses autres publications

1 commentaire

User : Laurent  Raynaud
Laurent Raynaud
le 01 mars 2019 à 17:08
C'est bizarre c'est le parfait résumé de la soirée du 27 à la cigale.
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