28 octobre 2019, 19:20

Michael Monroe

• Interview

Michael Monroe revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé « One Man Gang ». Le rocker finlandais nous a accueillis pour sa journée promo au Hard Rock Café parisien dans une forme olympique.
Nouvel album, détails plus personnels, dessins, vidéos, Monroe arrive avec empathie à tisser un moment unique. Et c’est rock'n'roll !

 

Michael Monroe : Eh comment vas-tu ? J’adore Paris, tu sais ? C’est une ville magnifique. Je n’ai jamais joué à Paris, avec HANOÏ ROCKS les 5 années où nous étions ensemble dans les années 1980. Je ne sais pas pourquoi mais ce n’est pas grave. Je suis content de venir jouer le 29 octobre à la Maroquinerie à Paris avec mon groupe !

Comment décrirais-tu « One Man Gang » en 4 mots simples qui te viennent immédiatement à l’esprit ?
Brillant, fantastique, remarquable et rock

Comment avez-vous élaboré cet album ?
Nous avons pris notre temps. Nous n’avions plus de contrat avec Universal depuis 2017. Donc, aucune pression, aucune deadline. On a écrit des trucs. Nous sommes allés en studio au printemps 2018 avec 18 chansons, nous en avions plus mais nous les avons enregistrées. Puis, notre choix s’est porté sur 12 titres.

Tu as tout écrit ?
Non, non. Ce groupe a une énorme énergie créatrice et de grands talents avec un grand T. J’ai encouragé tout le monde à composer. Mes guitaristes Steve Conte et Rich Jones écrivent de la bonne musique et de superbes paroles aussi. On se connaît bien, ce sont de supers amis. Depuis 10 années maintenant ! Quand ils écrivent un titre, on dirait qu’ils sont dans ma tête, dans mon esprit. C’est dingue ! Ils me connaissent par cœur. S’ils écrivent un texte, on dirait que les mots sortent de ma bouche. Je peux chanter chaque mot. Cela me correspond tellement ! C’est totalement moi et totalement ma vie ! La direction musicale qu’a pris Rich était du MOTT THE HOOPLE, du CLASH, c’était top ! On est donc rentrés en studio au printemps, on a breaké pendant l’été pour des festivals. On est revenus en studio, moi, Steve et Rich pour les overdubs. On a pris le même producteur que sur le précédent album. Il a fait un travail remarquable. Le mix est super.

Vous avez fait découvrir ce nouvel album avec le titre « One Man Gang »? Pourquoi ce choix ?
Il rocke bien franchement. La maison de disques a proposé ce titre. Je voulais que le premier single soit "Last Train To Tokyo". Ils ont fait une lyrics video et elle est bien, vraiment. Nous avons approuvé ce choix. C’est une bonne description de mon style de vie, de pensée. Je privilégie le positif au négatif.

Le second single est ce dernier train pour Tokyo ! Tu apprécies le Japon ?
Oui. Le Japon a toujours été bien. Pour HANOÏ ROCKS en 1983-84, pour Michael Monroe. J’ai un certain succès là-bas. J’adore leur culture, la couleur des kimonos. Sami Yaffa, notre bassiste, adore aussi ! Les japonais ont une super culture, sont sincères et ont une véritable passion pour le rock n roll. C’est l’un des derniers pays dans le monde où tu trouves en abondance des CDs et des vinyles. Les gens les achètent. J’apprécie ça ! Cette chanson "Last Train To Tokyo" est apparue en décembre 2017. Elle sonnait d’enfer. C’était comme une sensation de jet lag dans ta tête !

Michael, j’ai choisi des titres de ton album. Peux-tu me donner seulement en 2 mots, ce qui les décrit le mieux ?
2 mots, pourquoi seulement 2 mots ?

J’ai envie de tester cette capacité de résumer les choses !
Quoi, tu m’analyses ?

Mais, non.
Je suis un mouton noir dans un corps blanc (rires). Ok, let’s go!

"Junk Planet" ?
Opportun, environnement 

"Wasted Years"
Années perdues. Non, trop facile. Je te dirais : sans regret 

"Hollywood Paranoïa" ?
Superficiel (il réfléchit) et Cocaine. Euh non, plutôt personnes superficielles ! Voilà 2 mots.

Il y a eu récemment le film 'The Dirt' sur MÖTLEY CRÜE et la mort de Razzle, le batteur d’HANOI ROCKS, est l'une des scènes du film. 
(Son visage s’assombrit). Je n’ai pas vu le film, lu leur livre et n’écoute pas leur musique. 

