6 janvier 2020, 19:37

FASTER PUSSYCAT + Steven Adler + ENUFF Z'NUFF + BULLETBOYS + L.A. GUNS

@ Los Angeles (Whisky A Go-Go)


Cette fin d’année sera Hair Metal, une appellation marketing chevelue de la fin des années 1980, pour ma famille et moi. Direction Los Angeles le 26 décembre pour une semaine. Réservation du dîner au fameux Rainbow Bar and Grill tous les soirs, puis direction le Whisky A Go-Go, le légendaire club où Alice Cooper, GUNS N’ ROSES, MÖTLEY CRÜE, RATT, QUIET RIOT, WARRANT et consorts ont fait leurs preuves. Cinq concerts, du 27 au 31 décembre, sont prévus en cette semaine “Happy Holidays” : FASTER PUSSYCAT, Steven Adler et son groupe, ENUFF Z'NUFF, BULLETBOYS et L.A. GUNS. Un marathon de plaisir pour les oreilles et les yeux ! Du jamais vu en France.

Le 26 décembre, une température proche de 20° C, direction le Rainbow, le fameux bar-restaurant-club où Lemmy de MOTÖRHEAD était résident lorsqu’il ne tournait pas. Ce soir, c’est soirée privée d’un célèbre animateur radio d’une émission de science-fiction où nous croisons Taylor Hawkins des FOO FIGHTERS et sa famille. Anthony, l’un des managers du restaurant, nous accueille et nous place non loin de la table MÖTLEY CRÜE (chaque table porte un nom de groupe célèbre au Rainbow en rapport à leur venue pour dîner à l’époque). Une super première soirée !

Le lendemain, petit tour à Amoeba Music, l’immense magasin de disques et de merchandising, puis à Guitar Center, un véritable musée de l’instrument rock, et enfin sur Hollywood Boulevard, où trônent au sol les étoiles de Slash, d’Ozzy, de JOURNEY, de MÖTLEY CRÜE, entre autres, avant notre dîner rituel à l’Arc-en-Ciel du Glam Metal. Nous croisons Steve O de Jackass, l’émission délurée sur MTV dans les années 2000. Direction le Whisky pour voir FASTER PUSSYCAT qui joue à 23 heures. Ce groupe de glam sleaze punk metal est dirigé par Taime Downe, ancien copropriétaire du fameux club Cathouse à la grosse période du Sunset Strip et seul membre originel de la formation. Le nom du groupe s’inspire du film électrique de Russ Meyer, Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !, où s’entremêlent sexe, grosses poitrines et violence. Leur premier album éponyme sort en 1987 et connaît un fort succès commercial, notamment grâce à deux vidéos des chansons “Bathroom Wall” et “Don't Change That Song”.

Deux années plus tard, le groupe enregistre l'album “Wake Me When It’s Over” qui sera disque d’or (500 000 ventes), grâce aux titres “House Of Pain” et “Poison Ivy”. En 1990, les PUSSYCAT publient une reprise de Carly Simon à la sauce sleaze, “You're So Vain”, pour la compilation du 40e anniversaire de leur maison de disques Elektra. Ce titre figurera sur leur EP “Belted, Buckled And Booted” paru en 1992. « Whipped » sera le troisième album studio en 1993. Le groupe finit par se séparer au retour de sa tournée. FASTER PUSSYCAT est de retour à son style musical de prédilection depuis 2008, après un passage par le metal indus de 2001 à 2005. Ce soir, au Whisky A Go-Go, l’ambiance est sleaze, les filles overlookées sont présentes en nombre (une caractéristique qui sera quotidienne), les lights sont très rouges et la scène enfumée.

Entouré de Xristian Simon (présent dans le groupe depuis 2001) et de Sam “Bam” Koltun (engagé récemment aux guitares), de Danny Nordhal “Slim Tender” (présent dans le groupe depuis 2001) à la basse et de Chad Stewart à la batterie (ce dernier a une bouteille de Jack Daniel's qu’il boit au goulot à côté de son kit), Taime Downe, vêtu de cuir de la tête au pied, déboule sur scène sur le riff métallique de “Where There’s A Whip There’s A Way”. Avec sa voix caractéristique et son groupe monté sur ressorts, ce show sera un best of des titres les plus connus des PUSSYCAT avec “Cathouse”, “Don't Change That Song”, “Bathroom Wall”, “Babylon”, issus de l’album éponyme ; le hit “House Of Pain” du second album ; “Jack The Bastard”» et la ballade “Friends” présent sur « Whipped », 3 reprises avec “You’re So Vain”, “Pretty Fucked Up” des SUPERSUCKERS et “Shut Up And Fuck” de Betty Blowtorch. Downe et ses acolytes ont également joué des titres moins populaires comme “Number 1 With A Bullet” et “The Power And The Glory Hole” figurant sur l’album portant ce titre, sorti en 2008. Une super ambiance, un concert in your face sleaze rock’n roll.

