8 décembre 2019, 19:26

NIGHTWISH

• "Decades: Live In Buenos Aires" (Blu-ray)

Album : Decades: Live In Buenos Aires

A défaut de pouvoir enfin écouter le nouvel album, prévu pour 2020, NIGHTWISH nous offre « Decades: Live In Buenos Aires » à mettre sous le sapin. Oui, encore un album live, pourront signaler les détracteurs potentiels. Mais il est vrai que cet objet s’adresse aux fans, qui eux, se feront un plaisir d’enrichir leur collection. Enregistré le 30 septembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine, lors de la dernière tournée du groupe qui retraçait ses 20 ans de carrière, ce document propose pas moins de 21 chansons, dont certaines, très rares, qui ne seront certainement plus interprétées à l’avenir.

En format double CD ou Blu-ray filmé par 19 caméras, les deux heures et des brouettes de show passent comme une lettre à La Poste quand il n’y a pas de grève. En revisitant intelligemment ses anciens titres et en donnant enfin la possibilité à l’excellente Floor Jansen de les interpréter, NIGHTWISH prouve, une nouvelle fois, qu’il est et reste le maître absolu du metal symphonique depuis plus de deux décennies.
Le concert commence de manière surprenante, car très douce, avec une version à la flûte de "Swanheart" par le multi-instrumentiste Troy Donockley, qui nous replonge avec nostalgie au tout début de la carrière du groupe. Mais la véritable introduction du concert est "End Of All Hope" et son rythme saccadé. S'en suit une longue série de titres piochant allègrement dans toutes les périodes de NIGHTWISH, que ce soit celle de la première et inoubliable chanteuse, Tarja Turunen, ou celle, plus brève, d’Anette Olzon, sans oublier des morceaux issus du dernier album en date « Endless Forms Most Beautiful » avec l’incroyable Floor Jansen.

Une frontwoman exceptionnelle qui n’a rien à envier à ses consœurs, tant elle excelle à tous les niveaux. On ne peut qu’admirer sa prestation de bout en bout, aussi irréprochable sur les plus anciens titres (la sublime version revisitée de "Dead Boy’s Poem"), que sur les plus récents ("I Want My Tears Back",  formidablement jouissif). Une Floor Jansen rayonnante de bonheur, en parfaite communion avec le public et ses partenaires alliant la douceur ("Come Cover Me", "Deep Silent Complete") à la puissance ("Slaying The Dreamer", "The Kinslayer", "Devil And The Deep Dark Ocean"), utilisant autant sa voix de tête (superbe "Gethsemane") que sa voix de poitrine ("The Greatest Show On Earth", toujours aussi épique). Les musiciens sont tous sur la même longueur d’onde, les regards et sourires échangés se font complices.

Seules légères ombres au tableau, l’absence de pyrotechnie et des écrans immersifs qui servaient de plateforme au compositeur et claviériste Tuomas Holopainen, au batteur Kai Hahto et à Troy Donockley, auxquels nous avions eu droit à Paris, donnant l’impression au public d’être au milieu du décor. Un effet 3D formidable et mémorable. Le décor du concert de Buenos Aires se présente légèrement différemment, avec un écran géant en fond de scène qui diffuse les vidéos et ambiances nécessaires, et les trois musiciens sus-cités étant placés sur des estrades bien plus basses et conventionnelles. Quant au bassiste-chanteur, Marko Hietala, et au guitariste, Empuu Vuorinen, ils se trouvent de chaque côté de Floor Jansen, parcourant tous trois la scène de long en large. Le public argentin, constitué d’une majorité de die-hard fans est particulièrement déchaîné et participatif, ce qui rajoute encore à cette sensation de symbiose absolue entre le groupe et son audience.

Le choix de la set-list est plutôt bien équilibré, et les versions remaniées des anciens morceaux sont de toute beauté. Seul, "The Carpenter" semble surtout être posé là parce que c’est le tout premier titre de NIGHTWISH, qui dans sa version originale est chanté pour la seule et unique fois (et c’est tant mieux !) par Tuomas Holopainen, qui s’est révélé être par la suite un bien meilleur compositeur que chanteur. Même si Troy Donockley et Floor Jansen la chantent admirablement bien, on ne peut pas dire que ce soit une chanson inoubliable. Le concert s’achève sur un magistral "Ghost Love Score" sur lequel Floor excelle une nouvelle fois, donnant à ce chef d’œuvre une intensité hors du commun, décuplant sa puissance.

Certes, ce Blu-ray etv le double CD « Decades: Live In Buenos Aires » est un live de plus à rajouter à la déjà longue discographie du groupe, mais il laisse une sensation d’accomplissement, et surtout, il donne envie d’entamer un nouveau chapitre avec NIGHTWISH, comme un apéritif peut ouvrir l’appétit pour les agapes qui vont suivre. Gageons que 2020 sera une année fort appétissante pour le sextet finlandais. Le menu sera alléchant, à n’en point douter.

Blogger : Sly Escapist
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Sly Escapist
Sly Escapist est comme les chats : elle a neuf vies. Malgré le fait d’avoir été élevée dans un milieu très éloigné du monde artistique, elle a réussi à se forger sa propre culture, entre pop, metal et théâtre. Effectivement, ses études littéraires l’ont poussée à s’investir pendant 13 ans dans l’apprentissage du métier de comédienne, alors qu’en parallèle, elle développait ses connaissances musicales avec des groupes tels que METALLICA, ALICE IN CHAINS, SCORPIONS, SOUNDGARDEN, PEARL JAM, FAITH NO MORE, SUICIDAL TENDENCIES, GUNS N’ROSES, CRADLE OF FILTH, et plus récemment, NIGHTWISH, TREMONTI, STONE SOUR, TRIVIUM, KILLSWITCH ENGAGE, ALTER BRIDGE, PARKWAY DRIVE, LEPROUS, SOEN, et tant d’autres. Forcée d’abandonner son métier de comédienne pour des activités plus «rentables», elle devient tour à tour vendeuse, pâtissière, responsable d’accueil, vendeuse-livreuse puis assistante commerciale. Début 2016, elle a l’opportunité de rejoindre l’équipe de HARD FORCE, lui permettant enfin de relier ses deux passions : l’amour des notes et celui des mots. Insatiable curieuse, elle ne cesse d’élargir ses connaissances musicales, s’intéressant à toutes sortes de styles différents, du metalcore au metal moderne, en passant par le metal symphonique, le rock, le disco-rock, le thrash et le prog. Le seul maître-mot qui compte pour elle étant l’émotion, elle considère que la musique n’a pas de barrière.
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