Un peu plus de deux ans, jour pour jour, après la sortie de leur septième album fort justement intitulé « Nebula Septem », revoilà les Franciliens MONOLITHE avec un huitième méfait dans leur besace. Et « Okta Khora » ne déroge pas à la recette doom/death spatiale et unique que le sextet perpétue avec un savoir-faire reconnu depuis près de vingt ans.
D’abord sorti en novembre 2019 au format digital en réponse à une fuite de l’album sur le web trois mois avant sa sortie officielle, les versions double LP et CD de « Okta Khora » sont désormais disponibles. Et l’attente en valait la peine puisque, comme à son habitude, le groupe a sorti le grand jeu sur l’artwork. Signé Alexander Preuss, celui-ci illustre à merveille la sensation de tenir un bien bel objet entre les mimines : un bon point pour eux.
Côté son, la musique lourde, sombre et progressive est une fois de plus à l’ordre du jour et garantira son lot de frissons à l’amateur éclairé. On sent d’ailleurs que les MONOLITHE sont toujours plus à l’aise et cherchent à ouvrir le champ des possibles. Intégrant de nombreuses parties de voix claires qui se couplent à merveille aux growls teigneux, privilégiant de longues parties progressives en diable (qui a dit perchées ?), alternant somptueuses mélodies et plans plus monolithiques, MONOLITHE explose les frontières ténues d’un genre, le doom, qu’il continue de faire grandir au fil des années. Et cela se matérialise ici très simplement : les riffs tournoient et la mélancolie résonne en fil rouge sur chacun des huit morceaux. Qui donnent tour à tour dans l’alternance de parties calmes, introspectives, couplées à de belles cavalcades riffesques empreintes d’une profonde émotion. Plus que jamais, l’osmose entre chaque membre du groupe est vraiment palpable sur chacune des quarante-huit minutes que dure le disque. Cela renforce même le lien entre chacun de ces morceaux qui ont tous en commun des atmosphères prenantes qui contrastent étrangement avec une certaine sérénité qui se dégage de l'ensemble.
S'il fallait résumer « Okta Khora » par une image, ce serait celle d'une boule à facettes. Oui, une boule aux mille facettes qui délaisse la moiteur d'un club disco pour trouver refuge dans une crypte sombre et glacée. Quelque chose d'étrange et de froid, en apparence, qui révèle pourtant une chaleur indicible à son écoute.