27 septembre 2021, 19:09

DREAM THEATER

Interview John Petrucci

Qu'il est bon de reparler de tournées, de concerts, de musique live ! Pour de nombreux groupes, le retour à une vie normale passe forcément par la case "jouer sur scène" et c'est bien sûr le cas de DREAM THEATER qui revient en 2022 en France pour la plus grande joie de ses fans. Avec la sortie du nouvel album « A View From The Top Of The World » le 22 octobre chez InsideOut Music, le groupe n'a qu'une hâte : présenter les nouvelles chansons à son public. John Petrucci, guitariste virtuose a bien voulu nous accorder un peu de son temps, de sa gentillesse et de son humour pour nous parler des concerts à venir et des nouveaux titres, plus que prometteurs. Un entretien plein de bienveillance et de chaleur humaine.


Bonjour John ! Vous avez récemment dévoilé les dates de la tournée européenne de DREAM THEATER pour le printemps 2022... Ce n'est jamais évident de contenter tous vos fans mais les grandes capitales n'ont pas été oubliées. Est-ce que le groupe participe au choix du calendrier dans ce cas ?
Tu sais toutes ces dates ont été très incertaines pendant si longtemps que la simple idée que nous allons à nouveau embarquer pour une grande tournée est juste géniale ! Je pense que quand nos agents et promoteurs ont travaillé sur l'idée de mettre en place les concerts, ils ont dû vraiment réfléchir à l'état du monde à ce moment-là. Il est clair que tous les groupes vont vouloir repartir en tournée en même temps, c'est complètement fou. Tu sais, nous venons en France depuis notre première tournée en Europe et c'est drôle de voir que maintenant nous visitons d'autres parties du pays. Alors tout dépend des contraintes mais nous, en tant que groupe, essayons de nous joindre à la préparation de nos concerts autant que possible en disant par exemple où nous souhaiterions jouer. Mais en fin de compte, nous jouons tous les concerts que nous ont réservés les professionnels du milieu !

Vous devez avoir hâte de rejouer en live et retrouver vos fans après tout ce temps...
Oh que oui ! Quand nous reviendrons en Europe l'année prochaine, cela fera plus de deux ans que nous vous aurons quittés. Et en particulier pour un groupe comme nous qui tournons beaucoup depuis que nous existons, c'est très dur. C'était vraiment étrange de ne pas pouvoir tourner dans le monde entier. On est très excités à l'idée de revenir en Europe, j'espère que nos fans le sont aussi. Le monde a besoin de musique live. Je suis prêt !

Votre nouvel album « A View From The Top Of The World » sera donc sorti puisqu'il est attendu le 22 octobre, les fans peuvent-ils s'attendre à plus que 2 ou 3 chansons tirées de ce dernier disque ?
On jouera quelques titres de cet album, c'est sûr car on en a très envie, mais je ne sais pas encore combien. Quand tu pars en tournée pour promouvoir un nouvel album, c'est assez drôle car on est tellement enthousiaste à son propos qu'on a envie de jouer autant de titres que possible. Mais on a une si longue histoire, nos fans nous sont si fidèles depuis le départ et on a un si gros répertoire qu'il est difficile de tout jouer ! Donc il y aura un peu du nouvel album, un peu de vieux morceaux.
 


Vous allez bientôt pouvoir faire des concerts avec une set-list composée de 1 morceau par album... C'est une bonne idée non ? Pour vos 40 ans de carrière !
Oui en effet ! Mais si on jouait certaines chansons de chacun de nos albums, le concert durerait quelque chose comme 15 heures !! Un concert marathon, mais pourquoi pas !

En 2020 sur le "Distance Over Time Tour" vous aviez aussi célébré le 20e anniversaire de « Metropolis Pt. 2: Scenes From a Memory » en interprétant l'album dans son intégralité,. Est-ce que l'idée de renouveler cette expérience pour les 20 ans de « Six Degrees Of Inner Turbulence » à traversé votre esprit ?
Oui, on y a pensé. Quand tu es un groupe comme le nôtre, qui joue depuis 25 ou 30 ans, il arrive régulièrement que des albums fêtent leur anniversaire. On aime bien faire cet exercice mais en même temps, il est difficile de jouer chacun de nos albums en intégralité. On ne ferait plus que ça ! Donc sur cette tournée, on ne le fera pas. Mais on pourra le refaire à l'avenir, on ne sait pas. On ne veut juste pas rentrer dans un cercle vicieux de rejouer tous nos anciens albums et ne plus nous concentrer sur la nouvelle musique. Ce doit être un bon mélange des deux.