Samedi soir sur le Sunset, l’ambiance est encore plus sympa. Direction le Rainbow Bar pour un dîner avec mon ami, le chanteur Keith St John (MONTROSE, BURNING RAIN, KINGDOM COME). Le manager nous place à la table face à la cheminée, la légende veut que ce soit celle des “cocaine dealers” de la grande époque. Epique pour l’addictologue que je suis ! Keith évoque ses futurs projets avec KINGDOM COME, avec un concert fin janvier au Whisky, la croisière Monsters Of Rock en février, des festivals cet été et peut-être un nouvel album du groupe très zeppelinien.

Ce soir, Steven Adler, ex-batteur de GUNS N’ ROSES, et son groupe jouent à West Hollywood. Direction les backstages du Whisky, sans alcool, où nous croisons l’ensemble du groupe qui accompagne Adler (ce dernier arrivera à la dernière minute), Jeff Pilson (DOKKEN, FOREIGNER, BLACK SWAN) et son épouse, entre autres. Le club est plein à craquer, même l’ancienne porn star Ron Jeremy est présente ! Le public attend avec impatience le groupe. 

Ariel Kamin, chanteur du groupe argentin SON OF A GUN, tribute à GUNS N' ROSES, les guitaristes Michael Thomas et Alistair James et la bassiste dreadlockée Tanya O Callaghan accompagnent l'ancien batteur de GUNS. Kamin a remplacé Constantine Maroulis issu d’“American Idol” et de “Rock Of Ages” qui a été le chanteur d'ADLER'S APPETITE pendant une dizaine de dates en mai 2018. Adler avait déjà joué plusieurs classiques des GUNS, dont “You Could Be Mine” et “Welcome To The Jungle”, avec Ariel lors d’une jam avec SON OF GUN sur scène, en novembre 2016 à Buenos Aires, en Argentine. Jeff Pilson vient présenter le groupe sur scène ce soir. Kamin, en frontman à la Axl Rose, va envoyer grave et interprète les titres de « Appetite For Destruction » à la perfection.

Thomas joue le rôle de Slash et James, celui d’Izzy Stradlin. Adler est heureux d’être là et intervient entre chaque morceau, en remerciant le public, ses ami-e-s, présentant la set-list avec “Anything Goes”, “My Michelle”, “Nightrain”, “Rocket Queen”, des titres d’Adler, dont un nouveau joué avec Pilson à la basse, “Sweet Child O' Mine” avec un ami d’Adler à la basse. L’ambiance est chaude, folle. Le public connaît les chansons par cœur. Un retour vers le futur ! Nous aurons droit à un court solo de batterie et à un solo de guitare de Michael Thomas, hyper looké sleaze rock, chaîne et queue de raton laveur pendant de sa poche arrière. Kamin se déhanche comme Axl, chante, pousse sa voix à la perfection. Nous aurons également droit à ”Civil War” et “You Could Be Mine”, titres sur lesquels le batteur blond n’avait pas initialement joué sur les « Use Your Illusion » des GUNS. Le final de feu est “Welcome To The Jungle” et “Paradise City”. Adler est venu et a vaincu West Hollywood. 

Après une journée dingue au parc d’attractions des Universal Studios, sous un soleil agréable, nous voilà de retour pour un troisième concert au Whisky A Go-Go. Ce soir, ENUFF Z'NUFF est en tête d’affiche. DEATH VALLEY GYPSIES, le groupe jouant juste avant, est une belle découverte. Délivrant un proto-punk torride des années 1970 avec du hard rock, les GYPSIES nous replongent dans l’esprit des groupes britanniques des années 1960-70 tels que les ROLLING STONES et les YARDBIRDS, des paillettes glam-rock des NEW YORK DOLLS et des premiers albums d’AEROSMITH, ainsi que des légendes du Michigan MC5 et des STOOGES. Un super bon moment de 27 minutes, énergique, généreux et hyper rock.