As-tu un souvenir fort à propos de Razzle à nous raconter ?
C’était un ami, un frère avec un grand sens de l’humour. Il a apporté un certain esprit dans le groupe. Notre premier batteur était un peu spécial. Il avait fait  la grossière erreur d’attaquer Andy Mc Coy en plein milieu d’un concert une fois. Andy gueulait après des roadies, je ne sais plus pourquoi. Ils se sont bagarrés, les flics sont intervenus. Ils ont pris des patates aussi ! Ils ont été embarqués avec les menottes. La première fois que j’ai vu Razzle, c’était dans une salle à Londres. Il m’a dit : « Hey mec, j’adore ton groupe. Je vais être ton batteur. Ou est ton batteur ? Je vais lui péter ses putains de jambes. Je cherche un groupe comme le tien, depuis 3 ans. Allez, ton batteur est nase! C’est moi qu’il te faut ».
Il était déterminé, il n’était pas super technique mais avait un super style et une super attitude ! Nous l’avons auditionné en secret avec Andy et Sami Yaffa en studio. Il est arrivé avec des plateform boots, du rouge à lèvres noir, il était cool ! Il jouait comme Keith Moon et Neil Smith du Alice Cooper Band dans les années 1970.
Franchement, il avait une bonne attitude et jouait bien. Il a évolué au fur et à mesure du temps. Sami et lui n’était pas techniquement parfaits, ils accéléraient le tempo parfois. Mais il y avait cette magie, cette chimie dans notre groupe comme dans ZZ TOP, ROLLING STONES, MOTÖRHEAD ou THE POLICE. Razzle était mon meilleur ami, Andy Mc Coy était dans un truc amour/haine plutôt, Razzle a redynamisé le groupe avec son arrivée. Il a apporté quelque chose. Nous sommes devenus une vraie famille unie. Je me souviens d’un concert en Ecosse où il y avait 2 types un peu lourds, un des 2 est monté sur scène me chercher. On s’est battus. Personne n’est venu m’aider. En 2 secondes, Razzle a sauté de sa batterie et est venu taper le mec (il mime toute la scène avec tous les personnages, un moment très drôle). Le type m’avait fait mal à la jambe. Razzle me dit : « Mike barre toi ! » Bang bang, les coups de poing volaient ! J’aimais aussi Razzle pour ça ! Après cette baston, nous sommes remontés sur scène et avons envoyé du bon gros rock comme des punks ! Razzle était mon frère.



© Silver Lining Music - DR


Comment as-tu vécu les choses à sa mort ?
Quand il est mort, le groupe a splitté, mon monde s’est effondré. C’était vraiment très dur. Je voulais aller le voir à la morgue. Je n’ai pas pu. C’est notre tour manager qui a identifié le corps. Moi, j’étais à l’hôtel, la cheville cassée. Ca m’a traumatisé et traumatisé notre tour manager. C’était ma première fois à Hollywood et je m’en souviendrai toujours. Je n’aime pas Hollywood, le côté superficiel et tout ça ! J’aime New York, j’y ai vécu 10 ans. A Los Angeles, un des bons souvenirs que je garde est d’avoir joué avec les GUNS N ROSES.

Michael, quel est ton fantasme le plus fou ? Ce n’est pas nécessairement sexuel ! 
Tu es fou ? Je vis mon fantasme le plus fou. Je fais ce que j’aime le plus. J’ai un super groupe que j’adore, j’ai sorti les meilleurs albums de ma carrière, les critiques ont l’air d’accord. Je bosse dur pour ça et je continuerai à le faire. Je ne sais faire que ça. Quand ma femme est décédée, j’ai eu de la chance de trouver un nouvel amour. Cela fait 17 ans que nous sommes ensemble. J’ai 2 chats, un super chez nous. On est bien. Je n’ai pas besoin de truc fou. Je vis en Finlande maintenant. Je ne suis pas comme ces rock-stars qui se cachent derrière rien. Je suis bien en Finlande. New York, c’était bien aussi pendant 10 ans. Regarde, je vais te montrer où je vivais (il sort son ordinateur et nous montre des photos). J’étais beaucoup avec Little Steven, le guitariste de Bruce Springsteen, à cette époque. Il me la présenté, un véritable gentleman !

Si tu étais une drogue, une substance psychoactive, ce serait quoi ?
Une drogue ? Celle de l’utopie (rires)

Quelle est la chose, l’expérience, la plus addictive positive dans ta vie ?
PMA : Positive Metal Attitude !

Tu fais quoi lorsque tu ne voyages pas à travers le monde lors des tournées ? 
Je compose, j’écris, je chante seul ou avec d’autres. Sinon, je végète. Je ne fais rien. Je passe du temps avec ma femme, mes chats. Je regarde la TV, des bons films. Juste, je me relaxe.

Tu as été coach dans l’émission The Voice en Finlande. Comment a été cette expérience ?
Vraiment intéressante ! Je crois que cette version de l’émission était différente de celle des autres pays. J’étais le côté rock n roll. J’ai mis du rock dans l’émission. J’avais des candidats excellents. Nous ne sommes pas arrivés en finale car nous n’avions pas de chansons à la Titanic ou à la Whitney Houston. Je leur ai dit de ne pas s’inquiéter, c’était quand même très bien pour eux toute cette exposition médiatique. Ils n’auraient pas un contrat d’une grande maison de disques mais ils auront tout le temps de faire une belle carrière avec leur talent vocal. Être vu par des millions de personnes à la TV mais aussi sur le net est meilleur que la meilleure des démos. Mes candidats ont pu chanter « Welcome To The Jungle » des GUNS N ROSES, « Rock n Roll » de LED ZEPPELIN ou « Rock n Roll Outlaw » de ROSE TATOO (il chante le refrain).

Et du MOTÖRHEAD ?
Oui, quand Lemmy est mort, nous avons fait un medley hommage avec « Ace Of Spades » notamment. Un grand moment ! J’ai aussi appris à mes candidats 4 chansons de CHEAP TRICK. Personne ne connaît bien ce groupe en Finlande. C’était cool comme expérience. 

Michael, tu peux diriger la Finlande pendant 24 heures. Que prévois-tu?
Moi, Président.. .Je vire tout le monde ! Juste pour le fun (rires). Je file de l’argent aux pauvres, je modifie la constitution. Je déclare la guerre à la Suède ... non, je plaisante bien sûr. Je fais payer les hommes politiques le même salaire moyen que toute la population. Tu vas voir, ils vont tous disparaître. Tu vois bien, avant une élection, ils te font plein de promesses. Une fois élus, ce sont des anti-promesses. Ils sont égoïstes et se gavent de fric. Si j’étais multi millionnaire, j’aiderai les gens en difficulté. Je travaillerai sur l’environnement et sur cette « Junk Planet » (il nous montre justement la prochaine vidéo de ce single).


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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