
Le nouveau DEFTONES est dans la boîte, quatre ans après un « Gore » assez surprenant. C’est parti pour « Ohms », une des sorties majeures de la rentrée, voire de l’année. Ambiance de fin d’été crépusculaire, un synthé s’étire à la façon de Giorgio Moroder pour introduire le son de "Genesis". La frappe est accusatrice, les guitares incisives et aériennes. Il s’agit bien d’une mise en demeure. Une volonté de Chino Moreno et de ses sbires d’exister et de s’affirmer plus de 30 ans après leurs débuts fracassants. Il y a une force exceptionnelle dans cette aube de la création. "Genesis" est un morceau ultime.
Au début était le Verbe. Puissant telle la voix du Créateur. Nous participons à une "Ceremony" du Verbe, un rituel métallique qui rappelle autant les ballets PEARL JAMesque que les cris du metal des années 2.0. C’est foutrement accrocheur et hypnotique. Mais je vous rassure, DEFTONES fait encore dans le rentre-dedans. Ou dans le "Urantia"-dedans. Et lors de ces passages c’est à s’en retrouver "Headless". Le riff qui te dégouline telle une sueur au goût salé d’Apocalypse est fort à propos. Un chant qui nous interpelle, avec les cordes électrisées de Stephen Carpenter qui excitent nos sens. Il est toujours très fort le Chino pour nous toucher avec ses gammes si typiques. La magie d’un groupe unique qui déchire la morosité covid-iote. Un album qui respire tant d’influences, il y a vraiment un côté Nineties, presque SMASHING PUMPKINS, ça transpire tout sauf l'"Error".
Les titres sont autant d’exercices de sons techniques qui développent une atmosphère électrique et planante, dans une espèce de neo-stoner. Nos DEFTONES épellent les mathématiques et nous font entrer dans une méditation musicale. Des notes brutes sur une structure épurée, c’est prégnant. Le bien nommé "Pompeji", avec sa basse ronflante, ses nappes de synthé et ses soli, fait plus Flamant Rose que les bestiaux de l’album « Gore »... Aurions-nous atteint la face cachée de la Lune, sommes-nous les témoins d’un acte symbolique, DEFTONES collant une nouvelle brique dans le mur... du son ?
A chaque fois DEFTONES m’étonne, que ses orientations soient rapides ou langoureuses, il a l’art le magnifier la simplicité. Avec le retour du légendaire Terry Date à la production, chaque note est à sa place. Même les silences ont la leur. De la magie je vous dis...
L’album se clôt avec "Ohms", le premier single, et croyez-moi nous n’avons alors qu’un souhait, celui de prolonger l’intensité du moment. "Ohms" avec sa guitare aussi minimaliste qu’une blague tueuse, sa rythmique entêtante faisant écho à Chino le maître chanteur, est un titre définitif. Que rêver de mieux pour terminer ce voyage à travers les cercles du temps et du rock ?
J’ai parlé de titres définitifs. Je peux affirmer que nous écoutons un album terminal. Achat indispensable pour la rentrée.