ENUFF Z'NUFF est un groupe originaire de Chicago, formé en 1984, dont les membres historiques étaient Donnie Vie au chant et à la guitare, Chip Znuff à la basse, Derek Frigo à la guitare et Vik Foxx à la batterie. Ils placeront deux hits dans les charts, “Fly High Michelle” et “New Thing” aux couleurs power pop hard psychédélique. Inclus dans la vague glam metal, ENUFF Z'NUFF cartonne moyennement entre 1989 et 1993 avec les albums « Strength » et « Animals With Human Intelligence ». En 1993, Foxx quitte le groupe pour jouer sur le projet solo de Vince Neil de MÖTLEY CRÜE. Ricky Parent de WAR AND PEACE le remplace. Le groupe se constitue une solide fanbase, tourne intensivement et sort régulièrement des albums.

En 2002, Donnie Vie quitte le groupe pour une tournée solo. Le groupe continue à tourner à trois, malgré tout, avec le guitariste Johnny Monaco au chant. Frigo meurt d’une overdose à 37 ans, Parent d’un cancer. A partir de 2006, le groupe se reforme avec Vie. Il y aura de nombreux changements de musiciens et Vie quitte le groupe il y a trois ans. ENUFF Z'NUFF est aujourd’hui constitué de Chip (Gregory Rybarski dans le civil) à la basse aux cordes multicolores et au chant, de Tory Stoffregen à la lead guitar (2008–2014, 2016 à maintenant), d’Alex Kane à la guitare rythmique depuis 2019 et de Daniel B. Hill à la batterie. Le groupe a sorti en tout 14 albums au cours de sa carrière, dont récemment « Clowns Lounge », une collection de démos studio datant de 1988-89, et « Diamond Boy » avec Chip au chant.

Whisky moins rempli que la veille mais le public est bien présent et le fait savoir. Chip & Co attaquent avec l’énergique “The World Is A Gutter”. Kane saute partout, harangue la foule. Stoffregen est hyper concentré. D’autres extraits de l’album « Strength », comme “Heaven Or Hell” et “Baby Loves You”, sont interprétés. Le groupe fait la part belle à son dernier album avec troismorceaux, ce dernier évoque de vieux souvenirs du Whisky A Go-Go, la cocaïne, les filles belles à tomber. Il parle de sa superbe basse donnée par l’un des membres de CHEAP TRICK, de son ancienne femme partie et de sa toute nouvelle “gorgeous woman”. Très sympa, l’interaction ! Un solo de guitare est prévu. Stoffregen prend sa bouteille de vin rouge qu’il boit doucement au goulot, Chip se met derrière lui et va faire le solo de guitare et les riffs. Le guitariste utilisera sa bouteille comme bottleneck, accompagnant le jeu guitaristique du bassiste/chanteur. Un super moment scénique. Kane et Hill font le show aussi ! Le groupe termine le concert sur ses 2 hits majeurs, “Fly High Michelle” et “New Thing” qui ont squatté longtemps MTV et les charts à la fin des années 1980. Chip nous souhaite une bonne année et continuera en 2020 à fêter cette tournée 30e anniversaire d’ENUFF Z'NUFF.

Ce quatrième soir est dédié à la reformation du line-up original de BULLETBOYS, groupe de heavy rock américain formé en 1986. Composé du chanteur Marq Torien, du guitariste Mick Sweda, du batteur Jimmy D'Anda et du bassiste Lonnie Vencent, ils ont sorti deux albums multiplatines, l’éponyme en 1988 et « Freakshow » en 1991 qui ont cartonné. De nombreux singles étaient diffusés régulièrement à la radio et sur MTV à cette époque. A partir des années 1990, BULLETBOYS a eu du mal à se stabiliser, à l’exception de Torien. Steven Adler (GUNS N' ROSES, ADLER’S  APPETITE), Jason Hook (FIVE FINGER  DEATH PUNCH), DJ Ashba (SIXX:A.M, GUNS N' ROSES), Vik Foxx (Vince Neil, PRETTY BOYS FLOYD, ENUFF Z'NUFF), entre autres, ont participé au groupe. La formation originale avait joué ensemble une fois en décembre 2011 avant de se séparer.