Comment DREAM THEATER se prépare pour une tournée aussi importante, traversant d’abord les Etats-Unis et l'Europe ensuite ? Est-ce que vous vous accordez quelques semaines de repos en famille avant de commencer quelques répétitions ?
Eh bien en fait, j'ai eu beaucoup plus de repos que celui auquel je suis habitué ! On est resté à la maison pendant toute la pandémie donc pendant deux ans ou plus. Cela prend du temps entre le moment de sortie de l'album et le moment où on est capable de le jouer en live ensemble. Cela nous prend quelques mois de préparer une tournée. Mais tout le monde a apprécié son temps à la maison et est prêt maintenant à partir en tournée. Ma chance, c'est que ma famille peut voyager avec moi donc c'est super ! Ils peuvent ainsi découvrir le monde, ce qui est génial pour eux aussi.

Vous avez le temps de visiter les différentes villes et différents lieux où vous jouer en concert ?
Oui, le temps dans une même ville est souvent restreint et quand on est en Europe par exemple, on change de pays presque tous les jours si on n'a pas deux dates au même endroit. Mais dès que tu te lèves le matin, si tu y arrives, tu peux partir explorer les environs. Le problème des tournées est que c'est très fatigant alors des fois tu préfères te reposer pendant les jours de pause et ne rien faire. Un truc rigolo c'est que notre chanteur, James (LaBrie) n'a jamais visité Rome alors que nous y sommes allés de nombreuses fois ! On vit des expériences que la plupart des gens ne vivront jamais. On va dans de nombreuses parties du monde mais il faut que tu sois réactif quand tu t'y trouves et prendre le temps de visiter les sites.

On ne va pas te demander quel est ton meilleur souvenir de tournée mais te souviens-tu d'un fait exceptionnel ou insolite que tu n'oublieras jamais et qui te fait sourire aujourd'hui ?
Oh la la ! Il y en a tant ! Disons que comme on parle un peu de la France, il y a eu un concert très mémorable que l'on a joué en extérieur dans des arènes romaines...

A Arles avec ANATHEMA et MYRATH en 2015 ?
Ah oui, c'est ça ! Ca me parle ! C'était si cool ! Je me souviens que l'hôtel n'était pas loin alors on a eu tout le temps de visiter cette jolie ville. J'aime les moments comme ça, les lieux uniques, comme en Sicile aussi avec les montagnes en arrière-plan. Même aux Etats-Unis, on a eu beaux décors pour nos concerts, c'est ce qui me marque le plus. En plus, c'est une expérience non seulement pour nous musiciens, mais aussi pour le public. C'est vraiment cool !

Et quelle est ta relation avec le public français et les gens que tu as pu rencontrer ici ?
On vient en France depuis longtemps, depuis notre première tournée hors des USA donc nous avons des amis français depuis très longtemps que l'on continue à voir. Même lors des autres tournées que j'ai pu faire avec Joe Satriani et le G3, on a fait plein de shows en France et j'ai visité de nombreux endroits. On adore ce pays et le public français est un des meilleurs du monde ! Les concerts sont magiques. On a vraiment l'impression que les gens sont contents d'être là. Et l'histoire du pays est juste ahurissante, surtout pour nous qui venons des Etats-Unis. L'architecture, la campagne est juste impressionnante pour nous. On a vraiment hâte de revenir vous voir !
 


Tu te souviens de la première fois où tu es monté sur scène ? Ton premier concert ?
Je me souviens que j'étais un adolescent qui jouait juste un peu de guitare. Mon premier concert dans les sous-sols d'une église était juste indescriptible. Tu rentres dans un autre monde. Tu te rends compte à ce moment-là que tu es plutôt bon et que tu pourrais en faire quelque chose dans ta vie. Mais cela demande aussi beaucoup de travail et monter sur scène est vraiment une belle école. Plus tu t'y emploies, plus tu deviens professionnel. L'expérience fait une réelle différence. Je n'ai par contre jamais imaginé que ma carrière puisse être aussi importante. C'est juste au-delà de toutes mes espérances. Mais je suis encore constamment en train d'apprendre. Rien n'est jamais acquis.

