23 mars 2019, 12:24

MÖTLEY CRÜE

• "The Dirt"

Album : The Dirt

MÖTLEY CRÜE est une légende du hard rock, de la décadence, une métaphore humaine de la triade "Sex, Drugs and Rock'n'Roll". Ils ont tout traversé comme leurs idoles des années 1970. Une véritable histoire de vie personnelle et professionnelle bipolaire. Avec le film The Dirt, adapté du best-seller qui raconte leur histoire, sorti le 22 mars sur Netflix, Nikki Sixx, Tommy Lee, Mick Mars et Vince Neil ont produit un effet 'retour vers le futur' pour tous(tes) les fans du genre et du groupe. Tout le monde attendait la sortie du film comme dans les années 80 lorsque l’on attendait avec hâte la sortie d’un nouvel album du groupe en vinyle et que l’on se précipitait dans les magasins de disques ! Les réseaux sociaux en sont un excellent indicateur.

La bande originale du film est un merveilleux et classique best of piochant dans les périodes les plus fastes du groupe, à savoir de 1981 à 1989. Il y a les gros classiques des deux premiers albums "Too Fast For Love", "Shout At The Devil", et de leur album n°1 post-detox « Dr Feelgood », le hit planétaire "Home Sweet Home" de « Theater Of Pain » (il figure même dans la nouvelle saison de la série Stranger Things), et le titre "Girls, Girls, Girls" de l’album du même nom, qui habillent parfaitement le film. Nikki et ses acolytes nous offrent également trois titres inédits dans l’esprit de leurs débuts avec "The Dirt (Est. 1981)" (premier single et teaser offert par le CRÜE précocement et qui a ravi les fans), "Ride With The Devil" et "Crash And Burn" avec un rappel au mot "dirt" dans les paroles. Il y a aussi une reprise ambivalente de "Like A Virgin", de Madonna. L’effet "Zombie" de BAD WOLVES ou d’autres groupes comme WEEZER qui font des reprises de tubes interplanétaires n’a pas pris pour MÖTLEY CRÜE même si Sixx avait eu une révélation lors d’un épisode de méditation en promenant ses chiens dans les rues luxueuses de Los Angeles et que Bob Rock et Tommy Lee avaient plus que validé la démo du titre de la diva de la pop ! Ces quatre nouvelles chansons sont produites par Bob Rock, l’architecte sonore à succès, entre autres, du black album de METALLICA et de l’album n°1 de MÖTLEY CRÜE. « The Dirt » est numéro 1 sur Apple Music et squatte le haut de toutes les plateformes de streaming depuis sa sortie.

Que dire du film ? Il est excellent. Il commence par une scène décadente de fiesta du groupe dans leur appartement pourri, à la porte clouée, où tout se passait : des inconnus, David Lee Roth, des rockers chevelus, de l’alcool, de la cocaïne, du sexe, des femmes, une femme fontaine… Image arrêtée. Tout débute avec l’histoire, dans les années 60, de maltraitance psychique et physique du jeune ado, Frank Carlton Serafino Ferrana, à Seattle, qui deviendra Nikki Sixx. Tommy Lee, en spandex léopard de sa soeur, issu d’une famille modèle, va à sa rencontre, après un concert de LONDON, dans un Dinner (leur rencontre ne s’est pas tout à fait passée ainsi). Mick Mars, plus âgé, plus mature, plus ours, à la guitare, auditionne pour le groupe, dont le nom, qu'il propose initialement, était MOTLEY CREW. Vince Neil les rejoint après que les trois rockers l’aient rencontré dans une fête dans une grande maison (là encore, ce n’est pas tout à fait exact, mais on s’en fout). Tout commence. La suite, c’est concerts dans des petits clubs, look outrancier, bagarres, drogues, sexe, alcool, défonce, no limit, rendez-vous au Rainbow, contrat avec Elektra, ascension du groupe, longues tournées, décadence, sexe, drogues.
Il y a cette scène mémorable avec Ozzy au bord d'une piscine. Doc McGhee, le manager, est présent mais son acolyte Doug Thaler est rayé du biopic. L’addiction à l’héroïne de Nikki Sixx est parfaitement décrite, son overdose médiatique aussi ! Les délires toxiques de Tommy Lee sont parfaitement mis en scène. Le film montre l’envers du décor de la vie de ces rock-stars : les difficultés émotionnelles, la maladie rhumatologique de Mick Mars, le décès de Razzle (batteur d’HANOI ROCKS) lors d'un accident de voiture avec Vince Neil alcoolisé, le décès de la fille du chanteur, les mariages ratés, la spirale infernale de la maladie addictive… la detox collective du CRÜE avant « Dr Feelgood » est filmée, la séparation du groupe aussi. Il reste des flous chronologiques entre le départ de Vince Neil et la reformation à succès du groupe mais on passe un moment génial ! L’interprétation des quatre acteurs est excellente avec une mention spéciale au rappeur Machine Gun Kelly dans le rôle de Tommy Lee. La retranscription à l’identique de certains moments musicaux avec des détails précis jusque dans les costumes et les mêches de cheveux ne pouvait être réalisée que par un fan absolu du groupe, à savoir Jeff Tremaine. La fin est magnifique et donne envie de revoir le film… Gimme The Dirt !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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