En ce 30 décembre, les BB vont rejouer ensemble pour la première fois depuis huit ans. Le concert est quasi sold-out. Un street artist vient graffer le nom du groupe sur le backdrop constitué des visages des membres du groupe. Jesse Hughes des EAGLES OF DEATH METAL présente le groupe sur scène. D’Anda, en slip noir, va frapper ses fûts transparents comme un malade et faire le show, Torien et ses déhanchés sexy, Vencent (qui se déshabille au fur et à mesure du concert) et Sweda vont exciter la foule. Les BOYS ouvrent avec “Hang On St. Christopher”. La setlist va privilégier les deux premiers albums avec 8 titres de l’album éponyme  (“Owed To Joe”, “Hard As A Rock”, “F#9”, “Hell On My Heels”, “For The Love of Money”, “Shoot The Preacher Down”, ”Crank It Up”), “Good Girl» et “THC Groove » du second. “Fess”, le seul extrait de « Za-Za », sera joué. Grosse ambiance, le public est ravi, conquis. Ça danse, ça chante, ça headbangue. Torien est très communicatif, D’Anda aussi. Le groupe quitte la scène après avoir joué son hit “Smooth Up In Ya”, les lumières sont encore éteintes. Un rappel ? Finalement, non.

Final Heavy Music Marathon avec la Saint-Sylvestre ! A 15 heures (heure locale), nous appelons la famille et les amis en France pour leur souhaiter une bonne année. Dîner de réveillon au Rainbow décoré pour l’occasion – un rituel maintenant – avec Keith St John, Sherri sa petite amie, et d’autres ami-e-s à eux. Ambiance festive, super playlist très heavy rock, glam metal et sleaze à souhait. Repas italien et asiatique, quelques verres plus tard, direction le Whisky pour réveillonner avec L.A. GUNS, avec Tracii Guns à la guitare et Phil Lewis au chant. Ce groupe de heavy rock a été formé par le guitariste en 1983, leur premier album éponyme renfermant leurs chansons les plus connues (“No Mercy”, “Sex Action”, “One More Reason”, “Nothing to Lose”, “Bitch is Back”, “One Way Ticket”, “Electric Gypsy”) sortira en janvier 1988. Ce soir sera un peu le 32e anniversaire de ce disque qui s’est hissé à la 50e place des charts à l’époque.

En ce 31 décembre, le Whisky A Go-Go est plein à craquer. “Diary Of A Madman” retentit dans les enceintes, annonçant l’arrivée du groupe. Guns, qui devrait être papa prochainement, et son « frère d’une autre mère », Phil Lewis au chant, vont atomiser le club hollywoodien. Ils sont, pour ce faire, accompagnés du guitariste Ace Von Johnson, du bassiste Johnny Martin et du batteur Scot Coogan, un des meilleurs du circuit selon Lewis. Le mid-tempo “Over The Edge” ouvre les hostilités, puis voilà trois titres hard rock issus du premier album, “No Mercy”, “Sex Action”, “Electric Gypsy”. C’est le feu dans la salle, Lewis chauffe à bloc son public. Deux gogo danseuses s’agitent de part et d’autre de la scène. “The Devil You Know” où Lewis enfile son masque de diable, et “Gone Honey”, issu du dernier album du groupe, sont joués. “Some Lie 4 Love” et ”Kiss My Love Goodbye”, un titre plus interprété depuis longtemps, extrait de « Hollywood Vampires », retentissent ensuite dans la salle.

Nous aurons droit à du « Cocked And Loaded » aussi avec “I Wanna Be Your Man” et “Never Enough”. C’est heavy et headbangant. Lewis blague avec le public, raconte son arrivée dans L.A. GUNS après que le manager de Tracii l’a contacté en 1986. Il le remercie pour ça. Il nous remémore aussi les premiers concerts à domicile, notamment au Whisky. A 23h58, le groupe s’arrête jouer. Le décompte pour la nouvelle année est lancé. C’est une ambiance de dingues à West Hollywood. Lewis demande au public de s’embrasser, même si les gens ne se connaissent pas. Petit solo et riffs de Tracii. “The Ballad Of Jayne”, hit ultime, est joué. Martin, Coogan, Von Johnson sont à l’unisson. Les guitaristes balancent ensuite “One More Reason”, Lewis enfile son masque de conducteur de voiture de course pour “Speed”. Final avec “Rip And Tear”. Ovation totale ! Photo du groupe, lancer de médiators et de baguettes de batterie. Le groupe danse sur scène. Ce concert était, pour cette occasion, enregistré. Une sortie prochaine ?  

Une semaine de dingues ! Raise your horns ! Happy New Year !


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications

1 commentaire

User : CYGALL
CYGALL
le 11 mars 2020 à 11:49
Très beau reportage....du heavy metal, du hard rock, du big Rock. Il ne manque plus que la bande son. Merci d'avoir partager ses moments de Golden 80's.
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