Parlons un peu de ce nouvel album que vous allez présenter au public... Pour « Distance Over Time » vous vous êtes enfermés, isolés pour ne penser qu'au travail en studio. Comment avez-vous abordé l'enregistrement de « A View From The Top Of The World » ?
Cet album est le premier que nous avons enregistré dans notre propre studio. On l'a construit à notre quartier général alors on l'a appelé DTHQ. Il nous permet de tout avoir sur place : le studio, les loges, du rangement, un local de répétition... J'y ai enregistré mon album solo en 2020 et il s'est avéré qu'il sonnait très bien. Ensuite, on y a travaillé avec LIQUID TENSION EXPERIMENT. Alors quand on a commencé à composer l'année dernière avec DREAM THEATER, on a voulu tenter l'expérience de tracer notre propre route. C'était génial et je trouve que l'album sonne très bien. On prouve qu'on peut sortir du bon son et en plus c'est très confortable pour nous, car c'est comme être à la maison. Bien sûr, on n'a pas le même environnement que pour « Distance Over Time » car on était alors dans une maison au cœur des montagnes. Là on est plus dans une espèce de zone industrielle. Donc il a fallu trouver l'ambiance dans le studio et pas en extérieur. Mais cela n'a pas d'importance à nos yeux. On s'est vraiment amusé en studio et le résultat est cool !
 


Avec l'album « Black Clouds & Silver Linings », « Octavarium » et l'album éponyme de 2013, le nouveau disque est le 4e qui se termine avec une piste de 20 minutes ou plus. Quelle peut-être la difficulté d'interpréter ce genre de chansons sur scène ?
Eh bien cela fait tellement longtemps que nous jouons ce type de chansons que je ne vois plus la différene entre jouer une chanson de 20 minutes ou trois chansons de 6 ou 7 minutes. C'est toujours jouer de la musique donc le défi est le même. Et puis avec de longs morceaux comme ça, cela nous permet vraiment d'exprimer de nombreuses émotions, avec des visuels, des lumières... Ca me rappelle quand j'étais fan de RUSH ou YES ou PINK FLOYD avec leurs chansons infinies. C'est tellement magnifique !

Nous avons hâte d'écouter l'intégralité du nouvel album. Vous avez partagé le titre "The Alien" qui parle de ''nous'', humain à la recherche d'une nouvelle planète... Nous deviendrions donc des ''extra-terrestres'', des ''aliens'' c'est bien ça ?
Oui, c'est ça. James Labrie a écrit les paroles de cette chanson et il a été très inspiré par Elon Musk. Il voulait parler de coloniser une autre planète et à partir du moment où nous ferions ça, nous quitterions la Terre et deviendrions des extra-terrestres. Au début, il voulait appeler la chanson "I, Alien" mais je trouvais que c'était un peu déroutant. "The Alien" me paraît plus pertinent. C'est un titre très intéressant car tout le monde a parlé d'extra-terrestres dans sa vie.

Merci John, 2022 arrivera très vite, nous croisons les doigts pour que la situation actuelle s'arrange très vite afin que le public puisse vous retrouver...
Je suis vraiment très content de pouvoir reparler de tournée internationale ! Je veux juste vous dire ô combien je vous aime, vous me manquez terriblement. On a très hâte de revenir vous voir en France. Prenez soin de vous en attendant et à très bientôt !


La billetterie est disponible en suivant ce lien : www.gdp.fr-DreamTheater et sur celui-ci pour Bordeaux et Toulouse : www.box.fr

A noter pour nos lecteurs francophones d'outre-altlantique : DREAM THEATER a pris la difficile décision de reporter les dates de sa tournée nord-américaine d'octobre-décembre 2021 au début de 2022.
 


Blogger : Aude Paquot
Au sujet de l'auteur
Aude Paquot
Aude Paquot est une fervente adepte du metal depuis le début des années 90, lorsqu'elle était encore... très jeune. Tout a commencé avec BON JOVI, SKID ROW, PEARL JAM ou encore DEF LEPPARD, groupes largement plébiscités par ses amis de l'époque. La découverte s'est rapidement faite passion et ses goûts se sont diversifiés grâce à la presse écrite et déjà HARD FORCE, magazine auquel elle s'abonne afin de ne manquer aucune nouvelle fraîche. SLAYER, METALLICA, GUNS 'N' ROSES, SEPULTURA deviendront alors sa bande son quotidienne, à demeure dans le walkman et imprimés sur le sac d'école. Les concerts s'enchaînent puis les festivals, ses goûts évoluent et c'est sur le metal plus extrême, que se porte son dévolu vers les années 2000 pendant lesquelles elle décide de publier son propre fanzine devenu ensuite The Summoning Webzine. Intégrée à l'équipe d'HARD FORCE en 2017, elle continue donc de soutenir avec plaisir, force et fierté la scène metal en tout genre.
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